TU.

Bloody words
14°C. Un vent fort et chaud souffle depuis hier. Les feuilles jaunes d’or des bouleaux s’accrochent encore aux branches malmenées. Je fume sur la terrasse, en jeans et en chaussettes. Mes cheveux détachés caressent et fouettent mon visage.

Génocide» de Srebrenica: la Russie oppose son veto
Quelque 8000 hommes et garçons musulmans ont été tués en juillet 1995 à Srebrenica, peu avant la fin de la guerre intercommunautaire de 1992-95. L’enclave de Srebrenica avait été déclarée zone protégée par l’ONU mais les Casques bleus néerlandais ont été incapables de la défendre. Il s’agit de la plus grave atrocité commise en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Jean-Paul II – 1995 à 2005
9 juillet 1995, un commando de la marine française neutralise le Rainbow Warrior II de Green Peace dans la zone interdite de Mururoa.
25 juillet 1995, à Paris, station Saint-Michel, une bombe explose dans la sixième voiture de la ligne B du RER (cet attentat, imputé aux terroristes islamiques, fait 7 morts et 84 blessés).
1er août 1995, à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), premiers raids aériens de l’OTAN sur des positions bosno-serbes.

11 JUILLET 1995 : LA MÉMOIRE DOULOUREUSE DU MASSACRE DE SREBRENICA
Printemps 1992 : Dès les premières semaines, le nord-est de la Bosnie passe sous contrôle des forces serbes. Des milliers de Bosniaques se réfugient dans l’enclave de Srebrenica.
16 avril 1993 : L’enclave de Srebrenica est proclamée « zone de sécurité » par les Nations Unies.
11 juillet 1995 : La ville tombe aux mains des forces serbes. Plus de 8 000 hommes bosniaques, âgés de 16 à 60 ans sont massacrés. Les femmes, les enfants et les vieillards sont expulsés vers Tuzla.
20 septembre 2003 : Inauguration du mémorial de Potočari
6 février 2007 : la Cour internationale de justice (CIJ), organe de l’Organisation des Nations Unies, qualifie le massacre « d’actes de génocide ». Elle considère cependant que la Serbie n’est pas responsable de ce génocide, même si elle n’a rien fait pour l’empêcher.
Juin 2007 : une plainte est déposée par le cabinet d’avocats Van Diepen & Van der Kroef, au nom des survivants et parents des victimes de Srebrenica, contre les Pays-Bas et les Nations Unies pour non-respect d’obligations contractuelles, « échec à prévenir un génocide » et « non-déclaration de crimes de guerre ».
26 mai 2011 : Ratko Mladić, le « boucher de Srebrenica » est arrêté dans le nord de la Serbie.
16 juillet 2014 : Saisie par l’association Les mères de Srebrenica, la justice néerlandaise juge les Pays-Bas coupables de la mort de 300 Bosniaques à Srebrenica.
16 avril 2015 : Première visite officielle du président de la Republika Srpska, Milorad Dodik, au mémorial de Potočari.

L’attentat d’Oklahoma City – la réponse de l’Amérique profonde à Waco
Le 19 avril 1995, un sympathisant du mouvement des miliciens nommé Timothy McVeigh, avec la complicité de Terry Nichols, détruisit à l’explosif le bâtiment fédéral Alfred P. Murrah dans le centre-ville d’Oklahoma City. Ce fut l’acte terroriste le plus important aux USA jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001, avec la mort de 168 personnes et plus de 680 blessés. L’explosion a détruit ou endommagé 324 bâtiments dans un rayon de seize km et souffla les vitres de 258 bâtiments

Le FBI embarrassé par le cas McVeigh
28 mai 2001
L’un des documents du FBI récemment mis à disposition des avocats de Timothy McVeigh, 33 ans, condamné à mort pour l’attentat d’Oklahoma City, le 19 avril 1995, qui avait fait 168 morts et plusieurs centaines de blessés, remet en question des preuves utilisées pour discréditer un témoin qui avait affirmé avoir vu Timothy McVeigh en compagnie d’un autre homme une heure avant l’attentat, selon un rapport récent. 

Max, commando marine : « Soit tu progresses, soit tu dégages »
Max est entraîné pour sauter en parachute en pleine nuit, palmes au pied, barda encordé et fusil d’assaut en bandoulière. Puis à rester plusieurs heures sous l’eau, avant de débarquer et d’entamer une incursion nocturne de 50 km en « zone hostile ».
Son corps est son outil de travail, qu’il passe beaucoup d’heures à muscler et endurcir avant de le mettre à l’épreuve sur le terrain.
Le jeune homme est commando marine depuis près de dix ans. Ils sont seulement 450 à exercer ce métier en France, sous la direction du commandement des opérations spéciales (COS). Ces hommes sont l’équivalent français des Navy Seals – les soldats d’élite américains qui ont éliminé Oussama Ben Laden le 2 mai 2011 au Pakistan.
Max est multi-qualifié : en tant que marin, il dispose du permis hauturier, mais il est aussi parachutiste, tireur d’élite, spécialiste de la démolition et secouriste.
« Les commandos marine sont le fer de lance des forces spéciales. Nous sommes les seuls à pouvoir évoluer dans les trois milieux : terre, air, mer. »

Installée derrière son écran, l’écrivain peinait à avancer dans l’écriture d’une scène de son manuscrit. Elle relisait ses notes en diagonale, plusieurs feuillets noircis d’informations pertinentes qui lui permettaient de ne pas s’égarer sur certains faits précis. Pour le reste de l’histoire, nul besoin de ressortir ses fiches. Elle connaissait ses personnages par cœur. Elle était ces personnages, 24h/24. Ou presque. Pour l’heure, un homme aux yeux bruns envahissait son esprit.

Elle s’était installée sous le châtaigner. A portée de main, un paquet de Benson & Hedges neuf. Du thé vert refroidissait dans une tasse. Les morceaux de gingembre frais avaient teinté d’orangé le restant du breuvage oublié. Elle croisa et décroisa les jambes. A plusieurs reprises, ses pieds nus froissèrent l’herbe fraîchement tondue. Signe qu’elle était perdue. Enervée. Décidément, cette scène allait passer à la trappe. A quoi bon se torturer les méninges quand le corps réclame ? A quoi bon se mentir ? Elle l’avait dans la peau. Dans la tête.
Son attention fut attirée par un mouvement, là-bas. Reposant ses notes, elle scruta l’endroit où elle avait perçu un déplacement. Sourit. L’homme-loup était entré dans le bois. Retirant les écouteurs de ses oreilles, elle capta le bruit caractéristique d’un merlin abattu avec force sur des bûches de trop gros diamètre. Son envie de lui se décupla. Mentalement, elle visualisa ses gestes. Concentré, les sourcils froncés, le geste sûr, il levait les bras haut et rabattait l’outil d’un geste ample. Les bûches volaient du billot. Il les empilerait plus tard.
Elle se retint d’aller le retrouver. Oh elle pourrait se rapprocher et le mater à loisir mais non. L’attente aiguisait son plaisir. De nouveau un sourire illumina son visage alors qu’elle repensait à ses mots « Arrête ! Je bande… Et j’aime te faire bander. » La réciproque était vraie. Oui. Elle bandait pour lui, parfois à en avoir mal.

D’un geste vif, elle réajusta les écouteurs et Chopin la pénétra. Les yeux fermés, l’écrivain s’abandonna à son désir de lui. Ses mains retroussèrent sa robe, haut sur ses cuisses écartées. Le vent doux caressait son sexe nu offert aux rayons du soleil. Elle ne se touchait pas. Indécente, elle savourait Les Nocturnes qui s’enchaînaient, la chaleur qui l’envahissait autant que les images érotiques de lui qui l’inondaient. Dans ses oreilles, l’interprète égrenait avec doigté les courtes pièces. La tête renversée, l’écrivain rêvait des gestes de l’homme, des caresses de son loup. De leurs deux corps emmêlés et enfiévrés.
Son corps réagissait aux simulations mentales.
Elle sentit sa mouille couler jusqu’à ses cuisses, sa raie. Frissonna du plaisir de l’attendre. « Un jour, tes mots ne suffiront plus ! » Les tiens non plus lui avait-il répondu. Ils avaient osé jouer avec le feu.

Elle gémit et ouvrit les yeux sur lui, à ses genoux. Il avait posé sa bouche sur son sexe gonflé et moite et sa langue, Dieu, sa langue.
Elle lui prit le visage, plongea ses yeux dans son regard brun.
— Attends !
— Non.
— Si. Attends ! Je veux lécher ta peau. Te goûter. M’enivrer de toi.
— Moi aussi ! TU !
D’autorité, elle se pencha vers lui, s’agenouilla et, tout en lui plaçant ses écouteurs sur les oreilles, elle lécha son cou humide de transpiration. De suite il ferma les yeux, ses mains collées à son cul, ses doigts glissant entre sa raie, s’enfouissant en elle.
— TU !
— Copieuse. TU… Chopin…
— Bandant. Terriblement bandant. Sensuel. TOI… Tue-moi… mais prends tout ton temps.

  Photographie de couverture ©Akiomi Kuroda

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