Le baiser la brûlure

Le baiser la brûlure

Proche de Cahors, en position dominante, leur propriété datait du début XIXe. Elle était organisée autour d’une maison bourgeoise et de ses granges, d’une maison de métayer et d’un four à pain. Avec les huit hectares de prairies et de bois qui l’entouraient, ils s’étaient sentis enfin chez eux.
Les planchers en grandes lames l’avaient séduite. Elle avait transformé la maison de métayer et les granges en chambres d’hôtes. Il avait apprécié le pigeonnier et avait choisi d’y installer son cabinet.

Tous les deux vaquaient à leurs occupations respectives et se rejoignaient quand l’envie de l’autre était trop prenante. Pourtant, tous les deux appréciaient d’être seuls. Ils en éprouvaient même souvent le besoin et régulièrement, l’un ou l’autre s’isolait. Parfois, cette solitude imposée durait plusieurs jours. C’était aussi pour cette raison qu’ils avaient choisi d’acheter cet endroit. Ils pouvaient y disparaître à leur guise. Ces absences leur étaient encore nécessaires alors qu’elles maintenaient l’autre dans une légère angoisse. Et si l’autre ne revenait pas ? Mais ils les respectaient et, au final, les appréciaient plus qu’ils n’en souffraient.

La plupart du temps, elle écrivait. Dans la véranda, dans son boudoir ou bien dehors. Son dernier patient était parti depuis quelques minutes et depuis, il l’observait debout, appuyé dos au mur. Il fumait, un vague sourire aux lèvres.
Elle s’était installée sous le vieux châtaignier, derrière un guéridon posé sur l’herbe. Elle était assise sur une chaise en fer forgé. Ses doigts couraient sur le clavier ou feuilletaient le cahier d’écolier sur lequel elle avait pris des notes. De temps en temps, son regard vert se perdait dans un des rosiers du massif d’en face. Sa façon de se caresser la lèvre qu’elle avait alors l’excitait. Son index glissait d’un bord à l’autre de la pulpe et elle finissait toujours par le mordiller, en le léchant. Elle était pieds nus. Ses longues jambes s’agitaient au rythme de la chanson que diffusaient ses écouteurs. Il savait que pour certains passages de ses livres, elle pouvait écouter le même titre en boucle, pendant des heures.
Il admira ses chevilles, le galbe de ses mollets et la partie visible de ses cuisses. Le soleil d’été était brûlant mais elle adorait vivre dehors. Elle avait retroussé son grand jupon au ras de son pubis. Les premiers boutons de son caraco blanc étaient défaits. Une bretelle avait glissé sur son épaule. Elle caressa le haut de son bras, sans la remonter. Ce dernier geste suffit à le décider. Il écrasa sa cigarette et se déplaça sans bruit. Portait-elle un string ?

Il était maintenant à un mètre d’elle derrière elle. Elle n’avait manifesté aucune réaction à sa présence, concentrée qu’elle était par son travail d’écriture. Il s’avança encore jusqu’à lire les premières lignes de cette nouvelle histoire.

[Elle l’imagina vierge du désert, habitant l’un de ces endroits gelés par la nature et les amours brisées. Une vieille bâtisse retapée, quelque part dans un petit village, à mi-chemin entre la mer et la montagne. Dans son écrin de solitude, il chercherait à se racheter, en quête de paix intérieure et de silence. Il serait un loup alpha dont le nombre élevé d’anciennes maîtresses aurait fait pâlir de jalousie le marquis de Sade. Un bad boy dont le regard hypnotique t’obligeait à te raccrocher à ta petite culotte, ton caleçon ou ton arme, si par malheur, il se posait sur toi.]

Il sourit avant de se pencher au-dessus d’elle et de poser ses lèvres sur sa peau. Juste là, au bord de sa nuque. Il reconnut alors la chanson qu’elle écoutait : Animals de Maroon 5. Ses mains glissèrent sur l’arrondi de ses épaules puis sous le tissu léger pour se refermer sur ses seins. Son odeur et son parfum de diablesse l’enivraient toujours autant. Il la sentit attendre, frissonnante. Il poursuivit sa quête jusqu’à son ventre et la peau si douce du haut de ses cuisses. Elle écarta les jambes et emprisonna ses poignets à l’instant où ses doigts se posaient sur son sexe nu et moite.

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