DÉSHABILLE-MOI de Mila Braam : OSEZ LA CULOTTE EN COTON !

Mila Braam est journaliste et romancière.

Mon avis

Une fois n’est pas coutume, vous lirez ma critique avant de découvrir un extrait de ce roman érotique.
La plume de Mila Braam est vive, coquine et gaie et même si les différentes scènes amoureuses ne renouvellent pas le genre, avoir choisi une petite culotte en coton comme narrateur est on ne peut plus rafraîchissant.
Si vous l’avez loupé à sa sortie en 2013, n’hésitez pas à vous le procurer ou à vous le faire offrir, Déshabillez-moi est un roman pétillant qui devrait vous ravir seul/e ou à plusieurs. La preuve, l’auteure l’a dédié « A toutes les porteuses de culotte, à toutes celles qui oublient (parfois) d’en mettre… A tous ceux qui s’interrogent sur leurs secrets. »

Extrait choisi

[…]
Ce matin-là, tu étais en retard pour te rendre à ton travail. Tu fais un beau métier. Tu appartiens à un laboratoire de recherche qui planche sur les mécanismes de la mémoire. Mais la tâche qui t’occupe tant l’esprit que la tienne (de mémoire) est souvent défaillante. La veille, tu avais par exemple oublié de lancer une machine à laver. Et te voilà au réveil, sans culotte dans laquelle fourrer tes fesses et cette petite chatte si aimable.
–    Va voir au bazar… Je suis sûr qu’ils auront de quoi te dépanner.
Celui qui vient de te donner ce conseil avisé et qui n’en imagine alors pas les conséquences, c’est Fred. Ton compagnon. Vous n’êtes pas mariés. Vous n’avez pas d’enfants. A chaque fois que vous abordez le sujet, vous vous dites que vous avez bien le temps. Et vous l’avez encore, c’est vrai. Mais, ce matin, tu n’as pas celui de laver ton slip à la main et de le sécher ensuite.
Alors tu descends à la petite boutique de vêtements pas chers en bas de chez vous, ton pantalon de jogging à même la peau. Au fond, tu trouves plutôt agréable de te balader la zézette à l’air. Mais tu ne te sens pas d’aller ainsi au bureau toute une journée. Ça ne te ressemble pas. Ce qui te ressemble, comme je ne vais pas tarder à l’apprendre à ton contact, c’est plutôt :
1.      De dire encore zézette à ton âge, et non pas vagin, chatte ou moule ou je ne sais quel autre surnom moins enfantin.
2.      D’éviter les conversations où il est question de sexualité en général et de ton sexe en particulier (même avec Fred).
3.      De ne faire l’amour que lorsque ton amant en exprime l’envie.
4.      De refuser de faire l’amour, y compris quand ton amant en a une très grosse envie.
5.      De ne ressentir qu’une sorte de vague chaude entre les jambes en guise d’orgasme.
6.      De ne jamais te masturber (c’est une perte de temps).
7.      De fermer les yeux quand tu introduis un tampon en toi.
Ce qui te ressemble, aussi, c’est de ne pas passer des heures à choisir une culotte. Et puis, après tout, je ne serai jamais qu’un modèle de secours. Le genre qu’on ne met qu’une fois et qu’on range ensuite dans le tiroir, pour ne plus jamais l’en sortir. Tu ne fourrages pas longtemps dans les grands bacs en grillage métallique, qui débordent de petits étuis en plastiques poussiéreux.
Pourquoi te plais-je immédiatement ? Tout bêtement parce que je porte sur le devant ce petit hippocampe brodé. Et peu importe si ça non plus ne fait pas très adulte. L’hippocampe est, dans le cerveau, le siège de la mémoire épisodique à long terme. En clair, là où réside en nous le souvenir de tous les évènements passés de notre existence. Tu y vois un signe. Un signe de quoi, tu l’ignores encore.
Ton achat effectué – je ne vaux pas bien cher, quelques pièces au fond de ta poche – tu remontes chez toi, tu es déjà en retard. C’est à ce moment-là, devant le grand miroir de la salle de bains, que tu m’enfiles et que tu éprouves l’onde bienfaitrice de mon coton tout neuf. Depuis le salon, Fred s’enquiert :
–    C’est bon, t’as trouvé ton bonheur ?
–    Oui, oui !
Tu empaquettes le tout dans un vieux jean qui disparaitra bientôt sous ta blouse blanche, et fonces à l’arrêt de bus.
La journée se passe sans encombre ni évènement particulier. La routine de tes expérimentations. Tu te sens bien, avec moi contre toi. Lorsque tu vas faire pipi, à deux ou trois reprises, tu prends un soin tout particulier à t’essuyer les quelques gouttes rebelles qui s’écoulent de ton sexe. Tu veux me garder le plus propre possible. On ne sait jamais… Si d’aventure tu oubliais encore de programmer une lessive ce soir, tu dois pouvoir compter sur moi pour le lendemain. Quand on la ménage, une culotte peut bien durer deux jours, non ?
Je n’ai pas d’avis sur la question. Je ne suis qu’une culotte à la mémoire toute neuve. Juste abandonné au plaisir de frotter ta vulve à chacun de tes mouvements. Je ne sais pas si l’un de tes amants te l’a déjà dit, mais ta chatte sent bon. Quelque chose de très léger, comme du jasmin, en plus sucré peut-être.

Déshabille-moi, Mila Braam, éditions J’ai Lu 5,60 €
Pensez à acheter votre roman en librairie.

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