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	<title>Impudique Magazine</title>
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	<pubDate>Sun, 22 Aug 2010 09:13:45 +0000</pubDate>
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		<title>Surhumain de Thierry Brun</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Aug 2010 09:13:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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Biographie :
Thierry Brun vit en région parisienne. Dans ses polars, il aime contester la normalité et déranger les consciences. Il a déjà publié deux romans : L&#8217;ombre d&#8217;une chance (chez Bouquinstinct 2005) et Attache ton gilet pare-balles, ma puce (chez Nykta 2008). PLON a décidé que Thierry Brun ferait partie de sa toute jeune collection Nuit Blanche. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/surhumain.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10098" title="surhumain" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/surhumain.jpg" alt="" width="400" height="647" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Biographie</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Thierry Brun</strong> vit en région parisienne. Dans ses polars, il aime contester la normalité et déranger les consciences. Il a déjà publié deux romans : <em>L&#8217;ombre d&#8217;une chance</em> (chez Bouquinstinct 2005) et <em>Attache ton gilet pare-balles, ma puce</em> (chez Nykta 2008). PLON a décidé que <strong>Thierry Brun</strong> ferait partie de sa toute jeune collection Nuit Blanche. Et c&#8217;est tant mieux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extraits</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Asano.<br />
</em><em>Journal. Futures cendres.<br />
</em><em>« Je viens d&#8217;âges maudits, de serments oubliés, de charniers, de croyances éclairées par les bûchers. Je suis pressé. Je m&#8217;accomplirai quand je ne me contenterai plus de laisser ma vie se détruire, chaque seconde qui passe.<br />
</em><em>Ma volonté est sans faille et de jour en jour plus impatiente. Je pourrais renoncer. Certainement pas pour le groupe, troupeau bêlant, mais pour moi.<br />
</em><em>Ma quête m&#8217;épuise. Me dévore. J&#8217;aime l&#8217;image de la dévoration. De ces vies, qui se cachaient derrière le paravent hum, bourbier animal millénaire. Je leur ai permis de s&#8217;affranchir. Leur condition était dépourvue de grandeur.<br />
</em><em>Moi, le dévoreur, j&#8217;ai accédé. Accédé. Marche par marche. Ma trajectoire impose la solitude. Je me dois de n&#8217;épargner personne, et, en premier lieu, moi-même. Je ne désire ni le repos ni le bonheur. La joie m&#8217;est étrangère. Pour avancer dans ce trajet, j&#8217;ai fait le choix du détachement, de l&#8217;ascèse, d&#8217;éradiquer les plaisirs futiles qui font tourner en boucle les êtres communs.<br />
</em><em>Tendre vers l&#8217;Ekstasis. J&#8217;ai lu à ce sujet. Je sais que je parle de déification. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">[...]</p>
<p style="text-align: justify;">Béatrice chiffonna le paquet de cigarettes, glissa la dernière entre ses lèvres.<br />
Sa main tremblait. La décoction de rachacha faisait son effet. Si elle voulait vivre encore quelques années, elle devrait arrêter de fumer cette merde. Sale habitude prise avec son tout premier amant. Elle se planta devant la fenêtre. Les yeux dans les yeux avec son reflet. Le regard fiché droit devant. Froidement. Un arrêt. Visage fatigué, fragilisé à force de tensions, d&#8217;espoirs perdus, d&#8217;inquiétudes.<br />
La jeune femme revit la face rougeaude de son boss, le commissaire divisionnaire Sertier, sa suffisance ennuyée, son agressivité, sa panse rebondie sous son costume. Digne représentant de cette grande institution qu&#8217;est la police criminelle.<br />
«  <em>Les ordres viennent de très haut.</em> »<br />
Oui. De très haut. Là où l&#8217;air se mérite, se raréfie à mesure qu&#8217;on grimpe les étages.<br />
«  <em>J&#8217;ai proposé votre nom. Je sais, je sais, je ne vous ai pas demandé votre avis. Si on devait écouter tout le monde, on n&#8217;avancerait pas. Bon, je ne vous cache pas que votre candidature ne fait pas l&#8217;unanimité. J&#8217;ai dû batailler.</em> »<br />
Il avait exposé les faits en la fixant, avec cette lueur dans les yeux qui la défiait de se rebeller :<br />
«  <em>Mettre fin au règne d&#8217;Alfred Gruz avant qu&#8217;il ne s&#8217;évanouisse dans la nature. Pour cela, dresser la liste des prétendants à la reprise de ses affaires, les laisser se découvrir. La rumeur veut que monsieur le Caïd s&#8217;apprête à bazarder ses réseaux de cames, ses putes et ses trafics. On n&#8217;a jamais eu assez de preuves tangibles contre lui. Il nous a toujours filé entre les doigts. Cette fois, ses appuis politiques ne lui seront d&#8217;aucun secours. On va préparer un coup de filet sans précédent. C&#8217;est une opération d&#8217;envergure nationale. Toutes les polices sont sur le pied de guerre. On ne veut pas d&#8217;un second empire, si j&#8217;ose dire !</em> »<br />
Béatrice avait ricané, « récupérer les archives du vieux caïd avant les autres » eût été une meilleure explication de sa mission. Le gros lourdaud avait pris la peine de la mettre en garde :<br />
«  <em>Nos indics pataugent. Vous serez seule. En taupe. Il n&#8217;y aura pas de dossier, pas de note, pas de procès-verbal. Juste un topo par mis, dans un lieu public pour nos réunions. On travaillera en direct. On devra impérativement rester en contact. Pas d&#8217;exception. Vous devrez improviser, si nécessaire, et gérer les merdes, même graves. Sauf si vous êtes grillée. Dans ce cas seulement vous rentrerez au bercail. Ce sera très dangereux, Béatrice, je ne vous le cache pas&#8230; Vous pouvez refuser&#8230;</em> »<br />
<em>Ils</em> n&#8217;avaient rien trouvé de mieux que de l&#8217;envoyer à l&#8217;abattoir. Infiltrer le gang. <em>En douceur</em>. Les intouchables, industriels et financiers du Tout-Nancy redoutaient les conséquences d&#8217;un départ du vieux caïd. Des noms circulaient déjà dans les couloirs du palais de justice. Les rumeurs enflaient. Elles n&#8217;épargnaient personne.<br />
« <em>Une couverture en béton. On l&#8217;a préparée sérieusement. Aux petits oignons. Désolé pour votre réputation, mais faut ce qu&#8217;il faut. Carrière atypique, à la dérive&#8230; Gruz vous contactera certainement d&#8217;ici peu. Votre profil correspond à ses habitudes et surtout à ses besoins actuels. C&#8217;est un homme d&#8217;action. Les temps changent. Son équipe n&#8217;est pas taillée pour le futur chantier que le vieux met en place. Vous êtes diplômée, des compétences financières validées par la Faculté. On fait déjà courir le bruit que vous êtes border line&#8230; </em>»<br />
« <em>Vous pouvez refuser&#8230;</em> »<br />
Tu parles !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé </strong>:</p>
<p style="text-align: justify;">A 70 ans, Alfred Gruz, chef de la pègre de Nancy, souhaite passer la main. Ce qui ne va pas sans déchaîner les envies d&#8217;ascension de certains. Sertier demande à Rapaic de s&#8217;infiltrer dans l&#8217;équipe de Gruz. Dans cette ambiance de guerre des gangs, surgit Asano, tueur implacable, expert en maniement du sabre. On le dit surhumain.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Bien que <em>Surhumain</em> soit le troisième roman de <strong>Thierry Brun</strong>, c&#8217;est le premier que je lis de cet auteur. <strong>Extase</strong>. Cela vous paraît beaucoup trop fort ? Si vous avez le cran de descendre au milieu des noirceurs humaines, lisez, vous m&#8217;en parlerez ensuite.</p>
<p style="text-align: justify;">Ecriture au scalpel. <strong>Brun</strong> ne s&#8217;embarrasse pas de fioritures. C&#8217;est du direct dans les tripes. J&#8217;ai beau encore chercher mais non : tous les personnages de ce polar plus noir que noir sont barges. Et pourtant, tous sont attachants. Bien sûr, j&#8217;ai mes préférés : Rapaic et Asano. La faute à ce jeu de séduction qui va s&#8217;installer entre eux ? Peut-être. A cette question qui, pour moi, reste sans réponse aussi : qui est la proie de l&#8217;autre ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Surhumain</em>, <strong>c&#8217;est très noir, très rouge et très blanc</strong>. Attention, le lire, c&#8217;est devenir <strong><em>addict</em></strong>.<br />
Bien. Il est temps de réclamer : monsieur <strong>Brun</strong>, si vous pouviez <strong>me</strong> raconter la suite des aventures d&#8217;Asano. Tant qu&#8217;à faire&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Surhumain, Thierry Brun, éditions PLON 18,50 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>Le Sang du Christ de Frédéric Mars</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Aug 2010 14:07:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
Frédéric Mars, né en 1968, vit entre Paris et l&#8217;océan Atlantique, entre ses travaux de scénariste TV et son univers romanesque, ébauché avec Son parfum et développé avec L&#8217;amour est une femme. Il voue une passion pour tout ce qui touche à la communication hommes/femmes et en particulier aux modes d&#8217;échange non-verbaux (sensoriels, sensuels, etc.).
Dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/sang-du-christ.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10093" title="sang-du-christ" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/sang-du-christ.jpg" alt="" width="417" height="640" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Frédéric Mars</strong>, né en 1968, vit entre Paris et l&#8217;océan Atlantique, entre ses travaux de scénariste TV et son univers romanesque, ébauché avec <em>Son parfum<em> </em></em>et développé avec <em>L&#8217;amour est une femme. </em>Il voue une passion pour tout ce qui touche à la communication hommes/femmes et en particulier aux modes d&#8217;échange non-verbaux (sensoriels, sensuels, etc.).<br />
Dans une autre vie professionnelle, il a aussi été journaliste, photographe, &#8220;nègre&#8221; et auteur (sous d&#8217;autres patronymes) de nombreux essais, documents et livres pratiques.<br />
Quand il n&#8217;écrit pas il lit, et vice versa. Ou alors, c&#8217;est qu&#8217;il est au cinéma&#8230;<br />
Il reconnaît qu&#8217;il arrêterait tout pour (y compris écrire pendant quelques instants) pour le plaisir de goûter un sorbet aux fruits rouges.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Au commencement était le sang.</p>
<p style="text-align: justify;">Et du sang, il y en a partout, maintenant.<br />
Ils n&#8217;en ont jamais vu autant. Un sang épais, visqueux, qui jaillit de sa gorge et roule sur toutes les surfaces avec l&#8217;avidité lourde d&#8217;un métal précieux. Il brille sous la lueur des torches. Un sang rubis. Un sang de vigne rare. Le sol de l&#8217;étable, une terre battue sèche et sablonneuse, a beau le boire, le flot semble intarissable. Il en coule tant que, s&#8217;ils n&#8217;étaient si concentrés sur leur office, ils pourraient croire à un nouveau prodige.<br />
Le sang appelle le sang.<br />
Le sang en veut toujours plus. Et ils voient dans cette abondance le signe qu&#8217;ils ne se sont pas trompés. Il fallait bien en passer par là. En passer par lui. La source de tout, qu&#8217;ils vont tarir pour lui offrir, enfin, la seule abondance qu&#8217;il mérite.<br />
C&#8217;est son sang versé, ils le savent, ils le comprennent de leurs yeux maintenant, qui va le faire <em>sortir au jour</em>, révéler son nom secret, le mettre pour tous et pour toujours dans la lumière.</p>
<p style="text-align: justify;">Le moins costaud des deux assiste l&#8217;autre. Ils ont déposé dans la large mangeoire le corps inerte. Comme on retire la peau de l&#8217;agneau, ils l&#8217;ont déshabillé. Vêtement après vêtement. Son manteau. Puis sa tunique. Ce n&#8217;est plus qu&#8217;un amas blafard, recroquevillé. Lui qui est pourtant si beau. Ses traits réguliers. Ses cheveux longs et soignés. Pas le moindre défaut sur sa peau, pas la moindre tache. Aussi pur qu&#8217;un nouveau-né.<br />
Bientôt, il n&#8217;est restera plus rien.<br />
- <em>Schlama</em>, au revoir mon frère, murmure l&#8217;une des deux ombres en posant sa main sur le front ensanglanté.<br />
Il porte sur la face l&#8217;un de ces grands foulards bleus qu&#8217;affectionnent les hommes du désert, marchands nabatéens dont on devine que les yeux, piqués par les vents et le sable. L&#8217;autre encapuchonné, le visage dissimulé sous sa cloche de tissu, tressaille un instant. Ce n&#8217;est pas un remords, non, c&#8217;est une émotion qui le submerge.<br />
<em>Si quelqu&#8217;un te prend ton manteau, donne-lui encore ta tunique.<br />
</em>Il entend résonner la voix grave et douce de sa victime. Chasser ces images, ces paroles, cette voix&#8230; Surtout ne pas perdre de vue le pourquoi de tout cela. A lui ils ont tout pris, mais le lui rendre au centuple, ils en sont convaincus.<br />
Il reprend la lame qui a entaillé le cou, d&#8217;une main tremblante. Sa pointe rouge et or luit sous le flambeau que brandit son acolyte. Il connaît les gestes, bien sûr. Mais jamais la bête à sacrifier n&#8217;a eu cette apparence-là. Ni cette importance.<br />
<em>Pourquoi faut-il que ce soit justement lui le premier ? Pourquoi l&#8217;ont-ils choisi ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">A pleines mains, ils saisissent tous deux l&#8217;extrémité de la mangeoire, creusée dans un tronc plein, et l&#8217;orientent ainsi que le dicte la coutume : au septentrion la tête, du côté du feu qui bientôt le consumera ; à l&#8217;opposé les pieds, vers la terre qui l&#8217;avait porté ; à l&#8217;orient le dos caressé par le souffle léger qui filtre par l&#8217;ouverture de l&#8217;étable ; à l&#8217;occident le visage tourné vers la mer, vers le couchant.<br />
Alors, comme le prêtre sacrificateur de la Pâque, l&#8217;homme à la capuche impose ses mains sur la tête livrée à sa merci. Le visage déjà livide contraste avec le carmin du fluide vital. Une seconde suffira à ses paumes pour établir le contact, libérer l&#8217;âme du défunt. L&#8217;œil exalté, il considère avec fierté ce modeste et suprême véhicule, cet outil de leur liberté. La seule qui compte vraiment.<br />
Le geste sûr, désormais. Il plonge sa longue <em>sica</em> là il pense trouver le cœur. Voilà, la résistance est faible, ce doit être là. Le couteau s&#8217;enfonce sans peine dans la poitrine. Il est temps d&#8217;abréger sa souffrance. Ils sont ici pour le tuer, pas pour le torturer.<br />
Un bruit au-dehors fige sa main. Le pas sourd des soldats qui se pressent sur le chemin. Puis le cliquetis de leurs armes. C&#8217;est eux, déjà ! Ils seront là dans une minute à peine. Il n&#8217;aura pas le temps d&#8217;achever le rituel comme il  le voudrait. Il n&#8217;élargira pas le sillon ébauché ; il ne séparera pas le torse en deux immenses quartiers de viande. Car il n&#8217;est que ça sous sa lame, comme lui, comme nous tous : une vulgaire carne à découper.<br />
<em>Pourquoi reviennent-ils si tôt ? Que s&#8217;est-il passé ?</em> L&#8217;ombre masquée saisit le poignet du sacrificateur.<br />
- Viens ! Il faut partir ! S&#8217;ils te voient&#8230;<br />
- S&#8217;ils me voient ? Ils finiront bien par le voir, ce visage&#8230; l&#8217;un aprèsl&#8217;autre. Tout le monde !<br />
- Viens ! rétorque l&#8217;autre dans un souffle.<br />
Le porteur du couteau se défait un bref instant de son emprise. De sa main libre, il arrache à son cou un pendentif doré. Une forme géométrique, creuse. Il passe l&#8217;objet métallique dans la flamme de la torche, juste assez pour le chauffer sans le faire rougir puis, comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un sceau, ou d&#8217;un poinçon, il l&#8217;applique sur le front de l&#8217;agneau sacrifié.<br />
Sur le visage en sang, le métal brûlant crépite d&#8217;une manière étrange, projetant mille flammèches. Un amadou céleste semble y avoir été jeté. Mais très vite il fait son œuvre, boursouflant les chairs, apposant à jamais sa marque. Jetée à terre, la torche fait un grand festin encore de la poussière et de la paille. Un souffle, et le sol s&#8217;embrase. Bientôt, c&#8217;est un temple de flammes qui devient le théâtre de leur sinistre pantomime.<br />
- Un instant ! rugit l&#8217;homme à la capuche, dans le feu qui gronde déjà autour d&#8217;eux.<br />
- Quoi encore ?<br />
- Il faut bien orienter la mangeoire.<br />
Il n&#8217;est plus temps d&#8217;argumenter. Une poutre entamée par le feu s&#8217;abat entre eux deux, dans un ronflement strident. Menaçant. La paille qui ne brûlait pas encore s&#8217;enflamme aussitôt. L&#8217;homme au foulard aide l&#8217;autre à faire pivoter la mangeoire de bois. Un peu moins d&#8217;un demi-tour. Ils considèrent leur œuvre et échangent un regard satisfait.<br />
Bientôt, tout sera accompli&#8230;<br />
Quand la troupe atteint le bâtiment embrasé, hurlant le feu comme la gueule de l&#8217;enfer, les deux ombres ont disparu. La grange ne peut plus être approchée, soleil de nuit qui repousse l&#8217;intrusion.<br />
A l&#8217;intérieur, l&#8217;homme supplicié a ouvert les yeux, baignés des larmes de sa douleur. Il n&#8217;avait pas envisagé sa mort comme ça. Pas ici. Cette mort cachée, secrète, inutile. La lueur aveuglante autour de lui se confond avec ses souvenirs du désert. Des images d&#8217;enfance dansent dans les flammèches. Le sable à perte de vue. Des chameaux. Une chapelle à ciel ouvert, inondée de soleil. Des mots psalmodiés qui bourdonnent dans l&#8217;air, gros insectes qui apaisent plus qu&#8217;ils n&#8217;agacent, jusqu&#8217;à une transe où tout se fond.</p>
<p style="text-align: justify;">Il lui reste un souffle à vivre.<br />
Et lui seul connaît l&#8217;identité de ceux qui l&#8217;ont tué.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">An 30 de notre ère, 6 jours avant la Pâque juive.<br />
A Béthanie, dans une ferme proche de Jérusalem, un homme est assassiné selon le rituel du sacrifice de l&#8217;agneau pascal. Sur son front, un triangle isocèle. Ce mort, ses frères le reconnaissent comme Jean de Gamala, leur frère aîné disparu depuis 15 ans. L&#8217;héritier du trône de David.<br />
Accusé du crime, Jacques le Scribe, secondé par sa nièce Sara, piste le meurtrier. De Qumran à Magdala, d&#8217;initiation en surprises, ils vont pourchasser celui qui deviendra le premier tueur en série de l&#8217;Histoire alors que les provocations d&#8217;un certain Jésus de Nazareth ne cessent d&#8217;agacer les autorités juives et romaines.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Wow !<br />
Wow ! Wow !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Sang du Christ</em> est le fruit de quatre années de travail dixit l&#8217;auteur <strong>Frédéric Mars</strong> qui précise : « J&#8217;ai fondé mon hypothèse romanesque, celle qui cherche à combler le vide historique des « années secrètes » de Jésus, sur deux textes essentiels : <em>L&#8217;Evangile de Judas</em> et <em>L&#8217;énigme de Jésus </em>(Daniel Massé, 1926).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Sang du Christ</em> est un thriller historique provoquant. La plume de <strong>Frédéric Mars</strong> est savante sans être pédante (les citations du chapitre 4 sont toutes extraites de l&#8217;<em>Apocalypse</em> <em>de Jean</em>). L&#8217;intrigue est palpitante : jusqu&#8217;à la dernière seconde j&#8217;ai espéré que Jacques le Scribe réussirait à stopper la folie de son frère, Barabbas alias Jean le Baptiste. Certaines scènes décrites m&#8217;ont fait penser au film de Mel Gibson, <em>La Passion du Christ</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Qui était réellement Jésus de Nazareth ? Le fils du père, donc Bar Abbas ? Où a-t-il vécu avant d&#8217;apparaître soudainement publiquement ? Qu&#8217;a-t-il bien pu faire pendant toutes ces années précédant son enseignement ? De qui ce Rabbi détenait-il son savoir ? Et si le Jésus dont parlent tous les catholiques n&#8217;était pas celui qu&#8217;ils croient ? Autant de questions que <strong>Frédéric Mars</strong> a réussi à tourner, retourner et contourner au point de créer une œuvre saisissante et iconoclaste. Ambitieux, <strong>Frédéric Mars</strong> ? Talentueux, sans aucun doute. Quant à son roman, <em>Le Sang du Christ</em>, s&#8217;il devenait un livre culte, je n&#8217;en serais pas surprise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Sang du Christ, Frédéric Mars, éditions Michel Lafon 418 p. 21,90 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>Sang pour Sang de Gipsy Paladini</title>
		<link>http://www.impudique.net/2010/08/sang-pour-sang-de-gipsy-paladini/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Aug 2010 16:31:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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Extrait :
Il jouit au moment même où les phares d&#8217;une voiture qui passait dans la rue illuminèrent son visage. Ça le rendit heureux. Il se dit que quant à choisir une manière de mourir, il aimerait bien que ce soit comme ça : en plein orgasme avec une lumière aveuglante qui l&#8217;emporterait. Il se retira avec un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/sang-pour-sang.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10087" title="sang-pour-sang" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/sang-pour-sang.jpg" alt="" width="300" height="430" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait </strong>:</p>
<p style="text-align: justify;">Il jouit au moment même où les phares d&#8217;une voiture qui passait dans la rue illuminèrent son visage. Ça le rendit heureux. Il se dit que quant à choisir une manière de mourir, il aimerait bien que ce soit comme ça : en plein orgasme avec une lumière aveuglante qui l&#8217;emporterait. Il se retira avec un soupir et s&#8217;avachit sur le côté droit du lit poisseux. Les premiers symptômes de sa gueule de bois s&#8217;attaquèrent à son crâne mais, à ce moment précis, il ne s&#8217;agissait encore que d&#8217;un souci insignifiant. Il devait sourire bêtement parce qu&#8217;elle se mit à le regarder d&#8217;un air méchant :<br />
- Je te fais marrer ? aboya-t-elle.<br />
Elle arracha la moitié du drap en se leva et claqua la porte de la salle de bain derrière elle. Il préféra éluder la question, ragaillardi par cette rêverie au sujet de la mort.<br />
Encore enlisé dans ses pensées chimériques, Al Seriani se grilla une cigarette, tira longuement dessus en plissant les yeux et consulta sa montre. Cinq heures du mat&#8217;. Il se leva à son tour pour regarder par la fenêtre.<br />
« C&#8217;est beau une ville la nuit », se dit-il. La grisaille des bâtiments décrépis s&#8217;atténuait grâce à l&#8217;obscurité et le reflet de la lumière diffuse des réverbères. Les quelques arbres qui s&#8217;agrippaient désespérément à la ville faisaient vibrer les feuilles au rythme du vent, ce dernier émettant par intermittence un long sifflement, comme une plainte continue. On apercevait des ombres fuyantes qui se découpaient sur les trottoirs, les murs, les voitures ; des silhouettes mystérieuses qui nous auraient peut-être rebutés vues en plein jour.<br />
Al aimait le silence de la nuit. Il aimait ses gens aussi : les petites frappes qui n&#8217;hésitaient pas à pointer leur nez, les dealers qui dormaient toute la journée et arpentaient les rues une fois l&#8217;obscurité tombée, à la recherche de nouveaux clients. Il aimait les cris surgis de nulle part, les hurlements des chiens, les gamins qui pleuraient, les alcooliques qui refaisaient le monde. Il aimait les putes aussi, les filles de la nuit, qui fréquentaient ces mêmes petites frappes, dealers et autres paumés comme lui.<br />
Penser qu&#8217;il était un paumé le fit marrer. Plutôt un homme sans but, quelqu&#8217;un qui avait baissé les bras, qui ne cherchait plus un quoi et comment, et qui se laissait voguer au rythme des années sans chercher à se défendre. Un type qui refusait de trop penser et s&#8217;efforçait de parer aux mois qui s&#8217;abattaient violemment sur lui.<br />
Après un dernier regard à un clochard qui chantait <em>o sole mio </em>en appelant une certaine Mary, qu&#8217;il jurait d&#8217;aimer toute sa vie si seulement elle voulait bien lui daigner un regard, Al retourna se vautrer sur le lit qui se plaignit en grinçant. Il était d&#8217;excellente humeur, ce matin-là. Une brise joviale soufflait paisiblement dans son cœur.<br />
Ça allait être une bonne journée.<br />
Un sourire au bord des lèvres, il se tourna du côté de la salle de bain. La porte était toujours fermée.<br />
- Tu te fais une beauté, lapin ?<br />
Un silence méprisant lui répondit.<br />
- Sheila, ne sois pas comme ça&#8230; viens me rejoindre !<br />
Une érection pointait déjà son nez.<br />
- Sheilaaaaaaaaaaaaaa, continua-t-il d&#8217;une voix caressante.<br />
Toujours pas de réponse. Il se redressa, impatient.<br />
- Merde, Sheila, qu&#8217;est-ce que tu fous ?<br />
La porte s&#8217;ouvrit violemment. Sheila, qui s&#8217;était rhabillée, le regardait les sourcils froncés.<br />
- T&#8217;es défoncé ou quoi ? Qu&#8217;est-ce qui te prend de miauler comme ça? On dirait une putain de chat en chaleur.<br />
Al sentit les os de sa mâchoire craquer lorsqu&#8217;il grimaça.<br />
- Voilà où mène la gentillesse, marmonna-t-il en se redressant.<br />
Sheila rejeta la tête en arrière pour s&#8217;étouffer dans un rire forcé.<br />
- Gentil&#8230; toi, Al ?&#8230; Même si tu voulais être gentil, tu pourrais pas. c&#8217;est pas dans ta nature. Toi, t&#8217;es pourri de l&#8217;intérieur, t&#8217;es&#8230;<br />
Le sifflement du poing qui lui passa à quelques millimètres du visage l&#8217;interrompit subitement. Son deuxième réflexe ne fut pas assez rapide. Elle se sentit sauvagement tirée à l&#8217;arrière par les cheveux. Elle gémit lorsqu&#8217;elle atterrit sur le lit et se mit aussitôt à brailler.<br />
- Arrête ! siffla-t-il entre ses dents. Arrête !<br />
Elle n&#8217;en fit rien. Bien au contraire. De toutes ses forces, elle battit des pieds et des mains en le bombardant d&#8217;obscénités. Les voisins, certainement réveillés depuis un bout de temps tapèrent rageusement sur les murs minces comme des décors de théâtre.<br />
- On aimerait bien dormir ! s&#8217;écrièrent-ils.<br />
- Vous vous croyez au Ritz ou quoi ? Ici, c&#8217;est un hôtel de putes! On y vient pour baiser !<br />
- Connard, cracha-t-elle, le visage défiguré par la haine.<br />
Al s&#8217;apprêtait à la faire taire pour de bon quand le téléphone sonna. Les sourcils froncés, il observa celui-ci comme s&#8217;il le voyait pour la première fois.<br />
- Ben, réponds&#8230; y va pas te mordre !<br />
- J&#8217;ai pas été assez clair ? l&#8217;agressa-t-il d&#8217;un air menaçant.<br />
Elle se renfrogna.<br />
Du bout des doigts, il souleva le combiné pour le porter à son oreille. Il ne se présenta pas.<br />
- Allô ? émit une voix surprise de ne trouver personne à l&#8217;autre bout.<br />
- Allô ? reprit la voix avec un brin d&#8217;impatience. Al, merde, c&#8217;est moi&#8230;<br />
David Goldberg, le petit nouveau. Il ne lui lâchait pas les baskets, celui-là. C&#8217;est détective privé qu&#8217;il aurait dû être ; peu importe dans quel hôtel paumé il créchait, David parvenait toujours à le pister.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Al Seriani, flic qui aime boire de l&#8217;alcool autant qu&#8217;il aime baiser des putes, se prend d&#8217;amitié pour le jeune Dave Goldberg, son nouveau coéquipier. Or, si Dave, fraîchement émoulu de l&#8217;Académie de police croit encore dur comme fer à la loi et aux règlements, Al a déjà basculé de l&#8217;autre côté. Ou presque. La traque qu&#8217;ils vont mener pour retrouver des tueurs sadiques qui sèment le sang dans tout New York va bouleverser leurs vies à jamais.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Sang pour Sang</em> est le premier roman de <strong>Gipsy Paladini</strong>. Etonnante plume que celle de cette jeune femme originaire de l&#8217;est de la France !<br />
Si le lecteur fait abstraction de quelques petites maladresses du débutant, - et il le fera sans aucun doute -, il se laissera entraîné par le rythme de l&#8217;écriture.<br />
Des dialogues percutants, un héros salaud comme on les aime, un cynisme noir, une intrigue qui tient la route.<br />
Toutefois, j&#8217;aurais aimé qu&#8217;elle soit un peu plus alambiquée. Je deviens tout de suite très exigeante quand je renifle le talent. Et du talent, <strong>Gipsy Paladini</strong> n&#8217;en manque pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Gipsy Paladini</strong>, un auteur couillu. Retenez bien le nom de la belle, elle devrait aller loin ! Et notez une chose : si vous aimez les fins heureuses, <em>Sang pour Sang</em> n&#8217;est pas pour vous.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sang pour Sang, Gipsy Paladini, éditions Transit 18 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong> </p>
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		<title>L&#8217;Entrevue de Saint-Cloud, Harold Cobert</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Aug 2010 20:13:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Livres]]></category>

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Résumé
Le 3 juillet 1790, Marie-Antoinette rencontre Mirabeau lors d&#8217;une audience secrète.
Le 16 octobre 1793, la reine aura la tête tranchée&#8230;
Extrait
3 juillet 1790
Le jour se lève sur le château de St Cloud. Les jardins s&#8217;étirent dans la fragilité de l&#8217;aube. Au loin, Paris émerge timidement de la pénombre. Tout semble étrangement calme.
A peine une année s&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/lentrevue-de-st-cloud.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10084" title="lentrevue-de-st-cloud" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/lentrevue-de-st-cloud.jpg" alt="" width="399" height="584" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé<br />
</strong>Le 3 juillet 1790, Marie-Antoinette rencontre Mirabeau lors d&#8217;une audience secrète.<br />
Le 16 octobre 1793, la reine aura la tête tranchée&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait</strong></p>
<p style="text-align: justify;">3 juillet 1790<br />
Le jour se lève sur le château de St Cloud. Les jardins s&#8217;étirent dans la fragilité de l&#8217;aube. Au loin, Paris émerge timidement de la pénombre. Tout semble étrangement calme.<br />
A peine une année s&#8217;est écoulée, mais elle a compté plus qu&#8217;un siècle entier. Depuis l&#8217;ouverture des Etats généraux, le 5 mai 1789, ce sont tous les fondements de l&#8217;ancienne monarchie qui ont été jetés à bas : fusion des trois ordres en Assemblée nationale, prise de la Bastille, abolition des privilèges, proclamation des Droits de l&#8217;homme. Seule l&#8217;autorité du roi a résisté à ce raz-de-marée réformateur. Si le monarque partage désormais son pouvoir avec une assemblée, il peut opposer un veto aux décisions parlementaires. La couronne demeure un fondement du nouveau régime ; oui, mais pour combien de temps ?<br />
Marie-Antoinette quitte l&#8217;embrasure de la fenêtre. La nuit a été courte et agitée. Même le sommeil a fini par la délaisser. Elle s&#8217;assoit à sa coiffeuse. Son teint est fade, ses rides plus affirmées, plissures de la peau où sont gravées les inquiétudes et les angoisses. Son regard est moins lumineux, semblable à une chandelle achevant de se consumer. La reine démêle machinalement ses cheveux avant son entrevue avec « le monstre ».<br />
«  Nous ne serons jamais assez malheureux, je pense, pour être réduits à la pénible extrémité de recourir à Mirabeau », avait-elle répondu au comte de La Marck, lorsque celui-ci avait fait savoir aux souverains que le terrible tribun était prêt à servir la cause royale. Mirabeau, ce renégat, ce noble élu du tiers état qu&#8217;elle avait longtemps cru responsable des « grandes égorgées » d&#8217;octobre 1789. Le souvenir de ces effroyables journées lui noue l&#8217;estomac, à lui donner un haut-le-cœur.<br />
Pourtant, dans quelques heures, elle sera face à Mirabeau.</p>
<p style="text-align: justify;">Mirabeau termine d&#8217;étaler le savon sur sa barbe naissante. Pour brouiller les pistes, il est arrivé au milieu de la nuit chez sa sœur, à Passy, après une orgie monumentale dans son hôtel particulier, rue de la Chaussée-d&#8217;Antin. En se rasant, il considère la laideur d&#8217;un visage auquel ont succombé tant de femmes, et qui impose aujourd&#8217;hui un respect mêlé d&#8217;effroi à l&#8217;Assemblée constituante. Il espère que la magie opérera sur la reine.<br />
Il faut qu&#8217;elle se rallie à ses vues pour sauver la monarchie de la tempête qui menace de l&#8217;entraîner dans l&#8217;abîme. « Le roi n&#8217;a qu&#8217;un homme, c&#8217;est sa femme ! » a-t-il écrit dans sa correspondance secrète avec les souverains. Elle seule peut insuffler quelque volonté au monarque, lui faire prendre de bonnes décisions, des résolutions fermes, et le contraindre à s&#8217;y tenir. Oui, la Première dame du royaume doit regagner sa popularité en allant à la rencontre du peuple, en se montrant comme le faisait jadis sa mère, l&#8217;impératrice Marie-Thérèse.<br />
Mais pour cela, il faudrait qu&#8217;elle ne se défie pas de la Révolution, qu&#8217;elle s&#8217;en serve activement pour asseoir plus sûrement le pouvoir et l&#8217;autorité de la couronne. Et surtout, il faudrait qu&#8217;elle lui fasse confiance, qu&#8217;elle mette enfin ses conseils en pratique !<br />
Mirabeau essuie son visage, passe une chemise et ouvre la fenêtre donnant sur le jardin. Il inspire profondément l&#8217;air du matin mêlé au parfum des tilleuls.<br />
Voilà bientôt deux mois qu&#8217;il conseille en secret les souverains, et pourtant rien n&#8217;a changé. La situation du pouvoir royal s&#8217;est dangereusement dégradée. S&#8217;il est payé pour ses avis, il n&#8217;est pas vendu. « Je m&#8217;engage à servir de toute mon influence les véritables intérêts du roi ; et pour que cette assertion ne paraisse pas trop vague, je déclare que je crois une contre-révolution aussi dangereuses que criminelle, que je trouve chimérique, en France, l&#8217;espoir ou le projet d&#8217;un gouvernement quelconque, sans un chef revêtu du pouvoir nécessaire pour appliquer de toute la force publique à l&#8217;exécution de la loi », avait-il écrit dans sa note du 10 mai dernier, la première, celle qui avait scellé son entrée au service de la Cour. Ce n&#8217;était pas là le ton d&#8217;un docile serviteur. Dans sa note suivante, il avait rappelé sa position et son indépendance avec fermeté : « Je serai ce que j&#8217;ai toujours été : le défenseur du pouvoir monarchique réglé par les lois, et l&#8217;apôtre de la liberté garantie par le pouvoir monarchique. »<br />
Il regarde le ciel. Le temps est lourd, la journée s&#8217;annonce suffocante. Mirabeau le sent dans ses rhumatismes, cadeau de ses nombreuses années passées en prison.<br />
Il se retourne et va s&#8217;asseoir devant un petit secrétaire. D&#8217;un geste ample et nerveux, il se met à écrire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Décidément, <strong>Harold Cobert</strong> a le don ! Réflexion faite, il en a plusieurs. Outre le fait qu&#8217;il soit hyper sexy, il possède un sourire soleil mais, surtout, <strong>Harold Cobert</strong> sait raconter de belles histoires qui vous font vibrer le cœur et l&#8217;âme. Quoi, j&#8217;exagère ? Parce que je lis parfois autre chose que des polars ou des thrillers ? Hé ! Quand l&#8217;auteur est aussi doué que celui-ci, je tournerais les pages pendant des heures.<br />
<em>L&#8217;Entrevue de Saint-Cloud</em> est un très beau roman, même si le lecteur sait par avance comment tout cela va se terminer. Et d&#8217;ailleurs, je pense que c&#8217;est ce qui fait partie du charme <strong>Cobert</strong> : réussir à nous faire oublier l&#8217;Histoire en nous contant une audience secrète qui aurait pu la faire basculer. Depuis, des questions me taraudent : Qui, de Marie-Antoinette ou de Mirabeau, possédait le plus de charme ? Lequel des deux a ensorcelé l&#8217;autre ? Pourquoi ? Pour quoi ? Après avoir écrit sa thèse, <em>Mirabeau polygraphe : du pornographe à l&#8217;orateur politique, </em>un essai, <em>Mirabeau, le fantôme du Panthéon</em>, et <em>L&#8217;Entrevue de Saint-Cloud</em>, <strong>Harold Cobert</strong> ne serait-il pas obsédé par Mirabeau ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;Entrevue de Saint-Cloud, Harold Cobert, éditions Héloïse d&#8217;Ormesson 144 p. 16 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong> </p>
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		<title>Le fils des brûlés de Laurent Brard</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Aug 2010 18:30:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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Résumé :
Oscar Bellem est venu s&#8217;installer à Sarole, à la campagne, là où il ne se passe jamais rien. Il vient de mettre un terme à sa carrière de flic, métier pour lequel il n&#8217;avait aucun talent. D&#8217;ailleurs, il se demande encore s&#8217;il a un quelconque talent. Même pour vivre, Oscar n&#8217;est pas doué. Encore plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/le-fils-des-brules.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10076" title="le-fils-des-brules" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/le-fils-des-brules.jpg" alt="" width="310" height="500" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Oscar Bellem est venu s&#8217;installer à Sarole, à la campagne, là où il ne se passe jamais rien. Il vient de mettre un terme à sa carrière de flic, métier pour lequel il n&#8217;avait aucun talent. D&#8217;ailleurs, il se demande encore s&#8217;il a un quelconque talent. Même pour vivre, Oscar n&#8217;est pas doué. Encore plus depuis cette affaire qu&#8217;il traine dans ses bagages depuis douze ans. Alors qu&#8217;il était de permanence à Talernes, à 100 km d&#8217;ici, une adolescente a été retrouvée scarifiée et éventrée.<br />
Un jour, Bellem reçoit un email signé Le Fantôme. L&#8217;expéditeur aimerait qu&#8217;il débusque le meurtrier de la jeune Cécilia. Quand on commence à s&#8217;en prendre à sa famille, Oscar n&#8217;a plus le choix. Il enquête.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">La nuit conspirait contre lui. Depuis douze ans. Des angoisses, des insomnies, des cauchemars assez souvent. Mais jamais rien de comparable&#8230;<br />
Au plus profond de son sommeil, Bellem sentit une présence. Comme un rêve sourd et sans images. Pas de voix. Pas de visage. Juste une présence.<br />
Il entrouvrit les yeux et discerna les chiffres écarlates du radio-réveil qui, seuls, perçaient l&#8217;obscurité. Trois heures trente-six. Vaincues par la fatigue, ses paupières lourdes se refermèrent aussitôt. Il remua sous ses draps, marmonna quelques mots&#8230; et se rendormit profondément.<br />
Trois heures trente-huit. Un bruit dans la maison ! Comme un objet tombé par terre, une porte heurtant le chambranle, un pas manquant une marche. Les yeux rivés sur le radio-réveil, Bellem sonda le silence. Plus rien. La nuit avait retrouvé son calme. Il n&#8217;entendit que son corps, le sifflement de ses expirations, son cœur cognant contre sa poitrine.<br />
Du bout des doigts, dans un geste fébrile, il palpa la table de nuit, longea le fil de la lampe, tâtonna, trouva l&#8217;interrupteur&#8230; et fit face à sa solitude. Tamisée par un abat-jour bleu foncé, une lueur diffuse s&#8217;étirait le long des murs blancs, brillait sur le vernis craquelé d&#8217;une vieille armoire bancale et s&#8217;épuisait dans la pièce, laissant dans la pénombre ses angles les plus reculés. La porte entrebâillée aspira son regard vers le gouffre ténébreux de la cage d&#8217;escalier. Inquiet, Bellem écouta encore un instant. Puis il écarta vigoureusement ses draps et se leva.<br />
Un bref coup d&#8217;œil suffit à l&#8217;étage. La salle de bains, la trappe du grenier&#8230; Une bestiole pouvait s&#8217;être aventurée dans les combles. Mais il était convaincu que le bruit venait d&#8217;en bas. Sous la lumière blanche et agressive du plafonnier, il descendit prudemment. Les marches en pin brut grincèrent sous son poids tandis qu&#8217;il découvrait le rez-de-chaussée au travers des barreaux du garde-corps. Une dizaine de cartons étaient empilés, éparpillés aux quatre coins du salon. Peu de choses. Il venait d&#8217;emménager et avait presque tout jeté de son ancien logement.<br />
Après la cuisine, les toilettes, la niche sous l&#8217;escalier, il fit le tour du séjour, souleva les rabats d&#8217;un carton, comme si quelqu&#8217;un pouvait s&#8217;y être fourré, reluqua son bureau, le coin salon, et s&#8217;arrêta devant la fenêtre&#8230; Sans rideaux ni volait, elle donnait sur la nuit tout en réfléchissant l&#8217;intérieur. Un pauvre type en caleçon, les cheveux ébouriffés, le regardait d&#8217;un air effaré. Derrière son reflet, Bellem aperçut la bibliothèque qu&#8217;il avait commencé à ranger. Il se retourna. Des livres étaient affaissés. Le plus grand, un beau volume réunissant les œuvres de Renoir, était tombé à plat.<br />
Il redressa ses bouquins un à un et, soucieux, caressa l&#8217;étagère en vieux chêne. Le bruit s&#8217;expliquait. Pourtant, cette sensation confuse d&#8217;un autre avec lui ne l&#8217;avait pas quitté.<br />
Jusqu&#8217;aux premières lueurs du jour, Bellem éprouva le silence, d&#8217;une profondeur envoûtante, et sentit sur lui l&#8217;omniprésence d&#8217;un regard. Une âme errante flottait entre les murs blancs, suivait ses pas sur le carrelage froid&#8230; Dans le reflet de cette fenêtre nue qu&#8217;il surveilla toute la nuit durant, il crut l&#8217;apercevoir parfois.<br />
Bientôt, il verrait son visage.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Premier roman de <strong>Laurent Brard</strong>, <em>Le fils des brûlés</em> n&#8217;est pas sans rappeler l&#8217;univers de Claude Chabrol quand celui-ci règle ses comptes avec la bourgeoisie de province et ses faux-semblants ou celui de Georges Simenon qui décrit si bien les petites gens. Rien à voir donc avec les suspenses à l&#8217;américaine.<br />
Certes la plume de <strong>Laurent Brard</strong> est encore parfois mal dégrossie mais on devine déjà son habilité à décrire les atmosphères lourdes de non-dits et les personnages de paumés sympathiques dont on sait d&#8217;avance qu&#8217;ils n&#8217;auront rien de supers héros mais dont on aime à lire les (més)aventures.<br />
De quoi passer un bon moment de lecture. Et de quoi aiguiser notre curiosité à l&#8217;annonce de la sortie de son prochain livre !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le fils des brûlés, Laurent Brad, PLON éditions 264 pages 17,90 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>La onzième plaie d&#8217;Aurélien Molas</title>
		<link>http://www.impudique.net/2010/08/la-onzieme-plaie-daurelien-molas/</link>
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		<pubDate>Sun, 01 Aug 2010 16:04:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
Aurélien Molas est scénariste. Il a notamment travaillé avec André Téchiné pour La fille du RER.
La onzième plaie est son premier roman. C&#8217;est surtout LE THRILLER DE L&#8217;ETE ! Qu&#8217;on se le dise !
Extrait :
Novembre s&#8217;attardait. Des nuits étirées, tombant de plus en plus tôt. La chute du mercure, le manque de soleil, tout concordait à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/la-onzieme-plaie.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10071" title="la-onzieme-plaie" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/08/la-onzieme-plaie.jpg" alt="" width="400" height="620" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aurélien Molas</strong> est scénariste. Il a notamment travaillé avec André Téchiné pour <em>La fille du RER.<br />
</em><em>La onzième plaie</em> est son premier roman. C&#8217;est surtout LE THRILLER DE L&#8217;ETE ! Qu&#8217;on se le dise !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait </strong>:</p>
<p style="text-align: justify;">Novembre s&#8217;attardait. Des nuits étirées, tombant de plus en plus tôt. La chute du mercure, le manque de soleil, tout concordait à fatiguer les esprits, à les rendre irritables. L&#8217;enfermement forcé, la promiscuité hors de raison, autant de contraintes superposées créant un terrain propice aux débordements et au crime.<br />
Alain Broissard avait ce mois en horreur.<br />
Il sortit du train en maugréant. Il avait essayé de se reposer durant le trajet, dérangé par les voyageurs qui surveillaient du coin de l&#8217;œil l&#8217;arme de poing sous sa veste. Son insigne n&#8217;avait servi à rien. Même les flics n&#8217;inspiraient plus confiance. Il réfléchit en se caressant la moustache. Surtout les flics, corrigea-t-il.<br />
Ne pouvant dormir, il avait étudié le dossier de cette nouvelle affaire. Méticuleux jusqu&#8217;à l&#8217;obsession dans sont travail, il avait cherché l&#8217;oubli entre les lignes.<br />
Il se dirigea vers les toilettes de la gare, entra dans une cabine et verrouilla la porte. Maudite migraine qui ne le lâchait pas, lancée au grand galop. Il fouilla son sac à la recherche de médicaments, priant pour que la douleur s&#8217;estompe. Mais l&#8217;odeur de l&#8217;urine mélangée au parfum de menthe des vaporisateurs d&#8217;ambiance le força à sortir.<br />
Appuyé contre le lavabo, il leva les yeux sur l&#8217;immense miroir qui couvrait le mur. La lumière brute, verticale, accentuait les creux de son visage et soulignait sans complaisance les cernes violines sous ses yeux. Il peigna sa moustache et remarqué que les éraflures du rasoir striaient ses joues. La fatigue et le stress le rendaient encore plus maladroit. A quarante-sept ans passés, son corps était noueux, trapu, ses muscles toujours saillants, mais l&#8217;énergie n&#8217;était plus là, érodée par un trop-plein d&#8217;épreuves.<br />
Sur la rampe d&#8217;accès, il enroula l&#8217;écharpe bleue horizon autour de son cou, reboutonna son pardessus et se dirigea vers le jeune flic en uniforme qui lui faisait de grands signes depuis le parking.<br />
- Je vous attendais. Brigadier Carrère. SRPJ de Rouen. J&#8217;ai été mandaté pour vous filer un coup de main.<br />
- Alain Broissard. Capitaine de l&#8217;unité spéciale.<br />
- Oh je sais qui vous êtes! C&#8217;est un honneur de bosser avec vous.<br />
Broissard le dévisagea avec insistance. La vingtaine, carré comme un demi de mêlée, le cou puissant, le Brigadier lui ressemblait étrangement au même âge. Seuls leurs yeux ne brillaient pas du même éclat.<br />
- On s&#8217;est déjà rencontrés?<br />
- Ouais, à l&#8217;ENP. Vous étiez venu pour un colloque sur les méthodes d&#8217;investigation.<br />
- Bien loin tout ça.<br />
- J&#8217;ai suivi toutes vos conférences, sans exception! Faut dire que votre façon de procéder ne manquait pas d&#8217;originalité. Ça changeait du b.a ba du bon flic.<br />
- Et ça t&#8217;a été utile?<br />
- J&#8217;ai pas vraiment eu l&#8217;occasion de mettre en pratique. Mais au vu de ce qui nous attend ce soir, ça ne saurait tarder, dit-il en claquant la portière.<br />
Ils démarrèrent à plein régime, gyrophare sur le toit, et foncèrent dans la nuit.<br />
La ville du Havre éclaboussée par les phares s&#8217;allongea en lignes dures et angles droits. Fuyant le froid glacial, la population avait déserté les rues et les places. Devant la mairie, long bunker éclairé d&#8217;ocre roux, des drapeaux français en lambeaux flottaient avec mollesse. Des carcasses de scooters étaient empilées au pied des marches et formaient un totem chaotique, guerrier, fiché au milieu de sacs-poubelle éventrés. Un cyclone semblait avoir dévasté l&#8217;esplanade de l&#8217;hôtel de ville et les bouffées de colère avaient soufflé les vitrines sur la totalité de l&#8217;avenue Foch. Le Brigadier leva le pied et avisa les ruines d&#8217;une pizzeria dans lesquelles était encastrée une Renault 19 calcinée jusqu&#8217;à l&#8217;os.<br />
- Rien qu&#8217;aujourd&#8217;hui, ils ont brûlé seize bagnoles et envoyé deux de nos gars à l&#8217;hosto. Je n&#8217;ai jamais vu ça, c&#8217;est la première fois que des émeutes durent aussi longtemps.<br />
- C&#8217;est la première fois depuis cinq ans que la France va aussi mal, dit Boissard en contemplant la vision d&#8217;apocalypse derrière le pare-brise.<br />
La voiture glissa silencieusement entre les immeubles tentaculaires, longea des pelouses pelées sous des éclairages de misère et remonta le front de mer. a gauche, l&#8217;embouchure de la Seine s&#8217;ouvrait sur l&#8217;océan, mur noir sans perspective sur lequel étaient accrochées les lueurs des supertankers et des bateaux-usines.<br />
- Et cette affaire? T&#8217;en dis quoi? fit-il en vérifiant ses mails sur son portable.<br />
- Ce que j&#8217;en dis, c&#8217;est que ça dépasse l&#8217;entendement. Ceux qui ont fait ça sont très organisés. Ce n&#8217;est pas leur premier coup d&#8217;essai, plutôt leur coup de malchance.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Ils sont tombés sur quelque chose qui les dépasse.<br />
Qu&#8217;ils n&#8217;auraient pas dû découvrir.<br />
Ils, c&#8217;est une poignée de flics qui va tout faire pour que la vérité éclate. Au péril de leurs vies.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Réseau pédophile, policiers corrompus, émeutes urbaines.<br />
Un roman noir esthétique, à l&#8217;écriture très visuelle, dont le scénario n&#8217;est pas très éloigné de ce que racontent les faits divers de nos journaux. Et pourtant. <em>La onzième plaie</em> est une prouesse manuscrite dans laquelle l&#8217;auteur a supprimé de son vocabulaire le graveleux, la complaisance et le voyeurisme.<br />
<strong>Aurélien Molas</strong> réussit à faire vivre chaque scène au lecteur de l&#8217;extérieur et, simultanément, de l&#8217;intérieur de la tête de ses personnages, rendant l&#8217;horreur encore plus réaliste.<br />
<em>La onzième plaie</em>, un thriller qui interroge le lecteur : les monstres seraient-ils [déjà] parmi nous ?<br />
<strong>Molas</strong>. Une plume magistrale au souffle incandescent. Retenez son nom, ce jeune tarbais n&#8217;a que 24 ans !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La onzième plaie, Aurélien Molas, édition Albin-Michel 422 p. 20 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
]]></content:encoded>
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		<title>Un tournesol dans la tête</title>
		<link>http://www.impudique.net/2010/07/un-tournesol-dans-la-tete/</link>
		<comments>http://www.impudique.net/2010/07/un-tournesol-dans-la-tete/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 20:26:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Blog Feuilleton : Les confessions de Scribe]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
Elle le regarde dormir depuis quelques minutes maintenant. Quelques images des heures précédentes jaillissent derrière ses rétines. Scribe sourit. Hier, elle aurait bien aimé qu’il l’assoit sur le plan de travail et goûte à son sexe trempé. 
 
Elle le regarde dormir, enfin reposé. « Tu m’as épuisé » lui avait-il répété plusieurs fois hier. Pourtant, ils avaient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_10066" class="wp-caption aligncenter" style="width: 353px"><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/07/tournesol.jpg"><img class="size-full wp-image-10066" title="tournesol" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/07/tournesol.jpg" alt="" width="343" height="512" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ernesto Timor</p></div></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;">Elle le regarde dormir depuis quelques minutes maintenant. Quelques images des heures précédentes jaillissent derrière ses rétines. Scribe sourit. Hier, elle aurait bien aimé qu’il l’assoit sur le plan de travail et goûte à son sexe trempé. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;">Elle le regarde dormir, enfin reposé. « Tu m’as épuisé » lui avait-il répété plusieurs fois hier. Pourtant, ils avaient poursuivi leurs étreintes, dans la cuisine, sur le canapé, dans le couloir, dans le bureau, dans le jardin, dans les escaliers, dans la chambre. Scribe ne pouvait pas s’empêcher de le toucher, de l’embrasser, de le lécher. De le mordre aussi. Ocelot se laissait faire jusqu’à ce qu’il reprenne la main et la glisse sous lui. Ou devant lui. « J’ai toujours envie de te prendre ». </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;">Elle le regarde. Il dort. Son visage est apaisé, ses mains jointes sous son menton. On dirait presque qu’il prie. Dans son premier sommeil, il a rêvé mauvais, vaguement parlé. Elle s’est blottie contre lui en murmurant un « Chut ! Je suis là ». Alors, il a enlacé sa taille en se collant contre ses reins et Scribe l’a écouté dormir. Mais maintenant stop ! Son envie de lui est si puissante qu’elle en hurlerait. Elle a beau rouler des hanches tout contre lui, Ocelot dort. Il dort et elle, elle crève de désir !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;">Le soleil pénètre par la lucarne restée ouverte et ça ne le gêne pas. Elle le déteste ! Oui, là, elle le déteste. Elle n’a pas vraiment dormi. Il a ronflé. Il a toussé aussi. Et il l’a tenue serrée contre lui comme un doudou précieux. Scribe vient de réussir à sortir de ses bras et il a à peine bougé. Putain, oui, elle le déteste ! Elle voudrait le secouer pour qu’il la voie vraiment. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Hey, beau mâle ! Réveille-toi !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;">La jeune femme n’a pas crié. D’ailleurs, il n’a eu aucune réaction. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Ah tu veux jouer à ça ! OK.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;">Scribe retourne de son côté du lit. C’est marrant comme elle avait tout de suite deviné de quel côté il s’endormait tous les autres soirs. Elle tire le drap jusqu’à le découvrir entièrement nu. Il est couché en chien de fusil, son gland levé vers son ventre. De gourmandise, Scribe se lèche déjà les lèvres. Il va falloir qu’elle ruse pour atteindre sa queue. Elle veut le sentir gicler au fond de sa gorge. Et elle l’aura !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;">A genoux tout près de lui, Scribe se baisse et approche ses lèvres de ses cuisses. « J’adore tes cuisses… » Ocelot frémit quand elle pose sa bouche sur sa peau. <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Oui. Oui. Encore. Encore.</em> Elle embrasse doux jusqu’à obtenir ce qu’elle veut. Ocelot se tourne sur le dos, le sexe offert. Scribe se redresse et sourit. Puis, elle s’approche. Sa langue pointe vers les doigts de sa main qu’il a posée sur son ventre, juste au-dessus de son gland qui palpite d’envie. Car il sait, lui, ce qui l’attend. Elle lèche et la main recule un peu, juste assez pour que sa langue mouille cette couronne de chair. Dans sa bouche, elle réunit un jet de salive qu’elle laisse couler sur le gland et étale de ses lèvres. Elle adore ce baiser. Elle adore se masturber les lèvres du bout de sa queue. Elle adore sa queue et sa queue le lui rend bien. Dans sa main, elle la sent encore gonfler, encore grandir, encore&#8230; Alors, elle l’aspire et l’engouffre loin dans sa gorge en prenant bien soin de la serrer à la base. Sa tête monte et descend à son propre rythme. De temps en temps, elle délaisse le membre durci pour prendre ses couilles dans sa bouche. Puis, elle l’enfonce à nouveau entre ses lèvres. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Tricheur !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Tais-toi et suce ! lui répond Ocelot en poursuivant ses mouvements de bassin et en appuyant de sa main sur sa tête qu’il caresse longuement.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;">Puis il fourrage dans ses cheveux jusqu’à les saisir à pleines touffes, imposant sa cadence. Scribe lui repousse furieusement les mains. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Non !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;">Elle suce, suce encore et d’un coup se redresse. Elle le regarde. Il attend quelques secondes et ouvre les yeux. La jeune femme le reprend en bouche et se redresse à nouveau. A nouveau, il rouvre les yeux. Elle s’abaisse encore, dépose un baiser rapide sur son gland et saute du lit.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Hey !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Oui ? </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Tu… Espèce de salope !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">J’adore !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Reviens !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Ou sinon ?&#8230; </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;">Scribe continue d’avancer vers la porte de la chambre. Ocelot l’attrape par le poignet à l’instant où elle allait en franchir le seuil. Debout, le sexe dressé, les yeux violents, il la colle tout contre lui, la soulève de terre et l’empale sur sa queue. Scribe enserre ses jambes autour de sa taille et s’accroche à son cou. Leurs lèvres se joignent.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Regarde-moi… Scribe, regarde-moi…</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;">La jeune femme ouvre les yeux. Il lui murmure des mots rouges et roses tout contre l’oreille. Des mots qui brûlent son ventre et éclatent dans sa tête. Leurs langues se lèchent et s’enfoncent dans la bouche de l’autre. Longtemps. Longtemps. Et puis, elle colle son visage dans son cou, respire l’odeur de sa peau, l’aspire comme si elle se droguait de lui. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Je veux que tu jouisses dans ma bouche…</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Hmmmmmmmm. Pas tout de suite, Diapason…</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Comment tu m’as appelée ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: -18pt; margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-list: Ignore;"><span style="font-size: small;">-</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;;">          </span></span><span style="font-size: small;">Diapason…</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;"> </span></p>
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		<title>Osez&#8230; les lectures coquines !</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Jul 2010 12:06:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[La Musardine a lancé depuis peu une nouvelle collection qui compte déjà deux opus : Osez 20 histoires de quick sex et Osez 20 histoires d&#8217;infidélité. Les deux sont en fait des recueils de nouvelles érotiques écrites par plusieurs plumes, dont la mienne.
Force est de constater que la presse a choisi de mettre plus en avant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>La Musardine </strong>a lancé depuis peu une nouvelle collection qui compte déjà deux opus : <strong>Osez 20 histoires de quick sex</strong> et <strong>Osez 20 histoires d&#8217;infidélité</strong>. Les deux sont en fait des recueils de nouvelles érotiques écrites par plusieurs plumes, dont la mienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Force est de constater que la presse a choisi de mettre plus en avant le premier recueil plutôt que le deuxième. Pure hypocrisie de sa part ? Le mot « infidélité » serait-il encore tabou, voire  choquant, alors que les magazines féminins et autres rivalisent de titres aguicheurs tels que « Pour le séduire, sachez vous conduire comme la plus belle des salopes » ou bien encore « Spécial sexe. Le pouvoir du plaisir » ? Je n&#8217;ai pas la réponse mais je vous avouerai que cette contradiction (« je te parle de sexe mais surtout, reste sage ! ») m&#8217;amuse beaucoup. Car, mais je peux me tromper, rares sont les couples légitimes qui s&#8217;adonnent au quick sex, non ?<br />
Quoi qu&#8217;il en soit, ces deux Osez contiennent des histoires courtes et excitantes. De quoi alimenter vos fantasmes cet été !</p>
<p style="text-align: justify;">Pour vous tentez, je vous offre quelques passages choisis parmi ces 40 moments érotiques. A lire seul/e ou à deux, par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/07/20-histoires-de-quick-sex.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10061" title="20-histoires-de-quick-sex" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/07/20-histoires-de-quick-sex.jpg" alt="" width="372" height="604" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extraits de Osez 20 histoires de quick sex, La Musardine</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Bruno</em>, Stéphane Rose (extrait)</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est la première vraie journée de soleil après un printemps pourri. Tout Paris a envie de baiser, et moi la première. Il fait si chaud que malgré le jour déclinant, les mecs sont encore en bras de chemise et les filles en jupe, trop contentes de pouvoir enfin sortir leurs jambes des jeans après des mois d&#8217;hibernation. Moi-même, j&#8217;ai directement tapé dans la petite robe fleurie et les sandales qui vont avec.<br />
J&#8217;ai envie d&#8217;être un objet de désir autant que peut l&#8217;être une tout juste trentenaire qui vient de se faire larguer par un connard à la mémoire duquel elle n&#8217;a pas envie de verser la moindre larme. En même temps, en allant boire un verre dans le Marais, je minimise mes chances ! Baste, ça me permet au moins de pouvoir mater du petit cul bien entretenu à loisir sans essaimer une horde de courtisans lourdingues.<br />
Freddy aussi est du genre bien entretenu, diététique, cabine à UV, look d&#8217;homo branché, un pur produit du Marais. Je le repère, assis à la terrasse du café où il m&#8217;a donné rendez-vous, en train de pianoter sur son portable. Je me dis qu&#8217;à coup sûr, il m&#8217;écrit un texto impatient, et ça ne rate pas, je sens mon portable vibrer au moment même où je traverse la rue pour le rejoindre. « T&#8217;excite pas, me voilà », je lui dis en m&#8217;asseyant à sa table. On se claque deux bises, je commande un Mojito et lui une deuxième bière. On prend des nouvelles. Je lui raconte ma rupture foireuse, lui son plan cul de la veille. Il mate tout ce qui passe de masculin, il a l&#8217;air aussi excité que moi, d&#8217;ailleurs il ne s&#8217;en cache pas :<br />
- Je sais pas si c&#8217;est à cause du soleil, mais depuis ce matin je n&#8217;ai qu&#8217;une envie: baiser.<br />
- Et moi donc&#8230;<br />
- Pourquoi tu t&#8217;en prives ? Tu penses encore à Laurent ?<br />
- Non, il peut crever. Je ne suis juste pas un petit pédé comme toi, qui drague comme il demande son chemin et baise dix fois par semaine.<br />
- Qu&#8217;est-ce qui t&#8217;en empêche ?<br />
- Je suis une nana, et une nana, ça n&#8217;aborde pas, ça se fait aborder.<br />
- Dieu, que tu peux être formatée hétéro, parfois&#8230;<br />
- Oui, ben, chacun son formatage, hein, tapette.<br />
Nous vanner sur nos identités sexuelles respectives, c&#8217;est notre jeu favori, à Freddy et à moi. Et il est bigrement bien rodé. Un peu trop peut-être ?<br />
- Tiens, on va jouer à un jeu: montre-moi un mec qui te plaît dans le bar.<br />
Là pour le coup, il me surprend. Amusée, je fais pivoter ma chaise pour avoir vue non plus sur la rue, mais à l&#8217;intérieur de l&#8217;établissement.<br />
- Lui, là-bas, avec son tee-shirt blanc.<br />
- Mais enfin, lui, c&#8217;est un pédé de chez pédé, chérie. Trouve-moi un hétéro. C&#8217;est facile, j&#8217;en vois au moins dix.<br />
- Ben, fallait dire:«Trouve un hétéro qui te plaît.» Ben tiens, lui, par exemple, en train de lire Libé au comptoir, il est hétéro, non ?<br />
- Grave.<br />
Pour Freddy, l&#8217;hétérosexualité, c&#8217;est grave. Mais pas du tout pour des raisons militantes, juste car la population hétérosexuelle concentre un nombre effarant de beaux mecs, dont il ne pourra jamais palper les fesses sans risquer l&#8217;incident diplomatique. Et Freddy n&#8217;aime pas se restreindre. Sauf peut-être en ce moment. Il a l&#8217;air concentré sur autre chose que son sexe.<br />
- Qu&#8217;est-ce qu&#8217;il t&#8217;inspire, là maintenant, en termes de pratiques sexuelles ?<br />
- Ben, euh&#8230; déjà, je lui roulerais bien une pelle, avec sa grande bouche.<br />
- Bon, eh ben, tu te lèves, tu vas le voir et tu lui dis:«J&#8217;ai envie de t&#8217;embrasser, je peux ?<br />
- Tu me saoules avec tes blagues de pédé&#8230;<br />
- En l&#8217;occurrence, chérie, c&#8217;est pas une blague de pédé, c&#8217;est une technique d&#8217;approche de pédé, nuance. Tu m&#8217;as dit que tu aimerais draguer comme moi, non? Eh bien, c&#8217;est le moment d&#8217;apprendre. Allez vas-y.<br />
- Arrête, t&#8217;es con&#8230;<br />
- Si tu n&#8217;y vas pas, j&#8217;y vais.<br />
- Arrête, je te dis&#8230;<br />
Là-dessus, il se lève et va interrompre l&#8217;homme à la grande bouche sensuelle dans sa lecture. Je n&#8217;entends pas ce qu&#8217;il lui dit, mais je le vois parlementer en regardant dans ma direction. Je suis rouge de honte. J&#8217;hésite à me barrer. Oh, tiens, oui, voilà, c&#8217;est ça, l&#8217;idée : je me barre. Je ramasse mon sac à main, y enfourne mon paquet de cigarettes, mais trop tard, les voilà. Freddy me lance un regard d&#8217;instituteur sévère qui veut dire : « Dis, cocotte, t&#8217;étais quand même pas en train de partir, là ? » Il propose une chaise à l&#8217;inconnu, qui l&#8217;accepte en affichant une mine à mi-chemin entre l&#8217;étonnement et l&#8217;amusement.<br />
- Alors, voilà, commence Freddy, comme je viens de te l&#8217;expliquer, mon amie ici présente a très envie de faire ta connaissance. Mais plus exactement, ce qu&#8217;elle voudrait, c&#8217;est te rouler une pelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cueille le jour</em>, Cali Rise</p>
<p style="text-align: justify;">Quand on me demande ce que je fais dans la vie, j&#8217;ai coutume de répondre : je vis. Mon métier ? Journaliste free-lance, et j&#8217;habite dans les Vosges.<br />
Régulièrement, je viens à Paris.<br />
Assise à la terrasse de l&#8217;Indiana Café du faubourg Saint-Martin, je lis un roman en vérifiant l&#8217;heure de temps à autre. Mario m&#8217;apporte mon thé citron sans que j&#8217;aie eu besoin de le lui commander. Il me demande de mes nouvelles, veut savoir qui je vais recevoir ou rencontrer. Mario est un amour, il surveille mes bagages quand il m&#8217;arrive de m&#8217;absenter quelques minutes, voire quelques heures. Nous fumons en échangeant quelques remarques sur le dernier film sorti. Il me surprend en me citant le titre d&#8217;un livre à la diffusion quasi confidentielle. A l&#8217;instant où il repart vaquer à son service, mon GSM se met à vibrer.<br />
« Où es-tu ? Pourquoi ne réponds-tu pas à mes mails ? »<br />
Stéphane&#8230; 1,80 m. Mince. Les cheveux bruns mi-longs.<br />
Stéphane, mon dandy funambule qui va et vient dans ma vie au gré de ses envies.<br />
« Je suis à Paris. Dans le 10<sup>e</sup>. »<br />
A peine cinq secondes plus tard, sa réponse fuse : « Je viens ! »<br />
Et mon rendez-vous alors ? Il suffit d&#8217;annuler, non ? A la parisienne. Sans excuse. En un clic, c&#8217;est fait.<br />
Stéphane m&#8217;a demandé de l&#8217;attendre dans le hall central, gare de l&#8217;Est, juste en face. J&#8217;intercepte Mario qui se chargera de garder ma valise jusqu&#8217;à mon retour. Pas le temps d&#8217;aller la déposer à la bagagerie de l&#8217;hôtel d&#8217;à côté. Il me sourit, complice.<br />
Mais je peux fumer une autre cigarette devant l&#8217;entrée de la gare. En métro, Stéphane en a au moins pour dix minutes. D&#8217;ici, j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;être au bord de l&#8217;océan : les passagers arrivent par vagues. Je m&#8217;amuse à imaginer la suite de leur voyage. Cette jolie brune au parfum capiteux et aux talons aiguilles vertigineux surmontés de jambes gainées de soie noire attend son amant pour un week-end de folies. Troublée d&#8217;avoir osé venir le rejoindre. Ce quinquagénaire bedonnant, engoncé dans un imper à la Colombo, hèle un taxi d&#8217;un ton irrité. Un rendez-vous d&#8217;affaires important. Ce petit couple d&#8217;amoureux munis de sacs à dos ira se balader à Montmartre et reviendra avec une multitude de photos floues mal cadrées. Tout contents.<br />
J&#8217;abandonne ma Marlboro.<br />
Dans le hall, les pigeons s&#8217;éparpillent au bruit de mes pas. Une nouvelle fournée de voyageurs débarque. Je me faufile au milieu de la masse colorée pour trouver une place sur un banc. Entre deux vieilles harassées. Face aux sorties des lignes de métro 4, 5 et 7.<br />
Je veux le voir arriver. Voir ses yeux brillants de désir. Son sourire vainqueur.<br />
Je l&#8217;aperçois dans les escalators. Je reconnais sa démarche féline. Il me cherche. Ça m&#8217;amuse. Il me cherche encore, légèrement angoissé, un poil agacé, prêt à dégainer son portable. Il suffit que je me lève pour qu&#8217;il tourne la tête vers moi, s&#8217;avance, empressé.<br />
- Tu es&#8230; J&#8217;ai envie de te baiser dans un sauna. Tu veux ? Tu en connais un dans le coin ?<br />
Je le regarde, malicieuse, prête à l&#8217;embrasser.<br />
- Non, pas ici. On pourrait nous&#8230; Viens !<br />
Et c&#8217;est parti !<br />
Mon dandy m&#8217;attrape la main, nous courons sur les pavés, puis sur les trottoirs. Je le laisse mener la danse. Excitée de le voir s&#8217;agiter. Il traverse d&#8217;une rue à l&#8217;autre sans se soucier du fait que je peux me tordre une cheville, perchée que je suis sur des escarpins qui commencent à m&#8217;échauffer les pieds.<br />
- Laisse tomber le sauna, tu veux ? On trouve un hôtel. Viens !<br />
Cette fois, c&#8217;est moi qui dicte ma loi. Pas utile de prendre une chambre. Du reste, tentez d&#8217;obtenir une chambre à la dernière minute un jour de coupe du monde de rugby, vous verrez comme la chose est aisée ! Non. Pas de chambre. Un ascenseur ou un couloir suffiront. Stéphane me regarde, soufflé par mon audace. L&#8217;élève dépasserait le maître ? Puis il éclate de rire, ravi.<br />
Nous entrons dans le premier hôtel qui croise notre route. Essoufflés, du rire encore plein la bouche. Devant nous, le concierge se débat avec un groupe d&#8217;Anglais passablement éméchés. Nous en profitons pour nous glisser vers l&#8217;ascenseur. Huit étages. Une aubaine !<br />
L&#8217;ascenseur monte, monte. Au ding de la porte coulissante qui se referme, j&#8217;ai déjà arraché les boutons de la chemise de mon amant. Dos au miroir, Stéphane a ce sourire de contentement que je connais bien. De ma bouche, je parcours son visage, ses lèvres, son cour, son torse, son ventre. Enfin, je le retrouve.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/07/20-histoires-dinfidelite.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10062" title="20-histoires-dinfidelite" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/07/20-histoires-dinfidelite.jpg" alt="" width="372" height="604" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extraits de Osez 20 histoires d&#8217;infidélité, La Musardine</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ne pas craquer</em>, Elise A.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout devenait limpide : Julien avait inventé le prétexte d&#8217;un « travail sur la masturbation féminine » pour m&#8217;attirer chez lui et me sauter. J&#8217;étais venue en le sachant, et donc pour jouer avec le feu, mais sans vouloir m&#8217;y brûler vraiment. Bref, je faisais ma petite pucelle capricieuse qui ne sait pas ce qu&#8217;elle veut. Je me sentais d&#8217;autant plus mal à l&#8217;aise que mon hôte, respectant la distance que j&#8217;avais instaurée malgré l&#8217;évidence de nos désirs convergents, se comportait en gentleman. J&#8217;en venais presque à espérer qu&#8217;il se jetterait sur moi pour me donner l&#8217;occasion d&#8217;un départ outré&#8230; Mais non, il dessinait maître de lui, tout juste trahi par la bosse, de plus en plus grosse, sous son jean. Il remarqua mes yeux rivés sur son érection, mais ne dit rien. Je rougis.<br />
Au lieu de me sortir de l&#8217;embarras, la question qu&#8217;il me posa m&#8217;y plongea davantage :<br />
- Si nous sommes excités tous les deux, pourquoi refuser que je te touche ?<br />
- Parce que j&#8217;ai un copain et que je lui suis fidèle&#8230;<br />
- En te doigtant devant moi, tu penses lui être fidèle ?<br />
- Je sais que c&#8217;est difficile à admettre, mais oui. Pour nous, l&#8217;infidélité, c&#8217;est toucher le corps d&#8217;un autre. Je suis nue face à toi aujourd&#8217;hui comme je l&#8217;étais la semaine dernière au cours de dessin. Tant que nous ne nous touchons pas, je suis fidèle&#8230;<br />
- C&#8217;est amusant.<br />
Ce n&#8217;est pas de l&#8217;amusement, c&#8217;est une lueur prédatrice qui s&#8217;est allumée dans son regard.<br />
- Si je sors ma queue pour me branler devant toi sans te toucher, tu restes fidèle à ton amoureux ?<br />
- Bien sûr&#8230;<br />
Il a pris ma réponse pour une invitation. Après avoir posé son bloc de feuilles et son crayon par terre, il a sorti sa belle queue bien congestionnée. J&#8217;ai eu tout de suite envie de la prendre en main, de la sucer, mais bien sûr, sans jeu de mots, je n&#8217;en ai pas pipé mot. Mon regard passait de sa queue à ses yeux, qui fixaient lubriquement les miens. Incapable de défier son regard, j&#8217;ai choisi de regarder le mur. Il a demandé :<br />
- Ça te gêne que je me branle devant toi ?<br />
- Un peu, oui&#8230;<br />
- Tu veux que j&#8217;arrête ?<br />
- Je sais pas.<br />
Je me sentais gourde, incapable d&#8217;exprimer mes émotions, asservie à ma promesse de fidélité, et en même temps, rongée par la conscience de son absurdité, vu la situation, et vu l&#8217;envie démentielle que j&#8217;avais qu&#8217;il me prenne, là, tout de suite, sur le fauteuil, sans préliminaires ! J&#8217;avais envie qu&#8217;il me baise comme un morceau de viande, qu&#8217;il se vide les couilles dans ma chatte, en me triturant les nichons, en me tirant les cheveux !<br />
Sa voix de fit rauque :<br />
- Tant que tu ne me dis pas d&#8217;arrêter, je continue.<br />
Evidemment, je suis restée muette.<br />
- Pourquoi tu t&#8217;arrêtes ? Continue à te caresser, ça m&#8217;excite&#8230;<br />
Je me suis exécutée en fermant les yeux pour me protéger de son regard et du spectacle de sa grosse queue. Je l&#8217;ai entendu se lever, s&#8217;approcher, s&#8217;asseoir sur le sol contre mon fauteuil. Son visage s&#8217;approchait du mien, je le sentais à son souffle contre ma peau. Le souffle, n&#8217;était-ce pas déjà une forme de contact ? Aurélien s&#8217;invitait de nouveau dans mes pensées, mais sans parvenir à les débarrasser de leur charge sulfureuse. L&#8217;amant potentiel prenait le pas sur l&#8217;amoureux, il fallait que je me ressaisisse. J&#8217;étais venue me faire désirer, pas me faire baiser. Ne pas craquer, juste poser !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Musardine</em>, Ian Cecil</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;était un homme de quarante-cinq ans au physique plutôt enveloppé. Il n&#8217;était pas beau, mais dégageait un charme trouble - comme une douceur virile&#8230; Quand il m&#8217;a demandé si je voulais essayer avec lui, je me suis mis à rire, sans doute l&#8217;effet de l&#8217;alcool. Je lui ai répondu que cela me ferait bizarre de faire l&#8217;amour avec moi-même. Il a ri aussi, puis m&#8217;a pris la main pour me conduire vers sa chambre.<br />
- Déshabillons-nous, a-t-il dit.<br />
Cet ordre prononcé sur le ton de la proposition, alors qu&#8217;il commençait à défaire les boutons de sa chemise, m&#8217;est resté en mémoire plus que d&#8217;autres scènes, j&#8217;ignore pourquoi. Pendant que j&#8217;ôtais mes vêtements, je pensais à ma femme qui avait bu le soir où elle m&#8217;avait trompé : je faisais comme elle. Comme elle (elle me l&#8217;avait avoué), j&#8217;avais confusément conscience depuis le moment où j&#8217;avais accepté la rencontre que c&#8217;était ce que je souhaitais.<br />
Une fois nus, nous nous sommes allongés. Il a pris mon sexe dans sa main. J&#8217;ai fait de même avec le sien. Il m&#8217;a placé un préservatif, m&#8217;a sucé. J&#8217;éprouvais un dégoût sourd que j&#8217;essayais de surmonter. Tout son corps tournait autour de mon sexe : j&#8217;ai compris ce qu&#8217;il attendait quand sa queue s&#8217;est retrouvée sur mon visage. Il avait enfilé un préservatif. Son gland se gonflait de sang à chaque à-coup, mais je ne parvenais pas à ouvrir ma bouche. Il a glissé deux ou trois doigts entre mes lèvres, a écarté mes dents, a approché son sexe. Ça y était, son gland battait sur ma langue. Il était énorme, je ne m&#8217;attendais pas à devoir ouvrir autant la bouche. « Comment ma femme peut-elle faire ? » fut la première pensée qui me vient ; j&#8217;en eus honte. Je me mis à sucer comme je la voyais faire avec moi, et comme il le faisait lui-même. Je serrais son sexe à la base, tirais sur ses testicules, aspirais, titillais son frein avec mes incisives.<br />
- Tu fais ça très bien.<br />
J&#8217;ai pensé qu&#8217;il avait ti ça pour m&#8217;encourager. L&#8217;effet de l&#8217;alcool se dissipait. J&#8217;avais peur de me demander ce que je faisais là ; je pensais à ma femme. Un gémissement m&#8217;a échappé ; il s&#8217;est mis à genoux en tournant les fesses vers moi.<br />
- Viens.<br />
Je me suis dressé sur les genoux comme un automate. La vue de son cul offert a balayé toutes mes réticences ; j&#8217;étais hypnotisé. J&#8217;ai écarté ses fesses, placé mes pouces près de son anus pour l&#8217;ouvrir, puis pour aider ma verge à y pénétrer. Lui, de la main, enduisait son orifice de gel afin que ça rentre plus facilement. Ça s&#8217;est fait lentement, mais en une seule poussée. J&#8217;allais et venais&#8230; il râlait&#8230; j&#8217;accélérais. Je sentais monter ma jouissance, frustré que ce soit si court. Je me suis arrêté, avant de reprendre, après un coup de cul de sa part. J&#8217;étais fasciné par son cul rond et plein, par mes mains qui le palpaient sans savoir comment en profiter, par ma verge qui entrait, sortait, entrait&#8230;<br />
J&#8217;ai éjaculé dans un cri qui m&#8217;a surpris moi-même, et un autre, et encore un autre, et des râles tels qu&#8217;il s&#8217;est retourné. Je suis ressorti lentement.<br />
- Tu m&#8217;as fait peur, a-t-il fait en me tirant sur le dos pour mettre mes fesses au bord du lit. J&#8217;ai cru que tu pleurais.<br />
Il bandait toujours ; son souffle s&#8217;accélérait. J&#8217;ai levé les jambes ; il m&#8217;a attrapé par les cuisses, a enduit son sexe de gel&#8230; et il m&#8217;a enculé !<br />
L&#8217;entrée de mon côté s&#8217;est avérée plus difficile. Il veillait à ne pas me faire trop mal. Je grimaçais autant de douleur que de plaisir. Les mots que je prononçais quand je me masturbais en pensant à des scènes de sodomie me revenaient en mémoire.<br />
- Je voudrai te dire&#8230;<br />
- Dis ce que tu veux, a-t-il soufflé. Je sais. vas-y !<br />
Je me suis exclamé :<br />
- Oh ! Putain !<br />
- Oui ! Continue !<br />
- Je suis&#8230; Je suis ta pute.<br />
- Oui, a-t-il répliqué aussitôt comme s&#8217;il n&#8217;attendait que mon feu vert. Petite salope, oui, je te baise. Hein, que tu aimes ça ?<br />
- Oui ! Encule-moi. Ah ! Je suis une salope !<br />
Je me suis souvenu en un éclair qu&#8217;au début de notre relation, ma femme avait explosé de rire en m&#8217;entendant lui dire ça. Ça m&#8217;a refroidi. Je croyais ne plus être en phase avec lui, quand il s&#8217;est penché sur moi pour approcher sa bouche de la mienne. Ses lèvres s&#8217;y sont posées, sa langue l&#8217;a ouverte. La mienne a répondu ; j&#8217;ai été subjugué par la fougue de ce baiser, dont je croyais ne pas avoir envie. Il s&#8217;est écarté brusquement.<br />
- Je vais jouir. Tu me fais jouir. Ah, c&#8217;est bon ! Ton cul ! Ton cul !<br />
Et j&#8217;ai accompagné son mouvement. Pourtant, maintenant, chez moi, la douleur était plus forte que le plaisir.<br />
Il s&#8217;est dégagé en douceur ; nous sommes restés côte à côte. Puis je me suis tourné vers lui.<br />
- Je dois partir.<br />
- Que diras-tu à ta femme ?<br />
- Tout. Nous nous faisons une confiance absolue. Je sais qu&#8217;elle ne m&#8217;en voudra pas. Elle m&#8217;a encouragé à avoir une relation extraconjugale. Je la soupçonne de m&#8217;y avoir poussé pour être moins tiraillée par la culpabilité. C&#8217;est une coquine !</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		</item>
		<item>
		<title>Mais surtout son cul&#8230;</title>
		<link>http://www.impudique.net/2010/07/mais-surtout-son-cul/</link>
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		<pubDate>Mon, 19 Jul 2010 16:41:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Blog Feuilleton : Les confessions de Scribe]]></category>

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		<description><![CDATA[« Changement. Prends le wagon de tête, je monterai comme si j&#8217;étais un inconnu et je te draguerai. » Amusée, Scribe écrase sa cigarette avant de s&#8217;engouffrer dans le couloir du métro. Quelques rames plus tard, alors qu&#8217;elle craint qu&#8217;il n&#8217;apparaisse pas, elle l&#8217;aperçoit. Costume, cravate. Si tu me touches&#8230;
Ils marchent dans les rues côte à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_10058" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/07/rouge-reflet.jpg"><img class="size-full wp-image-10058" title="rouge-reflet" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/07/rouge-reflet.jpg" alt="Copyright Daniel Nguyen" width="500" height="666" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Daniel Nguyen</p></div></p>
<p style="text-align: justify;">« Changement. Prends le wagon de tête, je monterai comme si j&#8217;étais un inconnu et je te draguerai. » Amusée, Scribe écrase sa cigarette avant de s&#8217;engouffrer dans le couloir du métro. Quelques rames plus tard, alors qu&#8217;elle craint qu&#8217;il n&#8217;apparaisse pas, elle l&#8217;aperçoit. Costume, cravate. <em>Si tu me touches&#8230;</p>
<p></em>Ils marchent dans les rues côte à côte. Jusqu&#8217;alors, elle n&#8217;a jamais accepté de suivre un homme chez lui. Quoique. En y réfléchissant bien, c&#8217;est arrivé une fois où elle était si ivre qu&#8217;elle a passé de longues minutes à se sentir minable dans les toilettes&#8230; <em>Touche-moi, là,</em> <em>touche-moi. Touche-moi ou je te viole sur place.</em> Ocelot pose sa valise qui pèse le poids de plusieurs parpaings, les chaussures, sans doute. Scribe ouvre grand ses yeux, calcule le canapé, les tables, les plans de travail. Elle aimerait le goûter partout, histoire de laisser des traces invisibles d&#8217;elle dans toutes ses pièces.<br />
- Comment tu trouves mon chez moi ?<br />
- Viens&#8230;<br />
Ses lèvres. Putain de dieu, ses lèvres. Comment a-t-elle pu vivre tous ces jours sans avoir ses lèvres à porter de bouche ? Et ses mains ? Et ses doigts ? Et le goût de sa peau ? Celui de sa queue ? <em>Ocelot, tu me rends dingue de toi&#8230;<br />
</em>- J&#8217;aime.<br />
- Tu aimes ?<br />
- Oui&#8230; Tu m&#8217;as manqué.<br />
Les heures glissent au cadran de leurs montres. Aucun des deux n&#8217;y jette un regard. Ils ont tout leur temps. Du reste, ils ont jeté leurs vêtements un peu partout dans la pièce avant de tomber sur le canapé. La jeune femme dépose ses bagues et sa montre sur la table basse. Ocelot allume une cigarette. Il lui raconte sa nuit avec ces trois hommes et rit encore du compliment que lui avait tourné le bisexuel.<br />
- C&#8217;est vrai que tu lui ressembles. La forme de tes yeux&#8230; La coupe de tes cheveux&#8230; Un de tes sourires aussi&#8230; Il faudrait que je le goûte pour comparer plus en profondeur.<br />
- Salope !<br />
- Répète&#8230;<br />
Le jeune homme la retourne et prend la main. Assise entre ses cuisses, le dos appuyé contre son torse, Scribe savoure pleinement l&#8217;instant. Ocelot est enfoncé en elle jusqu&#8217;à la garde. Elle est totalement prisonnière de ses caresses. Il joue avec son clitoris, lui raconte ce qu&#8217;il va lui faire tout contre l&#8217;oreille.<br />
- Tu mouilles&#8230; J&#8217;aime te faire mouiller&#8230; Hmmm. Tu es un vrai torrent. Je suis trempé. Ton vagin est si doux, si&#8230;<br />
Scribe jouit une première fois. La première fois d&#8217;une longue série. Il lui racontera les spasmes de son vagin autour de sa queue. Il lui dira combien il aime l&#8217;entendre lui dire qu&#8217;elle jouit. Il lui contera comment il la prendra aujourd&#8217;hui, demain, maintenant. Scribe abaisse sa garde. Elle jouit. Son corps ne lui obéit plus, le salaud.<br />
- Tu les comptes ?&#8230; Je veux t&#8217;entendre me dire que tu jouis&#8230; Je sens tes spasmes. Viens, viens&#8230;<br />
Passé le cinquième, la belle a cessé les additions.<br />
- Je suis folle de toi&#8230;<br />
Ocelot pince ses tétons, malaxe ses seins. Elle a envie de son gland sur ses lèvres. Elle a envie de son gland dans sa bouche. Elle a envie de le retourner et de le prendre comme une amazone.<br />
Lequel des deux propose à l&#8217;autre de monter là-haut, dans la chambre ? Il s&#8217;éclipse à la douche pendant qu&#8217;elle fume lentement un nouveau joint. Quand elle se lève, elle vacille en riant. La douche la dégrise légèrement. Ce flottement qu&#8217;elle découvre lui plaît. Plus, elle détesterait.<br />
Scribe s&#8217;avance vers le lit. Il la regarde venir à lui, allongé sur le dos, un bras derrière la tête. Rapidement, elle le recouvre de son corps, lui murmure contre la bouche qu&#8217;elle adorerait l&#8217;attacher. Juste les poignets pour qu&#8217;il puisse encore lui tirer les cheveux quand elle le prend dans sa bouche. Il sourit.<br />
- Tu crois vraiment que c&#8217;est toi qui mènes la danse ?<br />
Scribe lui mord la lèvre en tentant de l&#8217;empêcher de bouger.<br />
- Peut-être que je n&#8217;ai pas la main. Peut-être que c&#8217;est une illusion. Mais ce que je te fais là maintenant avec mon vagin&#8230;<br />
- Han&#8230;<br />
- Tu aimes ?<br />
- Han&#8230;<br />
- Je crois que tu aimes.<br />
- On raconte que lors de leur nuit de noce, la jeune épouse indienne devait faire jouir son mari en le touchant uniquement de son vagin. Il ne la touchait pas non plus.<br />
- Tu aimes ?<br />
- J&#8217;adore. J&#8217;adore. J&#8217;ai envie de te prendre par derrière. De m&#8217;enfoncer jusqu&#8217;à la garde.</p>
<p>Ils finiront par s&#8217;endormir quelques heures avant de reprendre leurs jeux aussi sexuels qu&#8217;érotiques. Deux nuits et trois jours à se provoquer, à se lécher, à se toucher, à s&#8217;enfoncer, à s&#8217;embrasser, à se prendre, à se sucer. Il cuisinera pour elle. Scribe le regardera faire. De temps en temps, elle viendra caresser ses fesses offertes. Ocelot ne portera qu&#8217;un tee-shirt et un tablier.<br />
- Tu m&#8217;as épuisé. Je vais mettre plusieurs jours à récupérer.<br />
Scribe lui sourit.<br />
- Moi aussi j&#8217;ai des courbatures.<br />
- J&#8217;ai envie que tu me réserves ta croupe.<br />
- Je ne veux pas promettre. Mais j&#8217;essayerai&#8230; Est-ce que je te demande moi, de ne pas revoir ta jolie asiatique ?<br />
- Tu étais où, avant ?<br />
- Et toi ?<br />
- Je n&#8217;ai pas envie que tu partes.<br />
- J&#8217;aimerais pouvoir ne pas partir.</p>
<p>Dans le train qui la ramène à sa chambre carmélite, Scribe lui écrit.<br />
« Jaguar, ça t&#8217;irait aussi très bien. »</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>Un taxi nommé Désirs</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jul 2010 20:59:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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Dam n&#8217;était pas venu au rendez-vous.
Scribe en avait profité pour lire et pour écrire, d&#8217;abord à l&#8217;Indiana, ensuite dans sa chambre de l&#8217;hôtel Holiday Inn. De toute façon, Bô ne l&#8217;attendait pas avant 19 heures. Porte d&#8217;Orléans. Et elle avait besoin de se reposer avant cette nuit.
19 heures, devant la grande pharmacie, Porte d&#8217;Orléans.
Des passants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/07/cali-rise-nb.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10055" title="cali-rise-nb" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2010/07/cali-rise-nb.jpg" alt="" width="308" height="600" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dam n&#8217;était pas venu au rendez-vous.<br />
Scribe en avait profité pour lire et pour écrire, d&#8217;abord à l&#8217;Indiana, ensuite dans sa chambre de l&#8217;hôtel Holiday Inn. De toute façon, Bô ne l&#8217;attendait pas avant 19 heures. Porte d&#8217;Orléans. Et elle avait besoin de se reposer avant cette nuit.</p>
<p style="text-align: justify;">19 heures, devant la grande pharmacie, Porte d&#8217;Orléans.<br />
Des passants empressés cavalent pour traverser la rue, pour s&#8217;enfoncer dans l&#8217;entrée du passage souterrain, pour sortir du métro. Même pour attendre le bus les Parisiens sont pressés. Scribe allume une énième cigarette tout en tapant un SMS.<br />
« J&#8217;arrive d&#8217;ici 10 minutes. »<br />
<em>Toujours en retard&#8230; Et s&#8217;il ne venait pas ?<br />
</em>Un nouveau texto arrive.<br />
« Je porterai une veste de costume bleue. Et toi, robe ? »<br />
<em>Oui, robe. Mais je n&#8217;ai pas encore enlevé mon string. Plus tard. Normalement.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Perchée sur ses talons, Scribe commence à s&#8217;impatienter quand Bô surgit. Elle aime toujours autant sa voix. L&#8217;écouter l&#8217;apaise. Ils repartent en direction du Paris-Orléans. Bô a faim. Il l&#8217;avait prévenu. Scribe a soif.<br />
- Ce sera deux coupes de Champagne. Tu veux du Champagne, n&#8217;est-ce-pas ? Et je vais commander.<br />
Le garçon repart.<br />
Bô la regarde, amusé.<br />
- Alors ? Tu étais énervée en début de semaine. Tu m&#8217;en veux ?<br />
- Non&#8230; Un peu. Mais non, je suis très contente&#8230; Je suis juste&#8230; fatiguée.<br />
- Et lui ? Tu me raconteras ?<br />
Scribe rit. Bô&#8230; Elle le regarde. Il mange en ronronnant. Comme il fait l&#8217;amour. Ou presque. A ce moment, il est encore plus vorace et ses ronronnements de plaisir deviennent des râles.<br />
- Comment est-il ?<br />
- Joueur. Il se dit joueur.<br />
- Tu as vu Dam ?<br />
- No comment. Un problème d&#8217;occupation de canapé. En apparence.<br />
- Tu connais mon avis.<br />
- Et je n&#8217;ai pas envie de l&#8217;entendre.<br />
- Raconte !<br />
- Que je te dise quoi ? Il est venu à moi en me complimentant sur mes jambes et alors que j&#8217;éjecte tous les hommes qui m&#8217;abordent ainsi, je l&#8217;ai laissé entrer.<br />
- Hum.<br />
- Quoi ?<br />
- Rien.<br />
- Toi et moi, c&#8217;était instinctif. Animal&#8230;<br />
- Avec lui aussi, tu verras. Et il va venir. Tu te calmes. Tu sais à quoi il ressemble ?<br />
- Oui. Beau mec. Yeux bleus. Je n&#8217;ai pas envie que tu partes.<br />
A son tour, Bô éclate de rire. Leurs voisins s&#8217;étonnent. Le garçon leur rapporte une seconde coupe. Bô et Scribe allument une nouvelle cigarette. La rue foisonne de monde. Les SMS se rapprochent.<br />
- Il est là.<br />
- Tu le vois ?<br />
- Il vient de me l&#8217;écrire. Putain !<br />
- Tu me fais rire. Il faut vraiment que j&#8217;y aille. Tu me raconteras. Je veux tout savoir.<br />
- Je te déteste !<br />
- Moi aussi.<br />
Bô s&#8217;est à peine éloigné que le serveur demande à Scribe s&#8217;il l&#8217;a abandonnée. Elle lui répond qu&#8217;elle attend quelqu&#8217;un, le regard tueur. Et il surgit dans son dos, se penche et l&#8217;embrasse. Rapide.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle l&#8217;avait imaginé vêtu d&#8217;une autre manière. Le bleu de ses yeux la captive tout autant que sa voix. Et sa bouche. Elle a immédiatement envie de baiser sa bouche, de sucer ses doigts. Elle le prendrait bien là, alors qu&#8217;il est assis sur sa chaise, occupé à commander une coupe de Champagne.<br />
- Tu es nerveuse si j&#8217;en juge par le nombre de cigarettes que tu as fumé. Peur ?<br />
- Je n&#8217;étais pas seule. Pas peur, non.<br />
- Menteuse.<br />
Scribe ne répond pas. Sous sa robe, elle porte toujours son string alors qu&#8217;elle lui avait promis d&#8217;être sans culotte. Un instant, elle songe à l&#8217;enlever et à lui tendre. Juste pour voir sa réaction. Mais il se lève et elle le suit, curieuse de la suite.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils vont marcher et papoter dans la nuit jusque sur le Pont des Arts, après avoir mangé dans un restaurant dont Scribe oubliera le nom. Ils boiront une bière dans un bar incertain. Lui en boira deux. Leur serveur aura un look de rockeur alcoolique et des clients gais comme des Italiens qui auront bu trop de vin. Ils fumeront et écraseront leurs cigarettes sur le carrelage déjà sale. Surtout lui. Elle rêvera de fourrager dans ses cheveux mais n&#8217;esquissera même pas l&#8217;ombre du geste.<br />
Dans les rues, Scribe aura envie de lui mettre la main au cul un nombre incalculable de fois.<br />
<em>Bordel ! Baise-moi !<br />
</em>Il se retournera toujours rapidement vers elle, amusé.<br />
- On rentre ?<br />
Et il hèlera un taxi.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle s&#8217;engouffre dedans avant lui, annonçant la gare de l&#8217;Est.<br />
L&#8217;adresse exacte de l&#8217;hôtel, elle l&#8217;a oubliée depuis longtemps.<br />
Le chauffeur démarre.<br />
Enfin, son compagnon se rapproche d&#8217;elle et glisse sa main sous sa robe. Ses doigts caressent les bas, remontent plus haut, toujours plus haut. La jeune femme frisonne quand ils atteignent sa peau. C&#8217;est doux. C&#8217;est chaud. C&#8217;est le string.<br />
Elle l&#8217;entend sourire et penser « petite joueuse ! » et a soudain envie de le mordre méchamment.<br />
<em>Mais putain de merde ! Je n&#8217;allais pas arriver au rendez-vous avec Bô sans dentelle comme cette&#8230; Si tu continue&#8230; Si&#8230;<br />
</em>Son complice écarte alors la dentelle humide.<br />
Un murmure de satisfaction envahit l&#8217;habitacle alors qu&#8217;il découvre sa peau lisse.<br />
- J&#8217;en étais sûr !<br />
C&#8217;est le conducteur du taxi qui part en vrille.<br />
L&#8217;animateur radio vient de balancer une info qu&#8217;il a déjà lue dans cet article de journal. Cet imbécile le leur tend en lâchant son volant juste au moment où la voiture aborde un tournant.<br />
<em>Un parapet ? Mourir écrasée contre un mur de pierres alors que&#8230; J&#8217;aime. Encore, j&#8217;en veux encore. Plus. Je veux plus. Surtout, ne t&#8217;arrête pas !<br />
</em>Son nouvel amant répond à leur chauffeur comme si de rien n&#8217;était. Scribe entrouvre un peu plus ses cuisses réclamant la caresse, la tête tournée vers la nuit. Et puis sa bouche se pose sur le lobe de son oreille.<br />
Il suce.<br />
Il mordille.<br />
Il lèche.<br />
Puis sa bouche s&#8217;approche de ses lèvres.<br />
Il l&#8217;embrasse en profondeur et ses doigts deviennent encore plus gourmands.<br />
Dès lors, le monde extérieur n&#8217;existe plus.<br />
- Hem. Hem. Hem hem.<br />
Il faudra plusieurs minutes avant qu&#8217;ils ne réagissent aux toussotements du chauffeur. Le gus n&#8217;a même pas pris la peine de les arrêter devant la gare.<br />
Aussitôt la portière claquée, son amant se colle à elle.<br />
<em>Oui, oui, oui. Retrousse ma robe, plus haut, encore plus haut. Je me moque des passants. Je te veux toi, là. Là !</em></p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant, c&#8217;est Scribe qui ouvre la marche. C&#8217;est elle qui détient les clés de la chambre.<br />
Un ascenseur, un couloir, deux couloirs.<br />
Une fente, un déclic et la pénombre.<br />
Leurs mains s&#8217;agrippent au corps de l&#8217;autre.<br />
Leurs bouches s&#8217;aspirent, goulues.<br />
Les doigts furètent ici, déshabillent là.<br />
Enfin, elle fourrage ses cheveux.<br />
Enfin, elle touche sa peau.<br />
Leurs vêtements jonchent bientôt la moquette, inutiles.<br />
<em>Le bureau ? Oui, le bureau&#8230; Attends que j&#8217;enlève mes bagues&#8230; Ma montre&#8230; Mes boucles d&#8217;oreilles&#8230; Et ta queue contre mes fesses&#8230; Dieu, comme j&#8217;ai envie que tu me prennes, là, maintenant ! Nom de Zeus comme je te déteste de me deviner autant ! Je te&#8230; Je te&#8230; Oh oui, encore, encore&#8230;<br />
</em>Scribe sort de la salle de bain, s&#8217;approche du lit où il est étendu sur le dos, un bras sous la nuque. Aimantée, elle se colle tout contre lui. Le touche là et puis encore là. Son envie de lui revient intacte. Brûlante. Alors, elle se redresse et pose ses lèvres tout contre les siennes. Elle adore l&#8217;embrasser. C&#8217;est doux. C&#8217;est humide. C&#8217;est mordant. Il se laisse faire comme un gros chat.<br />
Elle le lèche.<br />
Elle le mord.<br />
Elle le griffe.<br />
Elle le branle.<br />
Elle le suce.<br />
Elle le suce.<br />
Elle le suce.<br />
Elle l&#8217;embrasse, aguicheuse.<br />
Il la renverse, la domine.<br />
Ils rient.<br />
Ils s&#8217;aiment.<br />
Ils fument dans la salle de bains.<br />
Ils boivent.<br />
Ils baisent.<br />
Ils oublient de boire dans la salle de bains.<br />
Ils s&#8217;aiment encore.<br />
Ils baisent encore.<br />
Il la lèche.<br />
Il la renifle.<br />
Il la suce.<br />
Il l&#8217;aspire.<br />
Il la mordille.<br />
Il la branle.<br />
Il la suce.<br />
Il la suce.<br />
Il la boit.<br />
Il la mord aux tétons, si fort, si fort.<br />
Mais il la pénètre si tant, si tant.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;étreinte en étreinte, le grand jour les surprend nus, sur les draps. Scribe n&#8217;a pas envie qu&#8217;il parte. Vraiment pas. Elle qui regarde toujours ses amants sortir de sa chambre le sourire aux lèvres se surprend à imaginer quel stratagème tordu pourrait le retenir auprès d&#8217;elle.<br />
- Ocelot&#8230;<br />
- Oui ?<br />
- Oui.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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