POUR LES VACANCES, DES LIVRES DES LIVRES DES LIVRES ENCORE ET ENCORE ! (2ème partie)

Et voici la suite de ma sélection. De quoi lire pendant plusieurs jours ! Ou plusieurs nuits… Du polar, du thriller, des histoires d’amour, de la passion, de l’humour, du noir. Tous les goûts sont permis !
N’oubliez pas de noter les derniers romans parus, ou à paraître, des auteurs cités !

  • Personne ne court plus vite qu’une balle, éditions l’Archipel, 288 pages. 18,95 €

Flaco Moreno, chanteur français connu pour ses prises de position altermondialistes et ses bonnets péruviens s’est suicidé à La Nouvelle-Orléans alors qu’il enregistrait son nouvel album. Persuadés qu’il a été assassiné, ses parents chargent Victor Boudreaux d’enquêter sur ce mystère. En compagnie de son pote, Earl Burnbinton, Boudreaux qui ne souffre plus de migraines depuis son AVC, n’hésite pas à jouer l’escroc pour obtenir ce qu’il veut, des bayous de Louisiane au Vietnam pour finir à Saproville-sur-Mer.

Où l’on retrouve les thèmes chers à Michel Embareck – montages financiers opaques et collusion des élites provinciales – et son phrasé jubilatoire : « Tu me donnes des idées… Pourquoi pas le chalumeau sous les pieds ? Les vieux, c’est sec. Ça brûle mieux… ».

Personne ne court plus vite qu’une balle est un roman truculent dans lequel les scènes de baston contiennent souvent le bon mot qui fait marrer ; où la guerre du Vietnam est vue par Maï Nguyen, patriote non-communiste ; où Moreno fait parfois penser à Manu Chao ; où après Katrina, La Nouvelle-Orléans apparaît toujours aussi corrompue. A savourer avant le prochain qui arrive rapido !

Extrait

[…]
De Clouet ne la vit pas venir. Une bonne tartouille du plat de la main qui lui dévissa les cervicales d’un quart de tour. Il voulut se lever mais, le balayant par les chevilles, Victor fit basculer le poulet sur le plancher avant de l’enjamber et d’enfourcher son torse. En guise de bienvenue un marron lui fendit la pommette.
–    Savez ce que ça vaut de cogner un flic ? cracha DeClouet.
–    Faut qu’on retrouve le corps. Je connais un coin du bayou où les gators planquent leur garde-manger.
–    Désolé, Theryl, mon ami a pris un café en intraveineuse ce matin, s’excusa Turnbinton. Ça le rend turbulent.
–    Donc tes jean-foutre de neveux se tapent des plats cuisinés du Commander’s Palace ? poursuivit Victor. Catfish vapeur à trente-quatre tickets la portion ? Tu te fous de ma gueule ?
Les barquettes repérées dans la poubelle par le privé provenaient de la meilleure table de la ville. Là, sur Washington Avenue, dans un décor suranné, on servait cheesecake d’alligator, gumbo d’andouille et de canard, et même un formidable poboy sans la moindre parenté avec le casse-croûte étouffe-chrétien fourgués aux touristes du Vieux Carré en guise de spécialité historique.
–    Allez, Theryl, un effort sinon mon ami va te décalaminer la mémoire à la brosse métallique, pronostiqua Earl. T’as pas refermé la porte du logement de Moreno et, dans la nuit, t’es revenu avec un pote chourer les guitares ?
–    Non, non…
–    Chourer l’ordinateur ? Les ordinateurs ? Caméra ? Appareil photo ? Carte bancaire ?
–    Non, nooooooooo, gémit le flic à qui Boudreaux serrait le kiki en promettant de lui faire ingurgiter jusqu’au dernier haricot du Commander’s Palace.
Se ravisant, le privé intima à son complice de lui passer un cutter en déshérence au pied d’une télé elle-même en équilibre sur un tabouret.
–    Kool Aid ? s’étonna Turnbinton.
Les deux costauds conservaient l’habitude, dans les situations délicates, d’utiliser le Nam speak, argot codé des bidasses américains au Vietnam. L’aspect facétieux de la question – référence à une boisson pour enfants – dissimulait une belle réelle intention homicide.
–    Naaan, grogna Victor. Je vais gratter son tatouage. Ce mec porte préjudice au Firs’t Cav’ !
Se saisissant d’une chaussette abandonnée sous le canapé, il la fourra dans la bouche de la victime.
–    Serre les dents, garçon, comme on dit dans les westerns ! Ça risque de te chatouiller le nerf optique.
La lame commençait tout juste à poinçonner la peau, trois fois rien, une écorchure perlée de gouttelettes de sang, quand le Theryl DeClouet, cramoisi, à bout de souffle, fit signe de sa volonté à cracher le morceau.
–    Des lascars nous filent une somme selon ce qu’il y a à voler et on leur donne l’adresse.
–    Combien ? insista son tourmenteur.
–    Cinq cents.
–    Chacun ?
–    A deux.
–    Tu ne mérites vraiment pas le tatouage ! Un mot au commissariat et je te décape à la meuleuse.

  • Le berceau des ténèbres de Jean-Luc Bizien, éditions du Toucan, 496 pages. 20 €

Nota bene : La trilogie est disponible en poche depuis juin ! (L’évangile des Ténèbres, La frontière des Ténèbres et Le berceau des Ténèbres)

Evadé de Corée du nord grâce à son ami journaliste Seth Ballahan, Paik Dong Soo a tenté de se construire une nouvelle vie à New York, avec sa femme et son fils. Alors qu’il a sombré dans une grave dépression, des crimes odieux déciment la communauté chinoise. Crimes d’autant plus abjects que les victimes sont des enfants. La police newyorkaise est incapable de recueillir le moindre indice. Ancien officier du renseignement, Paik Dong Soo est contacté pour lui venir en aide.

Un rythme maîtrisé frôlant la perfection, des personnages très travaillés qui errent dans un labyrinthe dantesque, un suspense garanti. Je vous défie de réussir à lâcher ce thriller avant le point final ! Quel que soit le genre littéraire de ses œuvres, Jean-Luc Bizien est écrivain de talent. Maestro… quel régal !

Dernier tome de la Trilogie des Ténèbres, Le Berceau des Ténèbres fait apparaître un personnage issu d’Autre-Monde de Maxime Chattam. Saurez-vous le découvrir ?

Extrait

La cave était plongée dans les ténèbres. El bruit, quoique ténu, y était quasi perpétuel à présent. C’était une plainte étouffée, proche du gémissement sourd. Au fil des heures, les prières et les lamentations s’étaient muées en ritournelles enfantines.
« Sale petite vermine ! » s’agaça Ace en laissant entendre un claquement de langue courroucé. Sans doute la fatigue étourdissait-elle son prisonnier, qui délirait. Tête basse, poignets surélevés par les menottes, le garçonnet gisait sur le sol crasseux. Ses râles et ses pleurnichements irritaient au plus haut point Ace, qui dut se faire violence pour ne pas le châtier.
–    Tu devrais pourtant lui donner une bonne raison de se plaindre ! siffla une voix dans sa tête.
Ace eut un sourire amusé. Oui, ce serait agréable, mais contre-productif. Parfois, le plaisir était décuplé par l’attente…
–    Allez ! renchérit la voix en se faisant suave. Fais-toi plaisir.
La tentation était grande – distribuer quelques savantes punitions contraindrait au silence cet horripilant cafard…
Ace se sentit si près de succomber qu’il dut se mordre la lèvre inférieure. Lorsque des perles de sang roulèrent sur sa langue, il déglutit avec bonheur en goûtant le parfum âcre. Il aurait reconnu entre mille les saveurs de son propre sang alourdi par les substances…
–    Et les maladies ! ricana la voix.
The Ace s’ébroua.
Il ne fallait se laisser aller sous aucun prétexte. Le temps était compté et il restait encore tant de choses à faire ! Plus inquiétant : la bête rôdait aux frontières de sa conscience. Elle était là, guettant l’ouverture, l’instant précis où il baisserait la garde, où il manquerait de vigilance. S’il ne maintenait pas sa concentration, la créature surgirait. Elle prendrait le pouvoir… et c’en serait terminé de ses résolutions et de son projet.
Il se devait de tout mener dans les règles de l’art.
Si tel n’était pas le cas… il lui faudrait tout recommencer une fois de plus.
–    A d’autres ! tempêta la voix sous son crâne. Tu en crèves d’envie. Ne va pas inventer des excuses ! Ce ne seront pas les premiers, et sûrement pas les derniers !
Ace s’ébroua furieusement.
–    Ça n’est pas le moment ! lâcha-t-il, dans l’espoir de chasser la créature qui avait pris naissance dans son esprit embrumé. Dégage !
Il se rua vers sa mallette ouverte et y préleva un tube de verre. Il dut batailler un moment avec le flacon, car ses ongles extrêmement longs l’empêchaient d’agripper le bouchon. Il finit par l’ouvrir pour faire rouler deux gélules au creux de sa paume.
Il envoya voler sa main en direction de sa bouche d’un geste sec, goba les pilules et ferma les paupières. Il resta ainsi, immobile, recouvrant peu à peu le contrôle.
Les échos de la voix se firent plus faibles, plus distants. Quand le silence fut enfin de retour, The Ace put réorganiser ses idées. Rasséréné, il laissa fuser un ricanement. Au vrai, ce n’était JAMAIS le moment de perdre le contrôle, dans sa spécialité !
Il prit une profonde inspiration et s’efforça ensuite de vider totalement ses poumons. Puis il se concentra sur les appareils pour effectuer les nombreux branchements. Une moue circonspecte aux lèvres, il étudia l’enchevêtrement complexe des câblages avant de lâcher un grognement d’aise.
Tout irait bien !
La prise de son pouls était optimale, l’éclairage suffisant.
Du reste, même dans la pénombre, la minuscule caméra HD dont il disposait réalisait des prouesses. Ce gadget coûtait horriblement cher, mais le résultat était au-delà de toute espérance : Ace pouvait conserver des souvenirs fabuleux, sous le seul éclairage d’une bougie.
Il sourit aux anges. L’antique projecteur de photographe, installé avec minutie dans un coin de la pièce, serait idéal. A n’en pas douter, il obtiendrait un film impeccable, cette fois.
Une pièce maîtresse de sa collection.
Les yeux mi-clos, il balaya une dernière fois le décor et hocha la tête : il allait sous peu réaliser l’un de ses meilleurs films. On n’avait pas fini de parler de cette nouvelle démonstration de puissance.
Il tendit un doigt avec une certaine délectation…

Et pressa la touche « REC ».

  • Les Michetonneuses de Rose Emilie, éditions Don Quichotte, 456 pages. 19,90 €

Heaven Alighieri est trop belle pour être pauvre. Michetonneuse, elle est persuadée de ce principe. Pour subvenir à ses besoins, la jeune femme écume les soirées branchées de Paris, en compagnie de ses amies Anissa, Stéphanie et Maya : tout mâle est bon à prendre pourvu qu’il ait une carte Infinite Black. Un jour, Heavy décide de séduire N., le rappeur.

Rose Emilien a créé Meuf2City, son blog, en 2008. Les Michetonneuses est son premier roman.

Si vous ne maîtrisez pas le langage des cités, vous aurez du mal à lire ce livre, qui peut, du reste, choquer les lecteurs tant les personnages sont imbus de leur personne et sans scrupules dès lors qu’il s’agit d’obtenir de l’argent pour s’acheter un sac Channel, une paire de Louboutin ou une robe d’Azzeddine Alaîa.

La fin du roman aurait été différente, je m’interrogerais encore sur le message qu’il contient, si tant est qu’il en contienne un : à Paris, à condition d’être belles, certaines jeunes femmes passeraient leurs journées et leurs nuits à baiser des hommes pleins aux as, mariés ou pas, jeunes ou vieux, en espérant devenir riches et célèbres sans jamais avoir à travailler, quoi qu’il leur en coûte.

Alors que les femmes continuent à se battre au quotidien pour être reconnues comme des êtres humains capables d’agir et non pas comme des bouts de viande sans cervelle, écrire un livre prônant l’inverse jusqu’à sa toute fin ou presque, et réussir à le faire éditer, a de quoi étonner la femme et l’écrivain que je suis.

A lire, par curiosité.

Extrait

J’abuse de la générosité parce que ma plastique les rend fragiles. Dans la vie, y a deux types de gens : les enculés et leurs victimes. En toute humilité, j’espère bien appartenir à la première catégorie. C’est la seule façon de ne pas finir sur le carreau. Moi, je n’ai qu’un seul objectif ici-bas : être riche. Quoi qu’il en coûte en souffrance, en dignité et en amour. Je ne veux pas être cette Française moyenne dont l’existence ne vaut qu’un Smic et quelques APL. De toute façon, je suis au-dessus de la masse, je suis née pour briller. Dieu a été généreux avec moi. Je suis belle. A ce qu’il paraît même « trop belle ». Métisse aux yeux de chat, d’un vert bleu indécis, regard perçant, bouche pulpeuse, dents blanches, teint caramel, visage poupin, boule chargé sans trop de squats et une taille fine malgré mon amour pour la bouffe grasse. Cambrure héritée de mes gènes guinéens, ventre plat, abdos mais pas trop, petite poitrine, jambes charnues. On me qualifie souvent de bordel, d’engin, de frappe, de pétard, de bombe, de missile. Je suis forcément la moche de quelqu’un sur cette planète, mais pour l’instant il ne s’est pas manifesté. D’aussi loin que je me souvienne, on ne m’a jamais trouvée « banale » ou « vite fait ». En revanche, les qualificatifs : jolie, ravissante, charmante, magnifique, splendide, incroyable, je les ai souvent entendus. Trop, sans doute. Est-ce que la beauté est un piège ? Je me le demande. Une peur me ronge, que mes atouts se ternissent un jour. Je m’empresse d’amasser le plus de souvenirs et de diamants possible avant que des pattes d’oie viennent entourer mes yeux et que mes courtisans prennent le large. Cette année, je vais fêter mes vingt-cinq ans, un quart de siècle, et je n’ai encore rien accompli de notable. Je suppose que quelques coups de riens, des bouteilles de champagne ingurgitées en soirée, des sacs de marque par centaines, des photos de mode à moitié nue, deux, trois robes de grand couturier rangées dans ma penderie ne passeront pas à la postérité. Mais je suis jolie, ça immunise sans doute contre l’échec.

  • L’origine du monde de Philip Le Roy, éditions Cherche Midi, 480 pages. 19, 80 €

Sabbah Shabi, la jeune franco-syrienne, a fui la Syrie en dérobant trois preuves qui remettent en question 1400 ans d’histoire. Traquée, enceinte de quatre mois, elle trouve refuge dans le Nagaland, au sein de la confrérie du Serpent.

Après La Porte du Messie, quel plaisir de retrouver les personnages créés par Philip Le Roy ! L’auteur remonte ici aux sources de l’humanité et s’attaque à la plus grande des menaces : l’homme.

Il est à noter que ce roman est fondé sur des recherches historiques et archéologiques encore confidentielles. Mystique, charnel, ce livre développe un suspense des plus intenses avant d’aboutir à une fin inattendue. Passionnant !

A ajouter dans votre valise, son dernier roman : Marilyn X paru en mai chez le même éditeur.

  • Le lac de Yana Vagner, Mirobole éditions, 416 pages. 21,90 €
    Traduit du russe par Raphaëlle Pache

Au terme d’une longue fuite à travers la Russie ravagée par un virus mortel, Anna et ses dix compagnons de fortune – hommes, femmes, enfants – ont atteint leur but : un cabanon sur le lac Vogonzero, à la frontière finlandaise. Contraints à l’immobilité dans ce refuge sûr, ces onze personnes vont devoir apprendre à vivre ensemble, malgré les tensions permanentes, le froid polaire, le manque de nourriture, de ressources et d’intimité.

Yana Vagner a grandi au sein d’une famille russo-tchèque. Vogonzero est son premier roman.

Un huit clos rendu implacable par le jeu d’écriture de l’auteur. L’omniprésence du lac, du froid polaire, de la nuit d’hiver, des tensions palpables sont rendus obsédants, étouffants, éprouvants nerveusement par ce que nous confie Anna.

  • Viens avec moi de Castle Freeman Jr, Sonatine éditions, 192 pages. 17 €
    Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau

Lilian est devenue la cible de Blackway, le truand local. Son petit ami a fui, elle est restée. Elle est résolue à affronter celui qui la harcèle. Dans les fins fonds du Vermont, de bars clandestins en repaires de camés, Lilian, aidée d’un vieillard plein de ressources et d’un jeune homme baraqué mais pas très futé, part à la recherche de Blackway.

Castle Freeman Jr. narre cette histoire avec une virtuosité sans pareille. Ce récit qui se déroule sur quelques heures vous laissera un souvenir impérissable. Sous vos yeux vont se dresser un Vermont lugubre et une réalité violente et criminelle, celle qui règne dans une des régions les plus reculées d’Amérique.

Viens avec moi sera bientôt porté au cinéma avec Anthony Hopkins et Ray Liotta.

  • Projet Sin de Lincoln Child, éditions Ombres noires, 384 pages, 20 €
    Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabienne Gondrand

Jeremy Logan est un « énigmologue » mondialement connu pour résoudre l’insoluble. Abrité dans un vieux manoir du Rhode Island, l’institut de recherche Lux l’engage pour enquêter discrètement sur le suicide inexpliqué de Willard Strachey. Que s’est-il passé pour que cet homme s’en prenne à son assistante avant de se suicider ? Que contient exactement cette pièce dont Strachey avait entrepris la rénovation ?

A lire pendant les nuits d’orage. Pour augmenter votre frayeur !

Lincold Child est éditeur et auteur à succès de dizaine de thrillers écrits seul ou avec Douglas Preston. The forgotten room est le quatrième roman mettant en scène son nouveau héros, Jeremy Logan.

  • Le pacte des innocentes de Valérie Saubade, éditions Anne Carrière, 432 pages. 20 €

Blewbury est une paisible bourgade de l’Oxfordshire, connue pour son église du XIe siècle, ses parcs bucoliques et ses cottages champêtres. Le Domaine de Kay Fields, sa maison de retraite, accueille de riches pensionnaires en quête de calme et de sérénité mais aussi à la recherche d’amour. Suite à l’envoi de lettres anonymes, de vieilles dames sont assassinées. Nouvellement promue sergent, Karen Stanner, célibataire solitaire mal dans sa peau, va participer à l’enquête.

Très agréable découverte ! Valérie Saubade est on ne peut plus douée pour dépeindre l’atmosphère et des personnages complexes. Beau moment de lecture !

  • Aphrodite et vieilles dentelles de Karin Brunk Holmqvist, Mirobole éditions, 256 pages. 19,50 €
    Traduit du suédois par Carine Bruy

Tilda et Elida Svensson, 79 et 72 ans, célibataires et sœurs, vivent une vie paisible dans la maison de leurs parents. Elles font des confitures, vont à l’église et se couchent tous les soirs à la même heure, dans le canapé qu’elles déplient, après avoir retiré leurs dentiers.

Toute va changer quand arrive leur nouveau voisin, Alvar Klemens. Ayant aperçu son chat pris de frénésie sexuelle après avoir mangé une des plantes qu’Alvar cultive, les deux vieilles dames vont enquêter. Et monter un business clandestin.

Aphrodite et vieilles dentelles est bijou bourré d’humour ! K.B. Holmqvist est l’une des auteurs les plus populaires en Suède, ce qui n’a rien d’étonnant.

  • Les filles oubliées de Sara Blaedel, éditions Terra Nova, 320 pages. 21 €

Le corps d’une femme est découvert dans une forêt du Danemark. La cicatrice de son visage aurait dû permettre son identification mais personne n’a signalé sa disparition. Louise Rick, enquêtrice au Département des Personnes Disparues lance un appel à témoins.

Une femme âgée reconnaît la victime qu’elle a connu enfant. C’est Lisemette. Elle était internée dans un hôpital psychiatrique, abandonnée par sa famille. Lisemette avait une sœur jumelle. Seulement, toutes les deux sont censées être mortes depuis une trentaine d’années.

Sara Blaedel offre ici un thriller angoissant et paranoïaque. Une très belle réussite dont il serait dommage de se priver.

  • Les portes de l’enfer de Harry Crews, éditions Sonatine, 256 pages. 13 €
    Traduit de l’anglais par Patrick Raynal

Il ne se passe jamais grand-chose à Cumseh, petite ville de Géorgie, en dehors de la maison de retraite tenue par l’imposante Axel, le Club des seniors.

Un jour, trois nouveaux arrivants se retrouvent à la porte du Club des seniors : Sarah Nell Brownstein, amoureuse du masseur nain de la maison de retraite ; Bledsoe, représentant en entreprise de pompes funèbres ; Carlita Rojas Mundez, adepte du vaudou.

Roman court dont l’action est concentrée sur 24 heures, Les portes de l’enfer offre un tableau sans concessions de la condition humaine. Harry Crews ne nous épargne rien : misère sexuelle, abandon, solitude. Mais quel plaisir que cette tragi-comédie ! Irrésistible !

  • L’Agence Secrète d’Alper Caniguz, Mirobole éditions, 256 pages. 20 €
    Traduit du turc par Célin Vuraler

Musa, jeune rédacteur publicitaire se fait recruter à l’Agence Secrète par un étrange employeur : un chat. Au même moment, dans l’immeuble où il habite avec Saban, son colocataire dévot et passionné de magazines érotiques, l’Ecole du Bonheur Intergalactique ouvre ses portes. Cette école est bizarrement l’unique client de l’Agence Secrète.

L’Agence Secrète est un roman délirant où les personnages côtoient le Prince Charles et Superman. A mi-chemin entre le polar et le cartoon,  ce nouveau roman d’Alper Kamu est de la même veine que ses précédents : un dessert gourmand.

  • Larguées d’Hélène Bruller, Sophie Chédru, Véronique Grisseaux, éditions Hugo et Cie, 128 pages. 14,95 €

Trois copines qui se disent tout, partagent leurs doutes, leurs joies et leurs peines. Stella se fait larguer par son mec. Nico et Louise vont lui raconter leurs expériences. Elles aussi sont passées par là.

Certes, toutes les femmes ne se retrouveront dans Larguées, surtout au niveau de certaines vengeances, mais cette BD a le mérite d’oser raconter avec un humour au vitriol les semaines qui suivent une rupture amoureuses. Et hop, dans la valise !

  • Psychiko de Paul Nirvanas alias Pétros Apostolodis, Mirobole éditions, 214 pages. 19,60 €
    Traduit du grec par Loïc Marcou

Nikos Molochantis, jeune rentier désoeuvré est prêt à tout pour obtenir son quart d’heure de gloire. Lorsqu’une femme est retrouvée assassinée dans un quartier d’Athènes, il a la brillante idée de se faire passer pour l’assassin. La presse est fascinée par cette affaire et Nikos se retrouve sous les feux de la rampe mais proche de la guillotine. Ce qu’il n’avait pas prévu.

Paru en 1928 sous forme de feuilleton, Psychiko met en place une mécanique infernale. A découvrir.

  • Les amants maudits de Martial Maury, éditions Terre d’Histoires, 288 pages. 17,90 €

Dorliac est chef-lieu de canton du Périgord. Depuis quelques jours, un corbeau accuse le maire de corruption en évoquant le meurtre de Scipion, des décennies plus tôt. Antoine Berson, correspondant local de L’Hebdo du Périgord Pourpre, se retrouve mêlé à l’enquête.

Les amants maudits fait suite aux précédents romans de Martial Maury : Le secret des Restiac et L’héritage des Restiac. Secrets de village qui perdurent de génération en génération et se transforment, parfois, en haine tenace. La plume n’a rien d’exceptionnelle mais l’histoire se laisse lire.

Pour information, le livre que j’ai reçu contient une foule de coquilles. Serait-ce pour faire plus couleurs locales ?

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