*I Was Made For Lovin’ You

Ici, je peux lire qu’Armstrong est parti sur la lune. Là, que Kidman exhibe la sienne. Question d’esthétique, je préfère voir ses fesses plutôt que celles d’Aubry. Ou de Hollande. Même si toutes les photos de magazines ne sont qu’illusion retouchée. Tout ce matraquage d’images et d’infos du n’importe quoi. Même le rêve deviendrait tarifé. On te montre la voie, inutile de faire preuve d’imagination.
Dans de telles conditions, il devient de plus en plus difficile d’expliquer à des petits d’homme qu’être, ce n’est pas paraître. Que les véritables étoiles sont celles qui sont au-dessus de nos têtes, mortes depuis bien plus longtemps que leurs trisaïeuls. Qu’à trop s’approcher des projecteurs, on se crame les ailes. Que si Icare avait écouté les conseils de son père, il ne serait pas mort noyé.
A cet instant, si tu viens de tenter l’expérience, tu peux avoir plusieurs réactions, variables selon l’âge de ta progéniture.
– Oh non! Ycare, le chanteur de la Nouvelle Star est DCD?
Je t’ai dit, faut balancer la télé !
– Tu fais hièch avec tes histoires de dinosaures avariés! De toute façon, je réussirai ma vie mieux que toi!
Et pan dans les dents ! En même temps, ça prouve qu’il ou elle a la niaque.
– Parce que tu vois, moi, je ne signerai pas de CDI à moins de 3000 € net par mois et j’attendrai pas 20 ans pour me retrouver directeur!
Ouch ! Syndrome Iznogoud. T’inquiète pas ! La vie se chargera de lui botter le cul balle au centre. Et c’est rassurant. Il ou elle a au moins un rêve !
– Papa, tu me racontes la mite d’Icare?
C’est choupi, non ?, s’exclamerait l’une de mes filles.

Certaines explications sont un peu plus délicates à traiter. Genre sexualité : les diversités de comportements sexuels selon les normes établies par les religions et la construction de la personne, la différence entre l’érotisme et la pornographie, entre baiser et faire l’amour, la prévention contre les maladies ou les infections sexuellement transmissibles, les fantasmes, le désir, les premières sensations, l’orientation, la législation, l’agression.
Tu peux avoir droit à des questions franches, style : « C’est quoi cette bouteille de lait ? », ou plus déguisées comme : « Moi, mes règles, elles ne sont pas bleues ! » ou « Moi, de toute façon, j’aime pas le chocolat ! Tu l’as rencontrée comment maman ? ». Pas évident de se jeter à l’eau quand l’autre parent se défile. Surtout si l’enfant n’est pas du même sexe que toi.
Quoi qu’il en soit, arrivera le moment où tu t’étonneras : « Je leur ai donné la même éducation, pourquoi sont-ils aussi différents ? ». Tous les parents s’interrogent un jour sur ce sujet. A part ceux qui ne se remettent jamais en question. Ou qui ne sont papas ou mamans parce que socialement, c’est mieux.
J’ai remarqué que, bien souvent, de gros clashs arrivent quand la fratrie est adulte et leurs père et mère très malades. Terminé les accolades et les fous rires fraternels. Place aux colères, aux rancœurs, aux mots-vengeurs. Chacun se raccroche à ses souvenirs. Et t’as beau avoir vécu au même endroit pendant des années, tu ne te rappelles pas des mêmes évènements. Voire, tu nies des faits que des personnes étrangères à votre famille pourraient te certifier exacts.
C’est ce qu’il s’est passé récemment dans ma vie. Jusqu’à son dernier souffle ma mère aura attendu mon frère qui n’est jamais venu. Ma sœur a tout juste réagi assez tôt. C’est triste. Mais lors des trois cérémonies qui ont eu lieu en sa mémoire, nous étions là tous les trois, dignes et soudés. Comme autrefois. Seule notre douleur était différente.
« C’est un peu tard, vous ne trouvez pas ? » leur ai-je dit la première fois.
De même qu’il est faut de croire qu’on est obligé d’aimer son fils ou sa fils parce qu’on l’a mis au monde, il est utopique de se persuader que l’amour fraternel est éternité.
L’être humain est toujours seul au monde, n’est-ce pas ?
– Je veux bien être seule avec toi. Et la prochaine fois que vous vous engueulez, tu ne traverses plus les voies. Avec ou sans valise. P’tit con !

Gene Simmons, Kiss

Gene Simmons, Kiss

* I was made for lovin’ you, titre d’une chanson de Kiss.

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