VERTIGE de Franck Thilliez : GRANDIOSE !

Après GATACA paru en 2011 chez Fleuve Noir et avant la suite des aventures de Franck Sharko et Lucie Hennebelle qui sortiront à l’automne 2012, voici VERTIGE, son dixième roman.

Extrait :

« La folie ne sonnerait pas si creux. Retenez bien ce bruit de métal. Aussi longtemps qu’il résonnera dans votre tête, il prouvera que vous n’êtes pas fou. »
Extrait du roman Darkness.

L’obscurité est partout.
Depuis dix minutes, j’essaie à tout prix de bouger mais j’en suis incapable. D’ordinaire, chez nous, depuis la fenêtre de notre chambre, j’entends toujours le feulement des voitures. Mais ici, rien. Pas un bruit de moteur, pas une voix. Non, juste un long sifflement. Le vent… Le vent gémit, quelque part.
Où suis-je ?
Je dois essayer de réorganiser les évènements, faire jouer ma mémoire. Hier soir, je me trouvais à l’hôpital, auprès de Françoise. Je me souviens, cette chaleur dans sa chambre, je me sentais mal. Puis… puis j’ai mangé là-bas, une mélasse infecte, suis encore resté aux côtés de ma femme, jusqu’à la fin des visites. Quand je suis sorti, j’étais nauséeux. Retour à la maison, sur les hauteurs d’Annecy. Il était tard. J’ai arraché la feuille de l’éphéméride, sur la table de nuit, avant de m’endormir seul dans notre grand lit, bien au chaud.
On était le 25 février 2010. En plein hiver.
Et je me réveille couché sur quelque chose de dur, paralysé et frigorifié ?
Mon pouce droit vient de remuer. Une flexion, suivie d’une extension. Les orteils à présent. Il semblerait que mes tendons se contractent, un à un, que mes muscles frémissent. Mes paupières papillonnent enfin. Tellement heureux, je répète ce mouvement à n’en plus finir. Ouvrir, fermer, ouvrir, fermer. Je me sens revivre. Dans une minute ou deux, je décollerai mes soixante-dix kilos du sol et comprendrai enfin ce qui m’arrive.
Mais, soudain, un nouveau bruit me tétanise. Ce cliquetis que je viens de percevoir, accompagnant l’agitation de mon poignet.
A l’aveuglette, je me redresse, traversé de vertiges, et palpe.
Un cerceau rugueux me broie le poignet droit.
Si stupide et irréel que cela puisse paraître, je crois que je suis entravé.

Résumé :

Un homme se réveille au fond d’un gouffre, le poignet enchaîné. A ses côtés, deux autres hommes et son chien. Le plus jeune d’entre eux est tenu par une chaîne maintenue à sa cheville. Le troisième homme est libre d’aller et venir mais sa tête est recouverte d’un masque de fer.
Pourquoi se retrouvent-ils tous les trois sous ce glacier ? Qui les a amenés là ? Comment vont-ils survivre dans ce milieu hostile ?

Avis :

VERTIGE.
Cela fait plusieurs semaines maintenant que j’ai terminé de lire ce roman de Thilliez. Il m’aura fallu beaucoup de temps pour me débarrasser de l’angoisse qui depuis me collait à la peau.
Quelle angoisse me demanderez-vous ?
Trouver la réponse à cette question qui tourbillonnait dans ma tête : de quoi serais-je capable pour survivre si je me retrouvais confrontée à une situation extrême ?
Surtout si je détenais des secrets inavouables.
L’horreur. Totale.
L’horreur puisque sans conteste je me conduirais forcément comme un monstre. Enfin, peut-être. 
Mais comment pourrais-je savoir avec certitude quelle serait ma conduite, en fait ?
L’horreur donc : Thilliez avait réussi à me faire douter de moi. 

Franck Thilliez n’a pas son pareil pour sonder et fouiller en profondeur l’âme humaine.
VERTIGE est un huis clos totalement flippant. 
Non seulement cet écrivain est capable de faire ressentir le vertige sous terre à un lecteur qui restera assis chez lui, mais aussi il le manipule jusqu’à la dernière ligne.
Pire.
Franck Thilliez réussit à maintenir le suspense bien au-delà du point final.
GRANDIOSE !

VERTIGE, Franck Thilliez, éditions Fleuve Noir 336 pages 20, 90 €

 

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