Fuck me again (3)

La porte du jardin grince sur ses gonds et ses talons claquent sur le macadam. Elle marche au milieu de la rue, ses jambes et ses fesses nues sous sa petite robe violine. Des enfants jouent sur le trottoir. Ce sont les vacances de Pâques pour la zone C. Elle les salue de la main et tourne sur sa droite. Un tapis de pétales roses crisse alors sous ses pas énergiques. Je ferais une sacrée mariée sans culotte ! Sa pensée la fait rire. Une véritable salope !
Scribe est pressée de le rejoindre. « Tu aimes cela, me mettre en manque, n’est-ce pas ? Oui, je suis certaine que tu aimes ça. », lui avait-elle dit un peu plus tôt. Il avait eu ce petit rire satisfait avant de lui répondre : « Bien sûr… Et ce n’est que le début. Ton manque va grandir et tu reviendras affamée. J’adore. »

20 minutes de RER. Presque autant de marche à pied.
Elle connaissait maintenant le trajet par cœur. La dernière fois qu’ils étaient sortis ensemble, Bô avait glissé une télécommande dans la poche de sa veste. Elle avait introduit un sextoy dans son vagin.
Pendant des heures, ils avaient joué au milieu des autres qui ne se doutaient de rien. Tout le long du chemin qui les avait menés aux Trois Baudets, il avait testé les différentes vitesses et l’avait questionnée sur ses sensations. « En fait, je sens mieux les changements quand je suis assise. » « Tu vas t’y habituer. Ensuite, tu les reconnaitras. » La belle avait éclaté de rire, gourmande.
Pendant toutes ces heures où il papotait avec les uns ou les autres, Scribe l’avait observé. Lorsqu’il souriait de telle façon, l’engin se mettait à vibrer dedans son ventre. Au sourire plus large, il le stoppait ou bien, au contraire, il accélérait la cadence. Elle cherchait alors son regard et découvrait ses yeux brillants et ce léger recul de la tête qu’ont les gens satisfaits de leurs gestes. Il riait aussi devant ses yeux à elle qui lui intimait parfois de cesser. « Je suis trempée » lui avait-elle susurré à l’oreille en passant tout contre lui comme si de rien n’était. A haute et intelligible voix, elle lui avait ensuite quémandé du feu. «  J’aime quand tu dégoulines » lui avait-il répondu sans chuchoter tout en allumant leurs cigarettes.

Rue de Turenne, le platane étale ses feuilles au-dessus des deux SDF assis au sol, à côté de leurs chiens. Encore quelques rues et elle sera devant la grande porte de son immeuble, refaite à neuf. Me rappelle même plus depuis quand je tape le code sans réfléchir… Scribe grimpe les marches sans se presser. Elle sourit en l’imaginant ouvrir la porte sur sa tenue. Va-t-il apprécier ? Le haut de ses cuisses est mouillé. Non, elle ne monte pas plus vite le rejoindre. Faire durer encore cette attente qui sourd dans son ventre et fait palpiter son anus. Même sa bouche réclame son sexe.
Avril est brûlant.
Bô lui ouvre grand la porte en restant caché. Elle entre et dépose son sac sur le siège bas de l’entrée. Il est déjà derrière elle, les mains sur ses hanches, sur ses reins, sur ses fesses. Scribe se retourne et lui sourit avant de baiser ses lèvres et de toucher ses cheveux.
- Je sors tout juste de la douche.
- Je sens cela, tes cheveux sont mouillés.
- Toi aussi tu es mouillée. Trempée même.
- Ah oui ?
- Oui… J’aime ta robe, juste moulée comme il faut sur ton corps et ce tissu, si doux.
La jeune femme se colle tout contre lui qui la retrousse jusqu’à la taille.
- Tu m’as manqué.
- Toi aussi.
Ils s’embrassent du bout de la langue puis rapidement à pleine bouche. Ses doigts à lui se perdent dans sa moiteur, ses doigts à elle s’égarent entre les pans du peignoir. Elle gémit. Il ronronne. Leurs soupirs augmentent lorsqu’il glisse son sexe entre ses cuisses. Elle relève une jambe qu’il maintient d’une main, l’autre est cramponnée à sa hanche. Han ! Scribe lui mord la lèvre et lui griffe les fesses. Ils finiront elle à quatre pattes sur la moquette, lui accroupit derrière ses reins.

- Tu veux du Champagne ?
- Oui…
Allongés sur son lit, ils fument. Elle est accoudée, son verre dans une main, l’autre caressant la peau nue de son amant. Il attend de tout son long, une cigarette entre ses doigts. Scribe se penche par-dessus lui pour poser son verre vide. Déjà il gémit. Sa peau douce l’attire irrésistiblement. Elle aime le caresser pendant de longues minutes. Se réapproprier ce corps dont elle connaît presque tous les secrets. Ses tétons dont elle agace la pointe du bout des doigts, de la pointe des dents. Son ventre plat. Les poils longs de son pubis. Ses cuisses. A ce moment, il les écarte souvent largement, laissant l’accès libre à ses mains et à sa bouche. Lorsque sa langue lèche ses couilles, Bô laisse échapper des râles de plaisir. Scribe adore. Délaissant les testicules brillants de salive, elle poursuit ses caresses jusqu’à prendre son gland dans sa bouche, serrant la hampe comme il aime.
- Toi, tu sais comment me prendre.
Scribe se redresse et le chevauche.
- Ah oui ? lui demande-t-elle, malicieuse, en se penchant pour l’embrasser.
- Oui.
Elle l’enfonce profond dans son vagin après s’être masturbée sur sa queue qui s’agitait, impatiente.
- Envie de te baiser toute la nuit.
- Ne te prive surtout pas.
- Je n’en ai pas l’intention.
Ils rient. Elle va et vient sur lui, roule des hanches. Il accompagne ses mouvements, provoquant ses cris qui augmentent de volume. Et puis Scribe caresse ses testicules, masse son périnée et glisse jusqu’à son anus. Bô râle un peu plus fort. Quand son doigt pénètre en lui et que son vagin enserre sa queue, il crie de plaisir. Leur excitation est à son comble. C’est la première fois qu’elle ose. « Il faut que tu saches : je suis très douée. Le jour où j’oserai, je vais te rendre fou. »

- Ça va ?
- Oui… Un jour, tu me suceras en enfonçant ton doigt dans mon œillet.
- Et ?
- Tu avaleras mon sperme.
- Jusqu’à la dernière goutte.
- Jusqu’à plus soif.
- Inextinguible… Tu vas me manquer.
- Tu vas me haïr tous les jours et tu reviendras affamée. J’aime.
- Pas de promesse.
- Pas de promesse.
- Pluralité ?
- Pluralité.
- Pas de jalousie.
- Je n’aime pas la jalousie. Je trouve que c’est un manque de confiance.
- Même longueur d’ondes… Tu pourrais être jaloux ?
- Si c’est le cas, tu n’en sauras rien… Domination
- Même pas peur.

 

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Cali Rise

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