LEVIATHAN, LE POUVOIR de Lionel Davoust : MYSTICISME ET FANTASTIQUE

Lionel Davoust est ingénieur en halieutique de formation. Il se consacre à la littérature depuis dix ans.
LE POUVOIR est le troisième opus de la trilogie LEVIATHAN. Toute l’histoire commence par LA CHUTE, suivi de LA NUIT.

Résumé

De nos jours, les progrès scientifiques ont chassé les vieilles superstitions et l’enchantement, cédant la place à une ère de raison où même la religion chancelle. Or, dans les profondeurs de l’inconscient, les traditions antiques, les peurs ancestrales, il subsiste une porte entrouverte sur des prodiges dépassant l’entendement. Ce n’est pas de la magie ; c’est du pouvoir. Rares sont ceux à y accéder. On les a appelés prophètes, sorciers, chamanes au fil des âges. La plupart ont été exterminés sur le bûcher, mais certains ont concrétisés les rêves les plus fous de l’humanité : richesse, domination. Jeunesse éternelle. Et ils se font la guerre – en riant.
Michael Petersen, biologiste marin, fait les frais de cette guerre. Pris dans une machination dont il ignore les enjeux mais dont il est la clef, il a vu presque tout son entourage périr de mort violente ; pire, il est lui-même la cible d’une chasse à l’homme qui le contraint à vivre en paria. Andrew Leon, l’agent du FBI qui a aidé la famille Petersen à fuir les Etats-Unis, est devenu lui aussi une proie. L’inquiétant Comité compte sur son outil de cartographie de la conscience humaine pour localiser Michael. Une course contre la montre s’engage, afin de détruire le biologiste avant l’éclosion de son pouvoir, capable d’anéantir l’organisation.

Extrait

Masha Turgueniev surveillait l’océan en s’en méfiant comme d’un animal sauvage.
Pourtant, les eaux étaient enclavées, placides. En contrebas s’étendait un bras de mer d’à peine six cents mètres de large, dont la surface lisse s’embrasait de rouille dans le crépuscule terni par les lourds nuages d’hiver. Ferries et navires marchands glissaient sans plus qu’un chuintement de moteurs lointains. Mais la Russe observait le miroir embrasé dans l’espoir vain d’en percer les profondeurs.
Il y a tant de choses, songea-t-elle, que nous ignorons du monde.
Au-delà du ponton de la marina de Rushbrook, elle ne distinguait du continent canadien qu’une colline couverte de conifères denses. L’avancée des ombres entre les restes de neige et de glace la piqua d’un mauvais pressentiment et elle se tourna vivement vers son fils. A une trentaine de pas, Eric s’amusait en silence à casser avec une branche les congères grisâtres laissées sur le parking.
Rassurée, elle observa Michael, debout à côté d’elle. Son mari, l’homme qu’elle aimait, et à qui elle avait pourtant menti toute sa vie.
Les yeux marron de Michael s’étaient égarés sur l’océan. Lui ne semblait pas redouter les énigmes des profondeurs ; son expression rêveuse manifestait cette confiance aveugle en toute personne, en toute chose, dont on s’était si souvent servi à ses dépens.
« Je me demande toujours à quoi tu penses quand tu regardes l’océan comme ça », dit doucement Masha.
Le biologiste marin inclina lentement la tête sur le côté sans la regarder.
« Je me le demande aussi, répondit-il à mi-voix.
–    Elle t’appelle ?
–    C’est la mer, Megan, fit-il, distant. Elle ne peut pas m’appeler. »
Masha lui caressa le bras et eut un sourire tendre, teinté de nostalgie.
« Tu mens très mal. »
Il eut un léger sursaut, puis se tourna vers elle. Approchant des trente-cinq ans, Michael Petersen était solidement bâti : une carrure de joueur de football américain, une stature qui dépassait allégrement le mètre quatre-vingts, des traits robustes. Une apparence qui contrastait avec sa nature douce, souvent interprétée à tort comme de la lâcheté, et qui avait fait de lui la victime idéale d’un complot dont Masha, bien que partie prenante, ignorait tous les enjeux.
[…]

Mon avis

Le Pouvoir est un roman qui évoque le cheminement des personnages principaux vers la lumière, chacun choisissant son propre chemin, la Voie de la Main Droite ou la Voie de la Main Gauche.
Le personnage le plus marquant, pour moi, restera sans aucun doute, Dwayne de Heldadt mais j’avouerai aussi un faible pour Masha, la Mage.

De l’aventure, de l’amour, des combats à l’épée, du mysticisme et des mythes revisités, le tout réuni dans un roman à l’écriture un peu trop foisonnante parfois.

Vous l’aurez peut-être compris, LÉVIATHAN est une trilogie fantastique.
Lectrices ou lecteurs aimant les romans terre-à-terre, abstenez-vous ! A tous les autres, je conseillerai de lire les deux premiers tomes (La chute et La nuit) pour bien saisir toutes les nuances de cette histoire complexe.

LEVIATHAN LE POUVOIR, Lionel Davoust éditions Don Quichotte 542 pages 23 €
Pensez à acheter vos livres dans une librairie.

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