NON STOP. Le thriller de Frédéric Mars. EPOUSTOUFLANT !

Frédéric Mars a déjà publié plus d’une quarantaine de livres dans divers genres, dont six romans.
Certains ont été traduits dans plusieurs langues.
Le livre du mal (Le sang du Christ) paraîtra le 19 octobre chez J’ai Lu dans sa version poche.

Extrait de NON STOP : 

– I –

DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2012

8 H 15 – NEW YORK CITY – MANHATTAN – QUARTIER DE UNION SQUARE

« L’essentiel, c’est de se tenir à bonne distance. »
En toutes choses. Juste la bonne distance. C’est que se répétait tous les matins John Artwood, en quittant son appartement de la 16e Rue Est.
Parfois cela supposait que l’on s’approche a priori plus qu’il ne semblait nécessaire de sa cible. D’autres fois, au contraire, il fallait prendre plus de recul que ce qu’on évaluait en première attention. Il n’y avait pas qu’une seule manière d’observer les objets pour révéler leurs secrets, John le savait bien. En fait, il y en avait autant que d’objectifs et que de circonstances dans lesquels on les abordait. Et pourtant, quand on avait trouvé enfin le point d’observation juste, tout devenait aussi transparent que le cristal. Il était bien placé pour le savoir, lui qui commercialisait des verres sécurisés pour les vitrines des magasins, les musées, et même le siège de certaines administrations. Oui, vraiment, il n’était pas une seule surface sur terre, vitrée ou non, qui ne puisse être percée à la fin par le regard de l’homme.
– Sauf ces maudites enveloppes kraft, évidemment! pesta John en récupérant son courrier de la veille dans le hall.
Au milieu des factures dans leur écrin de papier immaculé, un pli marron demi-A4, parfaitement opaque, jaillit de la boîte écaillée. Dessus, son nom et son adresse dactylographiés. Les caractères mités d’une vieille machine à écrire.

John Artwood
10, 16th Street East
New York, NY 10003

Aucune mention de l’expéditeur au dos. Le cachet stipulait juste que cela avait été posté la veille, à Manhattan.
Bien orientées dans la lumière, à quarante-cinq degrés, à trente-cinq centimètres environ de nos yeux, les enveloppes blanches laissaient toujours deviner leur contenu. Ne serait-ce que partiellement. Pas les kraft. Les enveloppes kraft étaient un défi à tout ce en quoi John croyait. A titre personnel, il n’en utilisait jamais. Il les détestait.
Passé la porte, John suivait tous les jours le même rituel, dimanche compris. De la première à la dernière marche du perron de son immeuble à l’emplacement où il avait ses habitudes sur le qui du métro, il y avait très précisément six cent deux pas. Il avait refait le calcul à de nombreuses reprises, l’année de son installation. Et il était à chaque fois tombé sur le même résultat : six cent deux pas. C’était cela, la bonne distance qui séparait son chez-lui encore endormi de l’immersion brusque dans sa journée de travail, quand les portes du métro s’ouvraient sur la cohue de 8 h 30.
Au cent cinquante-sixième pas, il s’arrêtait systématiquement devant le distributeur de journaux à l’angle de la 16e et de Union Square, où il achetait l’édition du jour du New York Times.
Plus loin, un groupe de juifs loubavitch dansait une sorte de farandole joyeuse devant la statue du Mahatma Gandhi, représenté en marcheur infatigable pour la paix. Les étals d’un marché bio, entrecoupés çà et là par les toiles de peinturlureurs du dimanche, se dressaient sur tout ce versant ouest de la place.
Ce matin-là, il fit tomber son courrier sur le sol détrempé au pied de la boîte en plastique vert et maugréa son agacement jusqu’au deux cent douzième pas. là, il s’aperçut que l’humidité avait rendu à demi-transparent le « côté beurre » de l’enveloppe kraft et remercia l’ondée de la nuit passée. Le papier marron collait au document à l’intérieur. Pour ce qu’il en voyait, pas de logo de société, pas de tampon officiel ou de mention d’un quelconque organisme. Une correspondance privée. Une simple lettre… comme plus personne n’en envoie sur cette planète. En tout cas, pas à un divorcé chauve et ventripotent de cinquante-trois ans tel que John Artwood.
C’est quoi ces conneries ?
[…]

Résumé :

Un homme reçoit une enveloppe anonyme et se met à marcher en direction du métro. A peine s’est-il arrêté sur le quai de la station qu’il explose, semant la mort autour de lui.
Très vite, des explosions de ce genre se multiplient à travers tous les Etats-Unis.
La cavale des « Death Walkers » ne fait que commencer.

Avis :

L’idée de NON STOP, Frédéric Mars l’a eue le soir du 4 novembre 2008, à New York, en contemplant le site en chantier de Ground Zero. Si George Bush père avait connu la première guerre du Golfe, Bill Clinton la radicalisation du conflit israélo-palestinien et George W. Bush le drame du 11-Septembre, à quel cataclysme Barack Obama, ce nouveau président synonyme d’espoir, pourrait-il être confronté ? La lecture d’un court article dans la presse britannique quelques semaines plus tard aidait l’écrivain à créer ce roman de génie.

NON STOP est un thriller ultra-réaliste qui amène le lecteur à tenter de décrypter toutes les hypothèses que Frédéric Mars distille au fur et à mesure des pages.
Qui peut vouloir précipiter les Etats-Unis dans une nouvelle guerre et qui plus est, une guerre sans visage ? Pourquoi ? Sa perte d’influence au Moyen-Orient n’est-elle pas déjà consommée ? Alors qui ? Les théoriciens du complot ? Les espions israéliens ? Les fanatiques du Hezbollah ? Les gardiens de la révolution iranienne ? Pourquoi avoir choisi ces personnes ? Qui les a transformées ? Va-t-on pouvoir les arrêter ?

NON STOP. Lisez-le et vous serez piégé jusqu’au point final !
Si quelqu’un trouve d’autres mots que « virtuose du suspense » pour qualifier Frédéric Mars, je suis preneuse !

NON STOP, Frédéric Mars, Hachette Livre 18 €

 

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