L’inventaire à la Prévert à l’envers

« Si je te dis que je j’ai envie de te sucer ? Mais pas que. »
Bip.
« 😉 J’essayerai de ne pas y penser pendant ma réunion de 10 h. »
Bip.
J’aime ton clin d’œil. J’aime mon rire qui pouffe en lisant ta réponse. Qui de nous deux a évoqué un kilt cette nuit ? Depuis, j’ai des flashs pornographiques qui mitraillent ma salle de ciné privé. Dans ma tête, tu mouves.
Dans ma tête, j’te louve.
J’éprouve toujours un pur plaisir animal à me glisser dans ton dos, à plaquer mon ventre contre ton cul en reniflant ta nuque. Par perversité, je retiens mes mains qui crèvent d’envie de te toucher. Mon désir monte encore d’un cran lorsque ma langue lèche ta peau et encore d’un autre quand mes dents te croquent. Et tout mon corps érogène. Oublions Freud, ses délires et ces pervers manipulateurs. Mes doigts caressent le haut de tes cuisses. Je te veux. Maintenant ! Ça te fait rire.
Je deviens Nikita et tente de t’imposer ma loi. « Sexy baby, laisse-toi faire, je te mange. Je te dévore, même. » Tu, un peu. Avant de reprendre les rênes. En me soulevant. En me retournant. En m’écrasant sous ton poids. On inverse. On se renverse. On s’invente. Ta langue me rend folle. Et je n’ai pas encore parlé de ton sexe ni des ratons laveurs…

Une vie sans Jeanne des maux passants
Un écrivain normand et syphilitique un Prunier un Valmont des Chaudrons-du-Diable
Des nouvelles et des romans
Un manuscrit des éditeurs des synopsis
Des couleurs rouges des forêts d’automne au Canada
Un buggy au milieu des dunes de sable blond
Un chat noir aux yeux verts et à la tache médaillon blanc
Un orage au bord de mer des éclairs qui ragent des parfums espagnols
Des rendez-vous manqués une voisine du dessus qui pleure un animateur télé décédé
Des éclats de rires du facteur des sœurs aveuglées volontaires
Un café à 16 h un Ceylan à 17
Un couple d’amoureux à la longue robe blanche
Une canne courant après une vieille qui la mène
Un môme à la baguette battant fantômes et dragons
Un dessin d’enfant aux milles couleurs posé sur un canapé
Un mot d’amour d’une petite fille brune à son père aux yeux bleus
Un papa-maman au cœur aussi grand que l’océan
Des pétales de rose flottant sur l’eau d’un étang
Des rideaux à changer un plancher à poser des peintures à rafraîchir
Un apéritif au jardin des tomates-cerises au goût de miel
Une liberté qui étouffe des vides qui affolent
Des prénoms à peine dits des couacs et des couics à effacer
Des cacahuètes des Mac des Quick un McQueen une Marilyn
Des balais chasseurs de feuilles mortes
Une lune claire
Un diapason un ocelot panthère des neiges ibérique
Des cigarettes un alcool fort une musique silencieuse
Des corps nus des peaux brûlantes des murmures
Un avion des jours des nuits
Et des…

Il pleut doux sur le temps qui coule.
Tu m’appelles ?

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