CHATIE PAR LE FEU de JEFFERY DEAVER : une nouvelle d’une efficacité redoutable !

Ecrivain américain habitué aux listes de best-sellers, Jeffery Deaver est l’auteur d’une vingtaine de romans, traduits en plus de trente-cinq langues. Il a été récompensé par les prix les plus prestigieux de la littérature policière.

Il est aussi connu pour sa série mettant en scène les personnages de Lincoln Rhyme et Amelia Sachs, réunis pour la première fois dans Le Désosseur, roman adapté au cinéma dans un film où étaient réunis Denzel Washington et Angelina Jolie : Bone Collector (réalisateur Phillip Noyce).

Mon avis

Où est le vrai ? Où est le faux ? Une nouvelle où vous ne trouverez pas de meurtres sanglants ou de psychopathes mais un suspense hitchcockien. Les personnages sont tous crédibles et en paraissent d’autant plus réels. Jeffery Deaver est redoutable, vous êtes prévenus !
De quoi passer un très bon moment de lecture.

Résumé

Hermosillo, Mexique.
Alonso Maria Carillo, dit Cuchillo (le Couteau), jouit d’une réputation de parrain cruel et très efficace. On ne lui connaît qu’un seul vice : sa passion pour les livres rares. Il en possède des milliers qu’il collectionne et conserve dans une immense bibliothèque.
Quand un contrat est mis sur sa tête, Evans et Diaz, les deux hommes chargés de le tuer, trouvent la solution idéale : le brûler au milieu de tous ses livres. Mais comment approcher Cuchillo  et atteindre cette bibliothèque ?


Extrait

Mercredi

Ils s’étaient rencontrés pour la première fois la veille au soir et à présent, en ce milieu de matinée, ils commençaient enfin à se laisser un peu aller, à se détendre, à se faire confiance. Presque confiance.
C’était comme ça quand on avait pour coéquipier un inconnu et que vous aviez reçu l’ordre d’éliminer une cible.
–    Il fait toujours une chaleur pareille, ici ? demanda P. Z. Evans en plissant les yeux à cause du soleil.
Ses Ray-Ban aux verres teintés ne lui étaient d’aucune utilité.
–    Non.
–    Heureusement.
–    En général, il fait encore plus chaud, répondit Alejo Diaz avec un accent chantant.
–    Sans déconner.
C’était le mois de mai et il faisait trente-six degrés. Ils se trouvaient sur Zaragoza Plaza, une place
pittoresque où trônaient les statues de deux hommes austères ; des généraux, avait appris Evans. Il y avait aussi une cathédrale.
Et puis ce soleil… brûlant comme une nappe de pétrole en feu.
Evans avait pris l’avion pour Hermosillo à Washington, la ville où il vivait quand il n’était pas en mission. Là-haut, dans la capitale, la température était agréable et avoisinait les vingt-trois degrés.
–    Il peut faire assez chaud, en été, reprit Diaz.
–    Assez chaud ? répéta Evans.
–    Amis en même temps… T’es déjà allé en Arizona ?
–    J’ai joué au golf à Scottsdale, une fois.
–    Scottsdale, c’est à environ cinq cent cinquante kilomètres au nord. Imagine. On est en plein milieu du désert ici. C’est obligé qu’il fasse chaud. Tu t’attendais à quoi ?
–    J’ai joué seulement six trous, dit Evans.
–    Quoi ?
–    En Arizona. Pour que j’arrête au bout de six trous… J’ai cru que j’allais crever. Pourtant, on avait commencé la partie à sept heures du matin. Tu joues au golf ?
–    Moi ? T’es dingue ! Il fait trop chaud ici, répondit Diaz en souriant.
Evans sirotait un coca en bouteille dont il avait soigneusement essuyé le goulot avec une lingette désinfectante. On disait qu’Hermosillo, capitale du Sonora, était la seule ville du Mexique qui traitait son eau. La glace où l’on conservait les bouteilles était donc probablement sans risques.
Probablement.
Il essuya de nouveau le goulot. Il regretta de ne pas avoir acheté une mignonette de Jack Daniels en guise de désinfectant. Les lingettes donnaient un goût dégueulasse.
Diaz, lui, buvait du café, additionné de trois ou quatre sucres. Du café chaud, pas glacé. Evans n’arrivait pas à comprendre ça. Chez lui, il était accro à Starbucks et quand il se déplaçait dans les pays du tiers-monde, il buvait toujours du café (parce qu’on n’attrapait pas la dysenterie quand l’eau avait bouilli), mais ici, il n’en avait pas avalé une goutte. Il n’imaginait même pas toucher de nouveau à une boisson chaude. La sueur coulait sous ses bras, le long de son temps et de son entrejambe. Il était certain qu’il transpirait même des oreilles.


Châtié par le feu, Jeffery Deaver, éditions Ombres Noires 128 pages 6 €
Traduction de Périnne Chambon

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