EXCLUSIF : INTERVIEW DEFORMEE (INTEGRALE) DERRIERE LE RIDEAU ROUGE DU CONFESSIONNAL DE SANG POUR SANG POLAR TOUR DU PIN 9 ET 10 JUIN 2012

Chapelle Isère copyright Patrice Laine

Chapelle Isère copyright Patrice Laine

Explications :
Dans la tradition du Questionnaire ambigu où chacun pouvait choisir de basculer ou pas, voici l’Interview déformée qui a été proposée à plusieurs personnes présentes au salon Sang pour Sang Polar.
Les 10 questions leur ont été envoyées simultanément avec une règle à respecter :
– Ne pas chercher à savoir à qui l’Interview déformée avait été expédiée.
Pour le reste, chacun pouvait partir en vrille. Ou pas.
Les initiales des interviewés (Prénom Nom, PN) seront indiquées avant chaque réponse, cela va de soi.

GENERIQUE

Le lieu :
Sang pour Sang Polar, La-Tour-du-Pin (38)

Les dates :
9 et 10 juin 2012

Par ordre d’apparition, les protagonistes qui ont accepté de se prêter au jeu : Jean-Luc Bizien (JLB), Lucie Merval (LM), David Boidin (DB), Stéphane Marchand (SM), Fabio M. Mitchelli (FM.M), Lydie Petitseigneur (LP), Alexis Aubenque (AA), Gaëlle Perrin (GP), Fabien Hérisson (FH), David Boidin (DB), Frédéric Mars (FM) et Gilles Caillot (GC).

* Je précise que cet ordre ne sera pas forcément respecté, qu’il est possible que des retardataires débarquent en cours de route et que je n’ai corrigé aucune des réponses qui ont été données à cette Interview déformée. Et hop !

1. POURQUOI ?

GP : Tout simplement parce que ce salon est le premier auquel j’ai participé en tant qu’auteur il y a deux ans. Il m’a ouvert des portes jusque là réservées à certains et sans ce salon, je n’aurais certainement pas avancé comme j’ai pu le faire ni même rencontré des gens depuis devenus des amis. J’aime ce salon, c’est sentimental.

FM : Parce que Gaëlle m’a invité et qu’elle sait être très persuasive… avec juste un sourire.

FH : Parce qu’on m’a gentiment proposé. Et que pour promouvoir « Les auteurs du Noir face à la différence », rien n’est plus naturel qu’un minimum d’investissement personnel.

LM : Besoin d’un moment d’évasion, hors du temps, hors du quotidien. Revoir des copains et en rencontrer d’autres.

FM.M : Parce qu’il y avait plein de jolies filles et aussi, un peu, parce que se trouvaient quelques auteurs sympathiques…

SM : Parce que c’est comme ça, c’est la vie, on n’y peut rien… D’ailleurs tant mieux J

LP : Je serais tentée de répondre : PARCE QUEEEEEEEEE… comme l’affreux méchant de la pub pour un soda jaune et pulpeux. Mais en fait, non ! Ma copine et talentueuse auteure Gaëlle faisait partie de ceux qui ont organisé ce salon recevant plein de romanciers dont j’apprécie la prose, je n’ai pas hésité longtemps à parcourir 721 kms pour les retrouver.

DB : J’ai une histoire avec ce salon. J’entends parler de « Sang pour Sang Polar » qui se déroulait cette année-là à Saint-Chef. C’était en 2010. La liste des invités est séduisante. Je prends ma voiture et j’asphalte 350 km pour me retrouver devant un parterre de talents qui fait maigrir mon portefeuille plus vite qu’un régime protéiné. À l’époque, je ne suis qu’un lecteur lambda. C’est dingue, aujourd’hui, la plupart des auteurs présents sur le salon sont devenus des amis. Je me demande encore comment j’ai fait pour mériter cette chance.
C’est le lieu de ma première rencontre physique – on se connaissait un peu sur Facebook – avec Maxime Gillio, une rencontre qui allait bouleverser ma vie. J’avais adoré son roman déjanté, Les disparus de l’A16. Pas facile de dire face à l’auteur tout le bien que l’on pense de ses écrits. Paradoxalement, j’ai plus de facilité à dire ce qui m’a déplu dans mes lectures.
Bizarrement, rien ne se crée de ce dithyrambe. L’auteur est gêné, je le comprendrai plus tard. Je ne ressens pas le feeling que j’espérais. Il me semble que c’était la première fois que j’osais la chose. Un ange passe, puis deux, puis un troupeau d’anges, puis le chien de berger, puis le berger, puis les saisons, puis je vieillis, puis je meurs, puis je vois un ange passer… On ne sait plus quoi se dire. Je ne sais plus comment ça s’est passé ensuite, je me suis retrouvé avec un exemplaire de Bienvenue à Dunkerque dédicacé dans la main droite, un billet dans la main gauche et un refus d’accepter mon billet face à moi. Un cadeau. Le gars me faisait un cadeau. Le lecteur est gêné, je le comprends tout de suite. De la plume passe en nombre et je profite d’un toussotement du voisin de table de Maxime pour m’évanouir. Enfin, pour partir en loucedé. Je ne suis pas en sucre, quand même.
Je sors de l’église. Oui, le salon se déroulait dans une église, ce qui explique sans doute le grand nombre de visiteurs ailés. Sur le parvis, un marché spécial San-Antonio. Les amis du commissaire tiennent leur AG le même week-end, Frédéric Dard étant un enfant de Saint-Chef. Je me précipite sur une cuvée spéciale, l’achète et l’offre sans préambule ni papier cadeau à Maxime qui me regarde les yeux ronds comme des boules de loto. Il m’a remercié, je crois.
Quelques semaines plus tard, nous lançons l’Exquise Nouvelle. Un an plus tard, nous quittons nos boulots respectifs pour créer eXquisMen, avec Benjamin Berdeaux. Deux ans plus tard, c’est avec un plaisir immense que je participe, de l’autre côté de la table, à « Sang pour sang polar ». Personne n’est venu me dire tout le bien qu’il pensait de mes écrits et je n’ai pas reçu de bonne bouteille en cadeau. M’en fous, je suis heureux d’être là. Comme quoi, la vie n’est pas un éternel recommencement. Et c’est tant mieux.

AA : Parce qu’on m’avait promis un million d’euros à la clé, et une fois de plus, j’ai du me rendre l’évidence, je suis bien naïf !

GC : Pourquoi ?! Bah, parce que 😉
Plus sérieusement, un salon est toujours un événement important. C’est un moment de convivialité et de partage. Auteurs, lecteurs, organisateurs, libraires, ensembles dans un seul but : prendre du plaisir.
L’écriture est une passion ingrate. Beaucoup de solitude remplit nos vies de mots. Alors quand un salon se présente, c’est vraiment l’occasion de se retrouver et de festoyer.

JLB : Parce que.
Pour tout dire, Gaëlle Perrin-Guillet m’a contacté via FB, puis dans ma-vraie-vie-que-j’ai (Vous aussi, a priori, vous avez une vraie vie. Mais si : cherchez bien, vous verrez).
Elle était sympa, elle m’a promis monts et merveilles, j’ai dit « oui ».
J’aurais dû me méfier, car ça n’est pas la première fois que je dis « oui » à une fille qui me promet monts et merveilles, et j’en paye chaque fois le prix.
Sang pour sang n’a pas dérogé à la règle : j’ai pris cher.
Il faut ajouter à ma décharge que je n’étais pas le seul auteur contacté, que j’en connaissais des que j’avais envie de revoir et d’autres que je voulais découvrir…
Sur ce point-là, je n’ai pas été déçu.

2. COMMENT Y ÉTES-VOUS ARRIVÉ ?

DB : Avec le sourire aux lèvres.

GP : A Cheval… cinq chevaux pour être précise. Même qu’ils sont bleus mais se traînent un peu.

FM : Par le train, puis la Clio grand sport des gentils organisateurs.

JLB : Par le train, puis en voiture (dans la Perrin mobile, avec d’autres camarades). Gaëlle, non contente de jouer le rôle de commissaire du salon, avait également enfilé la casquette de chauffeur. Je ne sais pas comment ils feraient sans elle.

LM : Après un très long périple en train pour finalement être accueillie par une super hôtesse.

FH : Par chance. J’ai failli rester coincé à Lyon par la faute de mon hôte qui ne savait plus où la voiture était garée (Vous saviez que Gaëlle Perrin était blonde ?)

FM.M : A la sueur de mon front, à la force du poignet…

SM : C’est Miss Gaëlle qui a commencé, elle m’a supplié de venir, elle en pleurait à chaudes larmes, torturant sans vergogne mon extrême sensibilité, je ne pouvais pas refuser ! Après, je suis arrivé en voiture J

LP : J’ai chaussé mes Pataugas et je suis partie une semaine avant, à pied, n’empruntant que les chemins de randonnée, ce qui n’a pas été toujours très facile… Et je suis arrivée le samedi à 12h32 exactement à Lyon St-Exupéry. Trop forte, moi. !

AA : Par hasard, je me baladais sur la plage et chemin faisant le gravier a remplacé le sable, les nuages le soleil…, puis j’ai reconnu de vagues silhouettes et je me suis incrusté. Finalement j’y suis resté.

GC : A quoi ? Écrire ? Être invité ? Pour venir au salon ?
Comme la question donne libre interprétation, je répondrai aux trois. Trop bon, non ?!
Pour la première réponse, je dirai que c’est vraisemblablement lié à mon hémisphère cérébral droit qui est totalement disproportionné. Cette singularité génère une sorte de maladie mentale qui touche pas mal de gauchers de ma connaissance et encore plus dans le microcosme de l’écriture. On a tendance à capter les choses, à les triturer (voir les torturer), à les déformer, et à les réagencer pour en sortir une sorte de premier jet appelé communément manuscrit.
Pour la deuxième réponse, parce que j’ai couché (eh vi même dans ce métier, il faut savoir le faire ;))
Enfin, pour la troisième, sur le dos d’un escargot (bon j’ai mis 365 jours pour arriver et je me suis fait refouler par les vigiles. Ils m’ont dit que j’étais invité pour le salon 2011 et que là, malheureusement… Mais comme les organisateurs sont vraiment sympas, ils m’ont quand même laissé entrer pour profiter de l’événement.

3. « SANG POUR SANG », QU’EST-CE QUE CELA EVOQUE POUR VOUS ?

SM : Un genre de combat sans concession avant l’accord parfait. Donner le meilleur de soi-même face à l’adversité. Donner le meilleur de soi-même dans la complicité. Quelque chose de violent pour caresser quelques millimètres de sérénité. Et quelque chose de doux qui ressemble à l’amitié, à la vie à la mort…

AA : Une émission avec Estelle Denis, mais je ne vois pas le rapport avec le salon de la Tour du Pin.

JLB : Un pourcentage improbable.
Un salon sympa, en dépit d’une fréquentation digne du taux de participation aux élections d’une république bananière.
Un jeu de mots déplorable.

LM : 100% plaisir, 100% détente, 100% délires et bien sûr, une partie de la crème du thriller français.

FM.M : Sang pour Sang polar, le salon du polar par lequel tout a commencé pour moi…

GC : Œil pour œil ?
Dent pour dent ?
Non, rouge sang… rouge pinard !
Ben oui. Un auteur bourré, c’est toujours meilleur pour la créativité. Non ?
Euh… À fond de cale !?
Grrr… Chiant cette p’tain de question. P’tre  un salon littéraire ? Un prix ?!

GP : Le rouge, le noir, les amis et la vie…  Tout ça mélangé pour n’en retenir que l’essence même.

FH : « Au-delà de nos différences
Des coups de gueule,
Des coups de sang
A force d’échanger nos silences
Maintenant qu’on est face à face
On se ressemble sang pour sang. »
C’est con, parce qu’en plus je ne suis pas un adepte de Johnny.

LP : « Au delà de nos différeeeeeeeeeeences
Des coups de gueule,
Des coups de sang
A force d’échanger nos silences
Maintenant qu’on est face à face
On se ressemble sang pour sang… »
Bon, je sais, ça ne fait pas très littéraire et encore moins polar, mais Johnny et David Hallyday sont des références en la matière ! D’ailleurs, Johnny n’a-t-il pas écrit : « Noir c’est noir » ?

FM : Une vengeance, une vieille querelle qui a mal tourné, une vendetta ancestrale. Et puis, ça tombait bien, il est beaucoup question de sang dans le thriller que je suis en train d’écrire. Donc je me suis senti dans mon « élément ».

DB : Ça m’évoque le centenaire de la mort de Bram Stoker. C’est cette année. Je le sais d’autant mieux qu’eXquisMen travaille actuellement à l’organisation d’un salon des littératures fantastiques, dont une partie est dédiée, pour cette raison, à Dracula et aux vampires. Les Halliennales qu’il s’appelle le salon.

4. VOUS AVEZ DEMANDE A CHANGER DE PLACE EN APPRENANT LE NOM DE VOTRE VOISIN/VOISINE. SI, SI. COMMENT AVEZ-VOUS PROCEDE ?

GP : J’ai tout fait en douce dans le dos des autres. Pas la peine de demander, je fais ce que       je veux, c’est chez moi ! :p J’ai donc attendu que tous les monde parte manger. L’appel des crevettes est irrésistible et m’a laissée le champ libre. Une ou deux étiquettes plus tard, j’avais choisi ma place (aux côtés du plus bel homme, bien que le choix fut cornélien ! Ils étaient tous beaux !) et tout aussi discrètement, j’ai rejoins mes camarades. Qui n’y ont vu que du feu. J’en connais par contre quelques unes qui m’ont enviée la journée durant…

AA : C’est vrai, j’avoue, mais ce ne fut pas compliqué, je suis arrivé le premier et j’ai juste interverti les cartons de façons à me retrouver avec deux grosses ordures à mes côtés, j’adore être entouré de pourritures, je me sens tout de suite plus sympathique !!!!!!

SM : Non, non ! Gaëlle m’avait prévenu que nous serions voisins, alors j’ai roulé fort sur l’autoroute, j’étais pressé, avalant les kilomètres comme on avale des sabres, je ne craignais pas la police, enivré par la musique des 250 chevaux du cinq cylindres de mon véhicule, je n’étais plus moi-même, le visage déformé par un sourire démoniaque, la bave aux lèvres, j’étais un mini George Clooney surexcité par un abus matinal de ristrettos J Il n’était pas question de demander à changer de place ! Jamais de la vie, plutôt me battre, il eût fallu passer sur mon corps défendu… Ce jour-là, envers et contre tout, contre l’enfer, contre les fous, Gaëlle était ma voisine J Qu’on se le dise !
Je ne suis pas en mesure de dévoiler les secrets du si particulier mode opératoire qui est le mien… Je laisse aux spécialistes de la police scientifique le soin de relever d’éventuels indices dans le périmètre de mes scènes de crime ! Pour l’heure, aucun profiler n’est parvenu à me percer à jour. En vérité, je me suis toujours imaginé à la place de ces petits malins tout en semant de faux indices pour mieux déjouer ensuite la moindre de leurs pitoyables ruses.

JLB : Non, je m’inscris en faux. Je n’ai rien demandé.
J’en profite d’ailleurs pour balancer : c’est Catherine Fradier qui a foutu la merde en changeant de place, pour se retrouver avec Karine Giebel à l’ombre, tandis que Laurent Luna et moi on était plantés au soleil, à côté de Gaëlle (ce qui donne une idée de l’infini, quand on songe à la notion de double peine…)
Le Bon Dieu l’a punie (Fradier, pas Gaëlle. Suivez un peu, sinon ça va être le bordel) : on a eu du monde, nous.
Et plein de gens sympas, en plus.
Tandis qu’un soleil énamouré caressait nos peaux hâlées

GC : Oui. Mais pas à cause de mon voisin. Je voulais être prêt du chauffage. Comment ça s’est passé ? Ben juste un roulage de pecs et c’est bon 😉
Le respect dans le métier y a rien de tel !

LP : Je devais être placée initialement à côté d’un(e) auteur(e) charmant(e), mais qui souffre de problèmes gastriques bruyants et nauséabonds, j’ai donc dit à Laurent L. qu’il y a avait des rillettes du Mans sur la table du buffet, il s’est levé pour aller les goûter en bon Manceau qu’il est et j’en ai profité pour lui voler sa place située à côté de l’inénarrable Jean-Luc B.

FH : J’ai tout simplement profité d’un instant de confusion (le moment où les organisateurs ont crié Apérooooooooooo) pour intervertir tous les chevalets. Le côté épicurien des auteurs a souvent du bon.

LM : N’étant pas auteur, j’ai joué aux chaises musicales facilement, en allant discuter avec chaque auteur, au gré de mes envies. J’ai eu l’impression de les avoir pour moi toute seule, sensation forte agréable !!!

FM : J’ai soudoyé l’organisatrice, et promis à son chat que je quitterais tout pour lui.

DB : Non mais j’ai été discret. Comment tu sais ça, toi ? Je voulais être à côté d’Aurélien Molas mais il n’a pas pu venir. On m’a imposé Fabien Hérisson. Comment dire… La table d’en face, des auteurs du noir, était face à la différence. Nous sommes trop dissemblables. Lui était là pour présenter un livre collégial dont les droits allaient à une association caritative, « Écoute ton coeur » et moi… Bref, j’ai honteusement prétexté être allergique à la pluie pour mettre de la distance entre nous.

FM.M : J’ai contourné le problème…

5. DOUCHE OU BAIGNOIRE ?

AA : Baignoire, c’est le meilleur endroit pour zigouiller quelqu’un, le sang n’éclabousse pas sur les rideaux de douche, et c’est toujours très agréable à voir le rigoles de sang se diluer dans l’eau pour un rosé plutôt de bel effet.

FM.M : Qu’importe le flacon, pourvu que l’on ait l’ivresse…

GC : Une douche dans la baignoire. Encore mieux. Quand on peut diversifier les plaisirs, hein ?  😉

LP : J’ai pris une douche dans la baignoire, l’inverse n’étant pas possible…

LM : Douche et digne d’un marathon. Nous étions plusieurs donc comme à la colo, pendant qu’un prenait son café, l’autre filait sous la douche et vice versa.

GP : Baignoire. Pleine de mousse avec un bon bouquin. Et seule. Surtout seule.

SM : Difficile de lire sous la douche. Je n’aime pas les douches écossaises. J’apprécie cependant que l’on se prenne la bouche sous la douche. Mais plus que tout, j’adore m’immerger dans l’eau chaude d’une baignoire, savourer ces instants d’abandon à écouter sous l’eau les sons feutrés du monde qui m’entoure. Du salon me parviennent des notes au rythme si particulier et envoûtant : Bobby Womack chante Please Forgive My Heart et fait vibrer à merveille les hauts-parleurs pavillonnés à compression de mes enceintes Klipsch Cornwall III Série Héritage. Alors, lentement mais sûrement, mes membres vigoureux ondulent artistiquement dans l’élément liquide où de pures bulles de savon explosent par intermittence comme autant de minuscules planètes transparentes, puis je savonne avec tendresse mon corps souple et racé, redonne enfin avec un bon shampoing vigueur et brillance à ma chevelure de Gatsby plutôt magnifique J In Bath-Tub With Stéphane Marchand , le clip est en ligne sur YouTube, préparez les SexToys !

FH : Douche par obligation. Mais si quelqu’un est prêt à venir m’installer une baignoire à la maison, il est le bienvenu.

FM : Baignoire, pour y prendre des douches. M’arroser dans un espace confiné m’angoisse.

DB : Je m’éclate à prendre des douches depuis quelques semaines après avoir été privé d’eau chaude pendant six mois grâce à un propriétaire indélicat.

JLB : Plutôt douche, au vu de la salle de bains dont j’avais héritée à l’hôtel.
Douche en général, notez bien – je n’ai pas que ça à foutre, j’ai un métier sérieux, qui m’oblige à répondre à des questionnaires bizarres, soumis par des interviewers étranges. On ne va pas en plus perdre du temps.
Sinon, bain, mais sous deux conditions :
1 – la baignoire est assez vaste pour accueillir deux personnes.
2 – je ne suis pas seul dans ladite baignoire.
Un bain seul, avec ou sans sels, c’est chiant.

6. COMBIEN D’HEURES PAR JOUR ?

JLB : Pardon ? Bis repetita : je n’ai pas que ça à foutre.
La douche, c’est donc cinq minutes réglementaires. Dix minutes les jours de fête.
Une le matin, une le soir, et plus si affinités et/ou nécessité.
Quant au bain…
Ça dépend de la taille de la baignoire et de la créature qui s’y trouve.

LP :
Quoi la douche ou le salon ?

GP : Minimum deux.

SM : 25 heures si possible…

AA : 28 heures, et surtout les quatre dernières.

FM.M : Joker ! Certains seraient jaloux…

GC : Quoi ? À se branler la nouille ? Jamais… Pas une sec…
Bosser ? Tout le temps. 
L’écriture ? Jamais assez !!!!
Le reste : Ben, plus de temps… Bouh ! C’est triste la vie d’un écrivain.

LM : Késako ? Le nombre d’heures sous la douche ou d’heures de présence ? 😉 Présente sur le salon le samedi matin, le samedi soir (quelle sacrée soirée) et le dimanche jusqu’à 16h, largement le temps de papoter avec tout le monde, faire signer les livres, nouer de nouvelles amitiés.

FH : 24 ! Ce qui est toujours insuffisant.

FM : Heures de douche, ou de signature ? Douche, je pourrais en effet y rester des heures. Signature aussi, la preuve.

DB : À la question « Combien de kilos par jour ? », je ne répondrai pas, je ne suis pas une balance.
À la question « Combien de mots par jour ? », je vous dirigerai vers l’impossible dictionnaire.
À la question « Combien de bières par jour ? », je vous répondrai que ma réputation est surfaite.
À la question « Combien d’heures par jour ? », je vous dirai que je n’ai plus le temps de répondre.

7. DANS LES COULISSES, VOUS SEMBLIEZ TOUS TRES COMPLICES. QUI L’EST LE PLUS ?

GP : Il y a un code d’honneur dans cette famille du Noir : ne jamais dénoncer les copains. Je ne parlerai donc qu’en présence de mon avocat.

LP : Houuuuuuu… je ne sais pas si je peux tout raconter… Disons qu’il n’y a qu’à voir les photos pour se rendre compte des affinités… Mais je puis assurer qu’aucune liaison illégitime ou contre-nature n’a été portée à ma connaissance…

FH : Il m’est impossible de ne pas citer Alexis Aubenque tant les draps s’en souviennent.

AA : Ils faisaient noir, j’ai pas très bien vu, mais c’est clair que certains savent y faire, tant de douceur et de volupté, c’était magique, à un moment je crois que j’ai reconnu les paluches de Bizien mais je n’en suis pas sûr…

FM.M : Je pense à Stéphane Marchand avec qui nous avions évoqué un voyage à Nancy et peut-être même l’adaptation d’une vidéo après son visionnage…

SM : Sur ce point, je me dois de répondre sérieusement ! Auteurs, lecteurs, organisateurs, nous étions tous vraiment très complices. Et nous l’étions tous un peu plus à tour de rôle. On le devine sans mal en observant les diverses photos, les regards, les sourires… petits pixels de vie immortalisés par chacun et au bord desquels, sans conteste, s’étale telle une peau de bête une bien belle fraternité prise sur le vif. Celles et ceux qui se trouvaient à « Sang pour Sang Polar » peuvent encore entendre dans les couloirs de leur mémoire ces fous rires du plaisir d’être réunis à « sang pour sang », autour d’une même passion.

GC : Ah ça, pour le savoir, il faut avoir passé l’initiation suprême. Passage obligatoire dans une cave obscure pendant 48 heures. Subir des choses étranges. Découvrir des sensations inattendues. Un peu de SM ? Bah, peut-être… PM apporte la cravache, s’te plait ! Y a Cali qui veut s’y coller 😉
NDLA : Pour les gens, je précise que PM n’est pas mon assistant (quoique je pourrai envisager un CDI) mais un lecteur qui me suit depuis le début et qui aujourd’hui jouit de la primeur de lecture de mes manuscrits. Depuis, il est totalement initié à mon art. Je peux lui faire confiance, le boulot ne sera pas salopé 😉 D’ailleurs, si tu me lis, mon PM : des bises !!!!

FM : Pas moi, parce que dans complice y’a plice. Non sérieusement, je ne suis pas très bande, clan, vestiaire, troisième mi-temps, tout ça. En plus, dans un salon du polar, y’a presque que des garçons, et moi je préfère la compagnie des femmes. D’ailleurs, j’ai eu de la chance, j’étais placé à côté de l’une des rares auteures du salon.

LM : Tu me demandes de révéler des secrets très intimes là 😉 Alors sans vouloir balancer, ça se voit sur les photos, je dirais des binômes tels Jean-Luc et Laurent Luna, Claire et Stéphane, Stéphane et Fabio qui se sont entendus comme larrons en foire ! Finalement, tout le monde s’est entendu, une jolie petite famille !!! Pour ma part, contente de revoir ma copine Lydie, je me suis régalée avec Gaëlle, et contente de rencontrer P-M, Céline, Karine, toi (même si je n’ai rien calculé) de revoir mon petit hérisson et tous les auteurs bien entendu !

DB : Il est trop tôt pour parler de complices. Tant que le corps n’est pas retrouvé…

JLB : Le coupable. Tous les auteurs de polar te le diront : celui qui fait le meilleur complice, c’est le coupable.
Sinon, j’ai retrouvé avec bonheur Laurent Luna et Alexis Aubenque. Puis découvert – enfin – quelques autres, croisés au hasard de FB, dont Laurent Guillaume.
Avec des calibres comme ceux-là, difficile d’envisager la monotonie.

8. QUEL/S SOUVENIR/S DE LA SOIREE RESTE/GRAVE/S DANS VOTRE MEMOIRE ?

GC : Euh… Avant d’avoir vomi ?! Parce qu’après je ne sais plus 😉
Alors avant…
Je me rappelle une piscine. De l’eau verte. Un buffet. Des tatouages. Des auteurs et des lecteurs et libraires totalement addicted !
Tout ça dans un maelström de rires et de bonne humeur.
Un jean enfilé à même la peau. Une chaise qui s’enfonce dans les graviers.
Un débit de boisson… Un fort débit !
Des carrelages mosaïque. Des WC grands comme un hall de gare.
Un proprio aux petits soins. De la lumière. Puis plus ! Des bougies. Des flashs. Des rires… Encore des rires. Puis plus rien.
Hachement bien cette soirée !

FM.M : Incontestablement, le moment où Jacques Saussey à été officiellement nominé pour le prix 2013 (Jacques, bravo encore !!! bon, il reste encore quelques détails à régler entre S.M et moi-même, mais ça devrait le faire…)

GP : Un oneman show époustuuflant par un auteur qui cache bien son jeu, amateur de blagues Télépoche revisitées, des rencontres virtuelles qui ont traversé l’écran pour venir nous rejoindre dans la réalité et un fou rire mémorable au sujet d’un train qui a été débaptisé (ou rebaptisé, c’est au choix) en cours de soirée… Sans parler d’un merlan frit qui hante encore nos nuits…

FH : Quelle soirée ? Celle du vendredi ou du samedi ?
Pour celle du vendredi, c’est gravé sur mon torse.
Pour celle du samedi, il faut admettre que le duo Bizien/Guillaume vaut son pesant de cacahuètes.

AA : Quand le requin de Fabien Hérisson a jailli de son corps et a survolé le château, j’en avais les larmes aux yeux.

SM : Un dîner de plaisir chez nos généreux hôtes de la Tour du Pin, un délire sous les étoiles de l’Isère, mes voisins, Sarah, Claire, Fabio Depp, Jacques, Florence, Gilles, Gisèle et Georges Clooney… La table était si longue et chaleureuse que nous n’entendions que l’écho du bonheur des autres qui s’amusaient sûrement tout autant. 

LM : Un fou rire, juste après l’apéro (les bulles, ça tourne la tête), on a cru qu’on allait jamais s’en remettre, surtout quand on a vu une dame complètement outrée par une blague de JLB. Et sinon, plein de conversations sérieuses ou pas à table, faut dire que j’étais bien entourée 😉

FM : Souvenirs, quels souvenirs ?

LP : Un souvenir peu glorieux pour moi : Au coeur d’un petit groupe composé de Jean-Luc B., Laurent L. Gaëlle P., Lucie M., Laurent G., Alexis A., etc. Alors que nous avions déjà bu quelques verres, la discussion a glissé sur les programmes de télévision et au lieu de dire « Pékin Express », ma langue a fourché et j’ai prononcé « Pétain Express ». Ce qui a fait s’esclaffer le reste de l’assemblée. J’ai posé mon verre et suis passée à l’eau !
Sinon, comment ne pas évoquer les histoires drôlissimes et interprétées de main de maître par Jean-Luc B. qui devrait remplacer Thierry Roland aux Grosses Têtes !

DB : C’est qu’ils savent accueillir les organisateurs de Sang pour sang polar. Nous nous sommes retrouvés à dîner dans la cour d’un château, excusez du peu. Ripailles et rigolades étaient de la partie. Me reviennent, le sourire aux lèvres, quelques blagounettes de Jean-Luc Bizien, pas forcément à mettre dans toutes les oreilles.

JLB : Un témoignage poignant – limite délation, mais on n’y peut rien. Une horreur, quand on y songe. Il paraîtrait (mais je n’étais pas là pour le voir) que certain auteur de polar aurait perdu le contrôle au point de boire une eau tiède vers deux heures du matin.
La révélation me torture encore, comme une plaie vive à mon côté.
Du thé, Seigneur Tout Puissant ! Il a bu du THÉ !!!

9. FINALEMENT, QUI EST LE COUPABLE ? OU ? QUAND ? COMMENT ? POURQUOI ?

LM : Ils sont tous coupables !!! Coupables de m’avoir fait tant rire, coupables d’avoir été si chaleureux, coupables de m’avoir fait passé un excellent moment qui m’a permis d’avoir une gniak d’enfer les jours suivants !!!

SM : Nous sommes tous coupables ! Toujours un peu partout ! Du mieux que nous pouvons ! Parce que c’est un plaisir de profiter des petites choses de la vie…

FM.M : Le coupable c’est Georges Clooney, dans un lit à baldaquin, … pour les autres, je ne sais pas trop… j’ai un trop vague souvenir de cette soirée du samedi, j’ai un trou…

AA : Le coupable est la chartreuse du baron de la Tour du Pin, la garce s’était faite bien discrète avant de lâcher son venin.
Pas un auteur n’a su lui résister, et malheureusement nous nous sommes tous vautré dans une luxure dont je garde encore les stigmates.
Pourquoi ? Pour nous faire chanter pardieu ! Pourvu que les photos ne sortent jamais !

GP : Mon avocat n’est pas encore arrivé, je ne répondrai pas, même sous la torture.

FH : Le coupable est Bob la sardine. En rapport avec la soirée du vendredi. Certains auteurs sauront pourquoi. Mais je n’en dirais pas plus afin de ne pas dévoiler des choses qui doivent rester dans le cadre du privé.

FM : Le colonel moutarde, sous la tente, avec le concours de la pluie, pour noyer tous les auteurs.

LP : Houlà ! Je dirais le Colonel Ketchup, dans la buanderie, avec un ornithorynque…
Pourquoi ? Bah il devait avoir ses raisons…

DB : La pluie, le vent, les éléments. Coupables d’avoir rapproché auteurs et visiteurs dans une promiscuité souhaitée. L’amour, l’écrit, les sentiments. Mêlés en pages, en histoires sombres, au chaud, sous la couverture. 

GC : Bien, c’est Cali. Parce que les absents ont toujours tord ! C’est connu !
Non, plus sérieusement, pas un coupable… des coupables.
Mais bon, tant que le cadavre n’a pas été retrouvé, il n’y a pas de coupable 😉

JLB : Le coupable est Catherine Fradier, sous le chapiteau (où elle a bénéficié de l’aide de sa complice Karine Giebel), avec la chaise.
Parce qu’elle est foncièrement méchante, ou qu’elle nous déteste, ou qu’elle ne supporte pas le soleil. Ou tout ça à la fois.
En plus, elle a lâchement abandonné sa complice à la fin. Si.

10. VOTRE ARME FAVORITE ?

GC : Le cure-dent.
Bon, c’est en rapport avec mon art favori : la torture… Parce que pour dézinguer un mec avec une telle arme de compet’, ça prend du temps, j’vous le jure ! 😉

GP : Le sourire. Ça ne laisse aucune trace et désarme bien des situations explosives… Pour mieux tromper son monde… ! (ou pas ;-))

FH : En fonction de la situation, le rire…ou le sourire.

SM : L’humour, le plus souvent possible… C’est la plus belle façon d’être sérieux. A part ces instants magiques où, à cette heure émouvante des sentiments enfin déshabillés, les corps s’enlacent dans un concerto pour gémissements, il me semble que les rires partagés constituent nos plus beaux instants de vérité. Faire l’amour et faire l’humour en dépassant la dose prescrite sont à mes yeux de fort saines activités, donc tout à fait recommandables. On ne ment jamais quand on rit. On ne ment jamais quand on a du plaisir. Et d’ailleurs c’est très triste, le mensonge… Et c’est mal également ! PS : par exemple, ce n’est pas très gentil de dire que Capri c’est fini et que c’est triste Venise et que ce n’est pas en Italie…

FM : L’indifférence.

DB : J’aime bien cette phrase, de Woody Allen : « Quand je me promène la nuit dans les rues sombres, j’emporte toujours une épée. Comme ça, si je me fais attaquer, je la transforme en canne et j’inspire la pitié. »

LM : Le smile !!!

FM.M : Les mots…

LP : Les phrases assassines…

AA : La langue, c’est la pire de toutes. Un moyen imparable d’assassiner quelqu’un sans en avoir l’air.

JLB : Le clavier. Je suis redoutable, à l’écrit, quand je veux nuire – pas mauvais non plus si je veux encenser, note bien.
Au vrai, quand je déteste sérieusement, je travaille à la main – mon côté romantique, indéniablement – ou au crachat.
Classe… Pas classe.
Selon l’humeur.

Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui ont accepté de jouer le jeu.
Pour les autres, comme le dit si bien Destouches : les absents ont toujours tort !

Actualités des participants :

Vienne la nuit, sonne l’heure, Jean-Luc Bizien, éditions 10/18

Canyon Creek, Alexis Aubenque, éditions Le Toucan

Les auteurs du noir face à la différence, collectif, éditions Jical voir Livresque du noir

L’apparence de la chair, Gilles Caillot, éditions Le Toucan

Au fil des morts, Gaëlle Perrin, auto-édition

L’Exquise Nouvelle, collectif, éditions de la Madolière

Comment j’ai arrêté de con-sommer, Frédéric Mars, éditions Le Moment

Ecriture du scénario de Maelström par Stéphane Marchand et Isabelle Sobelman en vue de l’adaptation cinématographique

La verticale du mal – Le dernier festin, Fabio M. Mitchelli, éditions Ex-aequo (parution en septembre)

Halliennales, salon des littératures fantastiques organisé par eXquisMen

Alexis Aubenque, Fabio M. Mitchelli, Gilles Caillot et plein d’autres seront présents à Sang & Noir à St Cyprien Plage (66) les 6, 7 et 8 juillet

 

 

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