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	<title>Impudique Magazine</title>
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	<pubDate>Tue, 08 May 2012 14:11:13 +0000</pubDate>
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		<title>Back Up de Paul Colize : latitude rock&#8217;n'roll !</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 14:11:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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Paul Colize vit à Waterloo, près Bruxelles. Back Up est son huitième roman.
Extraits 
1
Un joli petit oiseau
[...]
Larry Speed, de son vrai nom Larry Flinch, était le fondateur et le leader de Pearl Harbor, le groupe de rock qu&#8217;il avait formé trois ans auparavant, alors qu&#8217;il vivait encore à Battersea, un quartier de la banlieue sud [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/05/back-up.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10567" title="back-up" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/05/back-up.jpg" alt="" width="369" height="600" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Paul Colize vit à Waterloo, près Bruxelles. Back Up est son huitième roman.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extraits </strong></p>
<p style="text-align: justify;">1</p>
<p style="text-align: justify;">Un joli petit oiseau</p>
<p style="text-align: justify;">[...]<br />
Larry Speed, de son vrai nom Larry Flinch, était le fondateur et le leader de Pearl Harbor, le groupe de rock qu&#8217;il avait formé trois ans auparavant, alors qu&#8217;il vivait encore à Battersea, un quartier de la banlieue sud de Londres.<br />
Enfant illégitime, il n&#8217;avait pas connu son père, un coureur de jupons qui avait disparu du jour au lendemain, peu avant sa naissance. Il avait passé son enfance et la majeure partie de son adolescence au second étage d&#8217;une modeste maison de Queenstown Road, choyé par une mère omniprésente qui l&#8217;idolâtrait. Durant près de vingt ans, les quatre gigantesques cheminées de la centrale électrique construite sur le versant de la Tamise lui avaient servie d&#8217;horizon.<br />
A l&#8217;inverse du mythe qui veut qu&#8217;un bassiste de rock soit un bagarreur intrépide, prompt à passer à tabac le premier contradicteur venu, Larry était un blanc-bec chétif, au visage émacié, au teint maladif et au courage limité.<br />
Sous l&#8217;impulsion de sa mère, il avait suivi des cours de solfège et appris le piano à l&#8217;âge de huit ans. Quatre ans plus tard, il était passé à la guitare jazz, pour rapidement basculer vers la basse et suivre les pas de son modèle de l&#8217;époque, Charlie Mingus. De sa formation classique, il avait conservé la rigueur et la précision. Il affirmait avec le plus grand sérieux que les lignes de basses les plus abouties avaient été composées par Jean-Sébastien Bach deux siècles auparavant et que personne ne l&#8217;avait surpassé depuis, sauf Jack Bruce.<br />
Introverti, taciturne et misanthrope, il masquait son mal de vivre derrière un sourire cauteleux et des sarcasmes assassins.<br />
Il subissait néanmoins de saisissantes métamorphoses lorsqu&#8217;il entrait en scène. Il devenait alors excentrique, enjoué et se mettait à gesticuler comme un forcené.</p>
<p>Peu avant seize heures, il arriva au Punta Negra, un hôtel flambant neuf perché sur une petite péninsule de la Costa d&#8217;en Blanes, à une vingtaine de kilomètres de Palma.<br />
Il prit possession de sa chambre, ouvrit sa valise et en étendit le contenu sur le sol.<br />
Une demi-heure plus tard, il fit son apparition à la piscine de l&#8217;hôtel où sa peau fatiguée, ses longs cheveux noirs et sa chemise à franges, ouverte sur son torse décharné, détonnèrent avec le hâle et les rondeurs des vacanciers allongés sur les chaises longues. Pour ajouter au contraste, ses bras étaient chargés de tatouages dont le plus explicite louait les bienfaits de la fellation.<br />
Les clients de l&#8217;hôtel échangèrent des propos à mi-voix en l&#8217;épiant du coin de l&#8217;œil. Indifférent aux regards suspicieux, Larry s&#8217;accouda au bar et commanda une bière qu&#8217;il vida d&#8217;un trait. Déconcerté par le prix dérisoire qu&#8217;il lui fut réclamé, il décida de passer à la vitesse supérieure et relança au gin coca.</p>
<p style="text-align: justify;">Vers dix-huit heures, alors que le soleil commençait à décliner, il avait avalé assez d&#8217;alcool et offert suffisamment de pourboires au barman pour s&#8217;enquérir des possibilités de divertissements plus pimentés. Ce dernier lui apprit que Majorque disposait au quinzième siècle d&#8217;un bordel public dont la dextérité des pensionnaires attirait les marins à vingt mille lieues à la ronde. D&#8217;après ses dires, l&#8217;attachement au travail bien fait s&#8217;était conservé au fil du temps. Il lui vanta entre autres le Mustang et le Bora Bora.<br />
[...]<br />
Lorsque la mère de Larry appris son décès par téléphone, quelques heures plus tard, elle fit couler un bain chaud, s&#8217;y plongea avec une photo de son fils et s&#8217;ouvrit les veines.<br />
Pendant que la vie quittait son corps, elle fredonna les couplets de <em>Hush Little Baby</em>, la berceuse qu&#8217;elle lui chantait durant les premières années de sa vie.<br />
[...] </p>
<p style="text-align: justify;">2</p>
<p style="text-align: justify;">La brume</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dieu me pardonnera-t-il ce que j&#8217;ai fait ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Lui connaît la vérité. Il sait que je n&#8217;ai pas voulu cela. Ce qui est arrivé n&#8217;est qu&#8217;un malheureux concours de circonstances.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dieu croira mon histoire, cette histoire dont les hommes n&#8217;ont pas voulu, cette histoire dont les pages ont disparu et que je retourne sans cesse dans ma tête pour éviter que les détails ne s&#8217;évanouissent dans la brume.<br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">3 </p>
<p style="text-align: justify;">X MIDI</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;appel arriva au service d&#8217;urgence à 18 h 12.<br />
Une femme signala qu&#8217;un piéton avait été renversé par une voiture sur l&#8217;avenue Fonsny, à proximité de l&#8217;entrée de la gare du Midi.<br />
Le préposé lui posa les quelques questions susceptibles d&#8217;évaluer la gravité de la situation.<br />
- Y a-t-il d&#8217;autres blessés ?<br />
- Non.<br />
- Est-il conscient ?<br />
- Je ne pense pas.<br />
- Est-ce qu&#8217;il bouge ? Est-ce qu&#8217;il remue les jambes ou les bras ?<br />
- Pas à première vue.<br />
- Il déclencha aussitôt le dispositif d&#8217;intervention.<br />
[...]<br />
Aux environs de minuit, un policier vint aux nouvelles. Aucun papier n&#8217;avait été trouvé. Seule l&#8217;une des aides-soignantes avait relevé un indice, quelques données griffonnées au marqueur sur sa main gauche : <em>A20P7</em>.<br />
Le policier haussa les épaules.<br />
- Avec ça, on n&#8217;ira pas loin. On va attendre quelques jours pour voir s&#8217;il y a un avis de disparition qui correspond, à part ça, il n&#8217;y a pas grand-chose à faire.</p>
<p style="text-align: justify;">Le lendemain, à l&#8217;ouverture du secrétariat, l&#8217;employée administrative remplit la fiche d&#8217;enregistrement et mentionna que le sujet avait été admis à l&#8217;hôpital le jeudi 11 février 2010, à 18 h 45.<br />
A l&#8217;emplacement du patronyme, elle inscrivit <em>X Midi</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé </strong></p>
<p style="text-align: justify;">1967<br />
L&#8217;aviation américaine bombarde Hanoï.<br />
Les Beatles signent leur chef d&#8217;œuvre.<br />
Des jeunes découvrent le LSD.<br />
A Berlin, un homme cherche son chemin sous la pluie.<br />
Des hommes vont mourir.<br />
2010 Bruxelles<br />
Un inconnu est renversé par une voiture et sombre dans le coma.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Choisir de mener un récit à trois voix, il faut déjà oser.<br />
<strong>Paul Colize</strong> l&#8217;a fait.</p>
<p style="text-align: justify;">Mêler sans s&#8217;empêtrer des anecdotes croustillantes sur le monde du rock (de sa naissance à nos jours), des évènements historiques, la descente aux enfers de plusieurs personnages et la CIA, il faut encore plus oser.<br />
Bien sûr, <strong>Paul Colize</strong> l&#8217;a fait.</p>
<p style="text-align: justify;">Réussir ensuite à tenir le lecteur en haleine jusqu&#8217;à la dernière ligne alors que le personnage principal ne sort pas de sa chambre d&#8217;hôpital, le tout en ayant une écriture fluide où le noir côtoie un humour jamais vulgaire, il faut être sacrément doué.<br />
<strong>Paul Colize</strong> l&#8217;a parfaitement réalisé.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;en déduis que non seulement cet écrivain n&#8217;a pas froid aux yeux mais qu&#8217;en plus, il est bourré de talent ! Lecteur, quel que soit ton sexe, à toi d&#8217;oser !<br />
<em>Back Up</em> est un polar à acheter, à lire et à offrir sans modération !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Back Up, Paul Colize, éditions La Manufacture de Livres 19,90 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
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		<item>
		<title>Juste une ombre de Karine Giebel : ambiance flippante garantie !</title>
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		<pubDate>Wed, 02 May 2012 17:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
Le premier roman de Karine Giebel, Terminus Elicius (La Vie du rail) a reçu le Prix Marseillais du Polar en 2005. Ont suivi Meurtres pour rédemption (réédité au Fleuve Noir), Les morsures de l&#8217;ombre (Fleuve Noir) tour à tour lauréat du prix Intramuros du Prix SNCF 2009 et du prix Entre les murs, Chiens de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/05/juste-une-ombre.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10564" title="juste-une-ombre" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/05/juste-une-ombre.jpg" alt="" width="400" height="649" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier roman de <strong>Karine Giebel</strong>, <em>Terminus Elicius</em> (La Vie du rail) a reçu le Prix Marseillais du Polar en 2005. Ont suivi <em>Meurtres pour rédemption</em> (réédité au Fleuve Noir), <em>Les morsures de l&#8217;ombre</em> (Fleuve Noir) tour à tour lauréat du prix Intramuros du Prix SNCF 2009 et du prix Entre les murs, <em>Chiens de sang</em> (Fleuve Noir) et <em>Jusqu&#8217;à ce que la mort nous unisse</em> (Fleuve Noir) lauréat du Prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Juste une ombre</em> est sons sixième roman.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A noter</strong> :<br />
Parution de <em>Meurtres pour rédemption</em> chez Pocket<br />
Parutions de <em>Chiens de sang</em> et de <em>Morsures de l&#8217;ombre</em> en version numérique chez Fleuve Noir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Prologue</p>
<p style="text-align: justify;">La rue est longue. Etroite. Obscure et humide.<br />
Je n&#8217;ai pas très chaud dans mon manteau. Pour pas dire froid. Dans le dos, surtout.<br />
J&#8217;accélère, pressée de retrouver ma voiture. Et mon lit, l&#8217;instant d&#8217;après.<br />
Je n&#8217;aurais pas dû me garer si loin. Je n&#8217;aurais pas dû boire autant. Partir si tard.<br />
D&#8217;ailleurs, je n&#8217;aurais pas dû aller à cette soirée. A archiver dans les moments gâchés. Les temps perdus, si nombreux. Cette soirée, j&#8217;aurais mieux fait de la passer en compagnie d&#8217;un bon livre ou d&#8217;un beau mec. Mon mec.<br />
La moitié des lampadaires est en panne. Il fait sombre, il fait tard. Il fait seul.<br />
Le bruit de mes pas se cogne aux murs sales. Je commence sérieusement à avoir froid. Et sans trop savoir pourquoi, à avoir peur. Sentiment vague, diffus ; qui m&#8217;étrangle en douceur. Deux mains glacées se sont lovées autour du cou sans que j&#8217;y prenne garde.<br />
Peur de quoi, au fait ? L&#8217;avenue est déserte, je ne vais pas me faire attaquer par une poubelle !<br />
Allez, plus qu&#8217;une centaine de mètres. Peut-être deux, à tout casser. Rien du tout, quoi&#8230;<br />
Soudain, j&#8217;entends quelqu&#8217;un marcher dans mon dos. Instinctivement, je passe la seconde puis je me retourne.<br />
Une ombre, vingt mètres derrière moi. Un homme, je crois. Pas le temps de voir s&#8217;il est grand, petit, gros ou maigre.<br />
Juste une ombre, surgie de nulle part. Qui me suit, dans une rue déserte, à 2 heures du matin.<br />
Juste une ombre&#8230;<br />
J&#8217;entends mon cœur. Je le sens. Curieux comme on peut sentir son cœur, parfois. Alors que la plupart du temps on ne fait pas attention à lui.<br />
J&#8217;accélère encore. Lui aussi. Mon cœur aussi.<br />
Je n&#8217;ai plus froid, je ne suis plus ivre. Je ne suis plus seule. La peur est avec moi. En moi. Précise, désormais.<br />
Encore un fugace mouvement de tête : la silhouette s&#8217;est rapprochée. Désormais, cinq ou six mètres nous séparent. Autant dire rien.<br />
J&#8217;essaie de ne pas céder à la panique.<br />
C&#8217;est seulement un type qui rentre chez lui, comme moi.<br />
Je bifurque à droite, me mets à courir. Au milieu de la rue, je regarde en arrière : il a disparu. Au lieu de ma rassurer, ça finit de me terroriser. Où est-il ?<br />
Il a sans doute continué tout droit ; il a seulement dû rire un bon coup en me voyant paniquer de la sorte ! Je ralentis un peu, tourne encore à droite. Allez, j&#8217;y suis presque !<br />
Je débouche enfin dans la rue Poquelin, cherche la clef dans mon sac. La sentir sous mes doigts me fait du bien. Je les yeux, repère ma voiture sagement garée au milieu des autres. J&#8217;actionne l&#8217;ouverture automatique des portières, les clignotants me répondent.<br />
Plus que dix mètres. Plus que cinq. Plus que&#8230;<br />
L&#8217;ombre surgit d&#8217;un renfoncement. Mon cœur se détache et tombe dans le vide.<br />
Choc. Commotion cérébrale.<br />
Il est immense. Entièrement vêtu de noir, une capuche sur la tête.<br />
Je recule d&#8217;un pas, simple réflexe. La bouche ouverte sur un hurlement resté coincé au fond de moi.<br />
Cette nuit, dans une rue déserte, sordide, je vais crever ! Il va se jeter sur moi, me poignarder ou me frapper, m&#8217;étrangler, m&#8217;ouvrir le ventre. Me violer, m&#8217;assassiner.<br />
Je ne vois pas son visage, on dirait qu&#8217;il n&#8217;en a pas.<br />
Je n&#8217;entends plus mon cœur, on dirait que je n&#8217;en ai plus.<br />
Je ne me vois plus aucun avenir, on dirait que&#8230;<br />
Mon Dieu, je vais mourir. Pas maintenant, pas ce soir. Pas ici, pas comme ça&#8230; !<br />
Si je cours, il me rattrapera. Si je ne bouge pas, il se jettera sur moi. Si je hurle, il me fera taire. A jamais.<br />
Alors, pétrifiée, je fixe cette ombre sans visage. Je ne pense plus à rien, je ne suis plus rien.<br />
Si, une proie.<br />
J&#8217;ai l&#8217;impression de voir briller ses yeux dans la pénombre, tels ceux d&#8217;un fauve, la nuit.<br />
Ça dure de longues secondes, ce face-à-face. Cet odieux face-à-face.<br />
Lui, contre ma voiture. Moi, contre un mur. Confrontée à ma propre mort.<br />
Et puis soudain, il tourne les talons et s&#8217;éloigne, se fondant lentement dans les ténèbres. Ne faisant plus qu&#8217;un avec elle, il disparaît.<br />
Mes jambes se mettent à trembler, la clef de ma voiture glisse entre mes doigts. Mes genoux se plient, je m&#8217;écroule sur le trottoir. Entre deux poubelles.<br />
Je crois que je viens de me pisser dessus.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé </strong></p>
<p style="text-align: justify;">En sortant de chez sa meilleure amie, Cloé Beauchamp, qui vise la direction de l&#8217;entreprise dans laquelle elle travaille, fait une mauvaise rencontre. Seulement, ni ses proches ni la police ne voudra la croire quand elle racontera qu&#8217;une ombre la suit, ouvre son courrier, déplace des objets dans sa maison, l&#8217;observe lorsqu&#8217;elle fait sa toilette. Peut-être que Cloé est folle ?<br />
Un flic à la dérive va pourtant décider de lui venir en aide. Mais peut-être sera-t-il trop tard ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une écriture fluide.<br />
Une intrigue implacable.<br />
Un suspense soutenu.<br />
Des personnages complexes et déchirés.<br />
Amis du noir, ne boudez pas votre plaisir ! Du grand, du très grand <strong>Giebel</strong> !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Juste une ombre, Karine Giebel, éditions Fleuve Noir 500 pages 19,20 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les fantômes du Delta d&#8217;Aurélien Molas : LE thriller audacieux de 2012 !</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Apr 2012 17:26:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
Son premier roman, La onzième plaie, a paru en 2010 chez Albin Michel.
Aurélien Molas, 26 ans, est né à Tarbes. Scénariste, il a notamment travaillé avec André Téchiné.
Extrait de Les fantômes du Delta
Debout sous l&#8217;auvent en tôle ondulée, vêtue d&#8217;une tunique bleu-vert, la femme serrait un paquet contre son sein. Elle était agitée et triturait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/04/les-fantomes-du-delta.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10561" title="les-fantomes-du-delta" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/04/les-fantomes-du-delta.jpg" alt="" width="400" height="582" /></a></p>
<p>Son premier roman, <em>La onzième plaie</em>, a paru en 2010 chez Albin Michel.<br />
<strong>Aurélien Molas</strong>, 26 ans, est né à Tarbes. Scénariste, il a notamment travaillé avec André Téchiné.</p>
<p><strong>Extrait de <em>Les fantômes du Delta</em></strong></p>
<p>Debout sous l&#8217;auvent en tôle ondulée, vêtue d&#8217;une tunique bleu-vert, la femme serrait un paquet contre son sein. Elle était agitée et triturait nerveusement les pans du chèche qui lui couvrait les épaules et les cheveux. Le tissu collait à sa peau, révélant un corps osseux, amaigri par la faim, les drogues ou la maladie.<br />
Le prêtre éprouva une sensation familière, une onde de chaleur soudaine qui s&#8217;estompa lorsqu&#8217;il aperçut le visage de la visiteuse. Elle devait avoir entre trente-cinq et quarante ans, mais ses traits étaient marqués, aussi creusés que ceux d&#8217;une vieille femme. Il supposa que le VIH, ou une autre saloperie du même genre, avait commencé à affaiblir ses défenses immunitaires et modifiait déjà son apparence.<br />
- Bonsoir, je suis le père David&#8230;<br />
Elle leva lentement les yeux vers lui, et croisant son regard, il eut un mouvement de recul. Ce geste avait été instinctif, aussi brusque que l&#8217;onde de chaleur dans son ventre, comme si son organisme réagissait à la présence de cette femme indépendamment de son esprit. Il se reprit et s&#8217;éclaircit la gorge.<br />
- Je peux vous aider ?<br />
Au-dessus de la jungle, la blancheur inouïe d&#8217;un éclair précéda d&#8217;une seconde le roulement assourdissant du tonnerre. Le paquet que la femme tenait contre sa poitrine se tortilla, et émit une sorte de râle que le prêtre n&#8217;eut aucun mal à identifier. Il se crispa, devinant les raisons qui avaient poussé cette mère à braver les intempéries.<br />
L&#8217;orphelinat des Petits Frères du Peuple accueillait deux cents enfants, dont près de cinquante nourrissons. Depuis qu&#8217;il avait été nommé directeur, le père David faisait face à l&#8217;afflux régulier de nouveaux pensionnaires.<br />
Les famines au nord du pays et les affrontements entre musulmans et chrétiens poussaient les agriculteurs à abandonner leurs terres et à tenter leu chance au Lagos ou à Port Harcourt. Ils quittaient une misère pour une autre. Et comme toujours, les gamins trinquaient. Paludisme, épidémie de choléra, dysenterie, intoxication, malnutrition, le taux de mortalité infantile dans la région était d&#8217;une enfant sur trois.<br />
La femme n&#8217;avait pas encore dit un mot, et le prêtre se demanda si elle parlait anglais. Il pencha la tête, prenant cet air concerné qui, habituellement, suscitait la confiance immédiate de l&#8217;interlocuteur.<br />
Pour l&#8217;avoir répété des centaines de fois, il savait ce qu&#8217;il fallait dire aux parents pour les rassurer, leur faire toucher du doigt ce qu&#8217;ils ne pouvaient plus apporter à leurs enfants. Parce qu&#8217;il avait renoncé depuis longtemps à les convaincre de garder leur bébé. Les junkies et les malades en phase terminale étaient émotionnellement si fragiles, qu&#8217;il suffisait d&#8217;évoquer le besoin d&#8217;amour de l&#8217;enfant pour qu&#8217;ils changent d&#8217;avis. Ils promettaient alors de prendre soin de lui, juraient de le choyer et même de changer de vie. Mais ces promesses ne duraient que le temps qui les séparait d&#8217;une nouvelle pipe à crack, ou d&#8217;un nouvel accès de douleur. Et les eaux profondes du Niger recelaient de trop nombreux cadavres de nouveau-nés.<br />
- Notre établissement, dit-il en prenant soin de détacher chaque syllabe, offre une réelle chance à votre enfant. il aura accès à des soins médicaux et nous lui donnerons trois repas par jour. Nous mettons l&#8217;accent sur l&#8217;éducation, nous lui apprendrons à lire et à écrire. Il faut aussi que vous sachiez que nous organisons régulièrement des formations pour différents métiers&#8230;<br />
Il s&#8217;interrompit, de plus en plus mal à l&#8217;aise, sans pouvoir se l&#8217;expliquer. La femme le regardait, plus exactement, elle le dévisageait, avec une attention aiguë, mais ne semblait pas l&#8217;écouter.<br />
- S&#8217;il n&#8217;y a pas de demande d&#8217;adoption, reprit-il nous gardons nos pensionnaires jusqu&#8217;à leur quatorzième anniversaire et nous faisons tout notre possible pour les aider à s&#8217;insérer dans le monde du travail&#8230;<br />
- Tu ne me reconnais pas, dis ? le coupa-t-elle.<br />
- Pardon ?<br />
- Tu te souviens vraiment pas de moi, hein ?<br />
Interloqué, le père David se tut. La voix de cette femme, son timbre modulé lui rappelaient effectivement quelque chose, une sensation lointaine, perdue dans le brouillard, comme si une force au fond de lui, sa conscience peut-être, le gardait soigneusement à distance.<br />
- Non, je suis désolé&#8230; (Il hésita avant de demander:) On se serait déjà rencontrés ?<br />
- T&#8217;as couché avec moi.<br />
Le prêtre ne fut pas certain d&#8217;avoir entendu. La phrase flotta un moment entre eux, détachée de toute réalité. Le bruissement du vent, le clapotis de la pluie sur la terre battue, le choc régulier d&#8217;un volet contre le mur, tout avait disparu, effacé par cette unique phrase.<br />
- Tu disais même que tu m&#8217;aimais, ajouta-t-elle sans le quitter des yeux.<br />
Le père David vacilla. Il se rattrapa au montant de la porte, insensible aux échardes qui se glissaient sous sa peau. Il voulut nier, mais sut avant même de les formuler que ses protestations étaient vaines. L&#8217;ultime rempart de sa mémoire venait de céder, et la vision de son corps nu s&#8217;agitant entre les cuisses de cette femme lui donna la nausée. Sous la tunique trempée, il reconnaissait les courbes qu&#8217;il avait désirées, cette poitrine qu&#8217;il avait mordue. Le goût aigre-doux de leurs sueurs, de son sexe, lui emplissait à nouveau la bouche, comme si cette aventure d&#8217;une nuit datait de la veille.</p>
<p><strong>Résumé </strong></p>
<p>Le Delta du Niger, l&#8217;enfer sur terre : marées noires dévastatrices, paysans réduits à la famine, guérilleros traqués par des militaires sanguinaires. Pour les multinationales qui en exploitent l&#8217;or noir, une manne. Mais aujourd&#8217;hui, elles ont peut-être trouvé mieux que le pétrole&#8230;<br />
Face à leur cynisme, que pèsent les idéaux de deux médecins humanitaires bien décidés à ne pas les laisser faire ?</p>
<p><strong>Avis</strong></p>
<p>Mêlant avec audace une fresque humano-politico-géographique à la violence et à la fureur, <em>Les fantômes du Delta</em> confirme le talent d&#8217;écrivain d&#8217;<strong>Aurélien</strong> <strong>Molas</strong>.<br />
Par-delà l&#8217;intrigue imaginée par l&#8217;auteur, on admirera le temps qu&#8217;il a dû consacrer aux recherches documentaires liées aux organisations humanitaires d&#8217;aujourd&#8217;hui, à la recherche médicale et à la situation géopolitique du Niger.<br />
Il faut posséder une sacrée maturité dans l&#8217;écriture pour arriver à maintenir un suspense du début à la fin d&#8217;un roman sans pour autant en négliger le rythme.<br />
C&#8217;est à cela que l&#8217;on reconnaît les maîtres du thriller aux amateurs. Longue route à vous, Aurélien Molas !</p>
<p><strong>Les fantômes du Delta, Aurélien Molas, éditions Albin Michel 22 €</strong></p>
<p><strong></strong></p>
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		<title>Balancé dans les cordes de Jérémie Guez : ET BAM !</title>
		<link>http://www.impudique.net/2012/04/balance-dans-les-cordes-de-jeremie-guez-et-bam/</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Apr 2012 20:03:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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Balancé dans les cordes est le deuxième roman de Jérémie Guez, l&#8217;auteur de Paris la nuit.
Extrait 
- Bouge, allez bouge putain. Donne du rythme !
La sueur me pique les yeux ; mon casque, trop serré, compresse mes tempes. Les gencives à vif, mordues par le protège-dents qui m&#8217;empêche de reprendre mon souffle. Une sale tempête s&#8217;abat [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/04/balance-dans-les-cordes.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10556" title="balance-dans-les-cordes" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/04/balance-dans-les-cordes.jpg" alt="" width="400" height="542" /></a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Balancé dans les cordes</em> est le deuxième roman de <strong>Jérémie Guez</strong>, l&#8217;auteur de <em>Paris la nuit</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait </strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Bouge, allez bouge putain. Donne du rythme !<br />
La sueur me pique les yeux ; mon casque, trop serré, compresse mes tempes. Les gencives à vif, mordues par le protège-dents qui m&#8217;empêche de reprendre mon souffle. Une sale tempête s&#8217;abat sous mon crâne. Le type boxe mal. Il est d&#8217;une lenteur incroyable. Il doit faire 20 kilos de plus que moi et pourtant je peux le coucher sans même que ses poings effleurent ma joue. Pas ce soir. J&#8217;ai les jambes lourdes, le dos bloqué. Je vois les coups venir à des kilomètres mais mon corps ne répond pas.<br />
Et l&#8217;autre de cogner fort. Il sent la brèche, depuis le temps qu&#8217;il essaye de la trouver&#8230; Je sais qu&#8217;il sait. Ce fils de pute ne lâchera rien.<br />
- Donne des coups, donne des coups putain! Balance ta gauche !<br />
La voix du coach résonne. Je suis perdu sur le ring. Il faut que ça s&#8217;arrête. Mais le type casse ma garde. Je rentre les bras trop lentement. Son poing cogne le creux de mes reins, la douleur gagne mon dos. Je me dégage, je vois le crochet arriver, je me baisse un peu. L&#8217;autre gant arrive entre mes deux yeux. Je crois avoir remonté la tête au bon moment, mais non. Je sens l&#8217;entaille, la virgule qui vient s&#8217;inscrire, droite, sur ma bouche. Le sang perle de ma lèvre. J&#8217;essaye de bouger en attendant le gong. Je suis à la rue.<br />
- Stop, stop on arrête tout.<br />
Je vais dans mon coin, fais un signe du gant pour dire que j&#8217;ai soif.<br />
- Mais bordel Tony, tu peux m&#8217;expliquer à quoi tu joues ? Ton combat arrive vite mon gars. Je peux te dire qu&#8217;il y a du boulot. Continue comme ça et tu te feras étaler avant la troisième reprise, j&#8217;te l&#8217;dis moi !<br />
Je ne réponds pas et repose mes bras sur les cordes. Patrick défait les liens de mon casque et passe de la pommade sur ma lèvre. Je retire mes gants tandis qu&#8217;il me sermonne. Je ne l&#8217;écoute pas. Machinalement il me tend la bassine, je retire mon protège-dents et crache une salive pâteuse, teintée de rouge. Mon oncle, debout au fond de la salle, me fixe d&#8217;un air navré. Mes yeux restent braqués dans sa direction.<br />
- T&#8217;entends ?<br />
- Oui chef, je suis désolé, ça ne se reproduira pas.<br />
- Putain de merde, tu ne vas pas tout foutre en l&#8217;air, hein ?<br />
J&#8217;enlève mon t-shirt et éponge le sang et la sueur de mon visage. Mon coach s&#8217;arrête de parler et colle son front, fort, contre le mien.<br />
- T&#8217;as pas le droit de lâcher fils, t&#8217;as pas le droit de lâcher.<br />
Je rentre au vestiaire prendre ma douche. J&#8217;enlève mes bandes, me déshabille, et fais couler l&#8217;eau. Je plaque mes mains contre le mur de carrelage et je reste là, sous le jet, la tête vide, à attendre que mon cœur ralentisse et retrouve un rythme normal.<br />
Je sors, vêtu d&#8217;un sweat à capuche et d&#8217;un jean. Mon oncle discute avec l&#8217;entraîneur.<br />
- T&#8217;as boxé comme une vraie tarlouze ce soir, me dit-il.<br />
Je la ferme, l&#8217;inverse lui ferait plaisir. Il se tourne vers mon entraîneur :<br />
- Sois plus dur avec lui Patrick, c&#8217;est un vrai petit salopard.<br />
Je perds le fil, je m&#8217;entends juste dire :<br />
- Tonton, je t&#8217;attends à la voiture.<br />
Je sors. Respirer l&#8217;air frais me fait du bien. Je m&#8217;adosse à la camionnette. Mon oncle sort du gymnase. Il déverrouille les portières. Je balance mon sac de sport sur la banquette arrière. Il démarre la voiture sans qu&#8217;un mot soit prononcé. Mais je sais qu&#8217;il parlera. Et je sais ce qu&#8217;il va dire. [...]</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tony est un jeune boxeur qui prépare son premier combat de boxe. Il vit seul avec sa mère junkie et n&#8217;a jamais connu son père. Il s&#8217;est toujours tenu à l&#8217;écart des trafics qui rythment la vie de la cité.<br />
Un soir, sa mère se retrouve à l&#8217;hôpital, salement battue. Tony veut la venger. Pour arriver à ses fins, il va entrer en contact avec Miguel, le caïd de la ville.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Roman noir.<br />
Ecriture coups de poing.<br />
Scénario impeccable.<br />
Vous ouvrirez le livre et vous ne le lâcherez qu&#8217;au point final.<br />
Pourquoi ?<br />
Parce que <strong>Jérémie Guez</strong>.<br />
Je vous avais prévenus dès son premier roman. Il a récidivé pour son deuxième !<br />
Posséder une telle maîtrise de l&#8217;écriture, ce serait presque indécent si ce n&#8217;était pas surtout remarquable. Alors, <strong>Jérémie Guez</strong> ! Retenez son nom !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Balancé dans les cordes, Jérémie Guez, La Tengo éditions 17 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>Contretemps de Charlie Smith : l&#8217;amour exacerbé</title>
		<link>http://www.impudique.net/2012/04/contretemps-de-charlie-smith-lamour-exacerbe/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Apr 2012 17:34:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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Traduit de l&#8217;anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard
Charlie Smith est l&#8217;auteur de six romans et de sept recueils de poésie. Il a été lauréat de nombreux prix littéraires. Contretemps signe son retour après dix ans d&#8217;absence. Il partage sa vie entre New York et Key West.
Extrait :
J&#8217;étais revenu d&#8217;Indonésie l&#8217;année précédente, hâlé, avec une légère accoutumance à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/04/contretemps.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10553" title="contretemps" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/04/contretemps.jpg" alt="" width="345" height="500" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Traduit de l&#8217;anglais (Etats-Unis) par <strong>Nicolas Richard</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Charlie Smith</strong> est l&#8217;auteur de six romans et de sept recueils de poésie. Il a été lauréat de nombreux prix littéraires. <em>Contretemps</em> signe son retour après dix ans d&#8217;absence. Il partage sa vie entre New York et Key West.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;étais revenu d&#8217;Indonésie l&#8217;année précédente, hâlé, avec une légère accoutumance à la drogue, affecté d&#8217;une mycose sous les ongles, et après avoir reçu mon avis de réforme de l&#8217;armée me classant comme indésirable, je passai six mois à me balader en Europe avec mon copain de lycée Henry Devine, ancien infirmier chez les Bérets verts, qui avait été rapatrié dingo du Vietnam. Un soir, défoncé à Istanbul, peu après que ses cheveux avaient pris feu et que je les avais éteints de mes tendres mains - tandis que nous étions allongés sur le balcon de notre hôtel, regardant à l&#8217;est en direction des lumières fumeuses du quartier Bazine - Henry posa sa tête sur mon épaule - je sentis l&#8217;odeur de sa chevelure roussie, une odeur de plumes de paon brûlées - et me dit : « Est-ce que tu te remettras un jour avec Alice ? »<br />
Je fus légèrement pris au dépourvu. Son nom n&#8217;avait pas été prononcé depuis un certain temps. « Non, mentis-je. Je pense que je préfèrerais braconner dans ma propre bave. » Alice et moi avions été amoureux dès l&#8217;enfance, puis amants à un jeune âge, mais nous nous étions séparés - explosés, bouleversés, fulminés, badaboumés, serait-il plus juste de dire - avec raison de notre propension aux disputes à mort façon scorpions et d&#8217;une sale affaire dans laquelle elle et sa sœur m&#8217;avaient fait arrêter pour malfaisance, tant générale que spécifique. Je dis séparés, mais le terme n&#8217;est pas approprié. Nous nous étions l&#8217;un et l&#8217;autre mis immédiatement ensemble, à distance. Ensemble par l&#8217;esprit. Parfois comme une idée derrière la tête, parfois devant. Elle était toujours quelque part, en circulation.<br />
«  Elle habite dans une ferme musicale, c&#8217;est ça ?<br />
- C&#8217;est comme ça qu&#8217;ils l&#8217;appellent, ouais.<br />
- Ranch Rock and Roll - celui-là, hein ?<br />
- Avec son mari.<br />
- On le connaît, non ?<br />
- Il était au lycée.<br />
- Je me souviens. Je ne pense pas qu&#8217;il soit prêt à laisser tomber.<br />
- Oh, il en aura bientôt assez d&#8217;elle.<br />
- Et <em>elle</em>, alors ? »<br />
Il m&#8217;adressa un grand sourire, un de ceux qui en savaient long sur les délices à venir, et ne dit rien.<br />
«  Allez.<br />
- Ne t&#8217;en fais pas.<br />
- Tu veux dire qu&#8217;il existe entre nous une charge si puissante qu&#8217;aucune complication d&#8217;ordre uniquement humain ne peut nous tenir écartés l&#8217;un de l&#8217;autre. Une absurdité de ce genre ?<br />
- Vous êtes liés l&#8217;un à l&#8217;autre, vous deux.<br />
- Liés ?<br />
- Bien sûr. Faits l&#8217;un pour l&#8217;autre. C&#8217;est une question d&#8217;esprit.<br />
- Pauvre de moi.»<br />
Mais j&#8217;aimais toute cette histoire de destinée, ou de moins croyais l&#8217;aimer. Le destin - l&#8217;idée d&#8217;en avoir un - exonérait de toute responsabilité, et même d&#8217;avoir à rendre des comptes, ce que je désirais de tout cœur, désespérément. Selon cette philosophie, peu importe ce que vous faisiez - vous pouviez déconner à pleins tubes - les choses répondaient à une nécessité. C&#8217;est parce que j&#8217;étais absolument convaincu du contraire que je me trouvais attiré par cette approche comme philosophie. Ce que je croyais vraiment, c&#8217;est que la moindre petite chose que je faisais avait un sens et ce sens était sinistre. Je me considérais comme un enfoiré de première. Aussi aimais-je entendre que d&#8217;une certaine manière j&#8217;étais tiré d&#8217;affaires, ce que l&#8217;analyse de Henry semblait signifier.<br />
Nous prîmes un taxi jusqu&#8217;au bureau American Express et je rappelai Alice. Elle était chez elle cette fois-ci. Mais c&#8217;était le milieu de la nuit - peut-être pas le milieu, mais elle était déjà au lit. J&#8217;eus droit à sa voix endormie.<br />
« Alice, dis-je en retenant mon souffle, comment vas-tu ?<br />
- Billy», dit-elle. Puis une pause. Puis: «De quel endroit sordide m&#8217;appelles-tu maintenant ?<br />
- Du nez de l&#8217;Orient. Et comment ça maintenant ? Je ne t&#8217;ai pas appelée.<br />
- Bien sûr que si. Tu appelles tout le temps. Où es-tu ?<br />
- Je suis à Istanbul, au bureau American Express. J&#8217;y suis avec Henry.<br />
- A Istanbul tu as décidé d&#8217;implorer mon pardon ?<br />
- Ouais. Qu&#8217;est-ce que tu en dis ?<br />
- Je suis endormie.<br />
- Quelle heure est-il ? »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Billy et Alice s&#8217;aiment depuis que la belle a 6 ans. Leur amour est fou, passionnel et destructeur. Pourtant, tous les deux ne peuvent pas vivre séparés très longtemps.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Contretemps</em> est « l&#8217;un des romans américains les plus ambitieux et inventifs qui soient ». Je suis entièrement d&#8217;accord avec cette assertion.<br />
Sous la plume de <strong>Charlie Smith</strong> et donc du traducteur, <strong>Nicolas Richard</strong>, ce roman d&#8217;amour à mort devient un long poème shooté aux héroïnes  - Alice et la drogue.<br />
Lecteurs, oubliez le temps si vous plongez dans cette histoire, il est aussi distordu que les personnages sont ahurissants ! Des rues d&#8217;Istanbul au désert du Mexique en passant par l&#8217;Indonésie et le sud de la Floride, vous allez percuter les métaphores envoûtantes de <strong>Smith</strong> qui joue avec la langue comme Billy et Alice jouent avec leurs vies : un travail d&#8217;orfèvre en écriture tout simplement fascinant.<br />
Je déconseille fortement ce roman à celles et ceux qui sont fleurs bleues.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Contretemps, Charlie Smith et Nicolas Richard, éditions Gallimard, 384 pages 25 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong></p>
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		<title>L&#8217;apparence de la chair de Gilles Caillot : bienvenue dans le chaos !</title>
		<link>http://www.impudique.net/2012/03/lapparence-de-la-chair-de-gilles-caillot-bienvenue-dans-le-chaos/</link>
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		<pubDate>Mon, 26 Mar 2012 17:36:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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Gilles Caillot vit et travaille à Lyon. L&#8217;Apparence de la chair est son cinquième thriller. Son travail est aujourd&#8217;hui soutenu par de grands noms du policier francophone, Franck Thilliez ou Maxime Chattam.
Extrait :
J&#8217;ouvre les yeux, en nage. Tremblante.
Il me surplombe, blanc comme un linge, assurément inquiet.
- Madame Branetti, est-ce que ça va ?
Je le dévisage, encore [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/03/lapparence-de-la-chair.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10547" title="lapparence-de-la-chair" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/03/lapparence-de-la-chair.jpg" alt="" width="299" height="500" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Gilles Caillot</strong> vit et travaille à Lyon. <em>L&#8217;Apparence de la chair</em> est son cinquième thriller. Son travail est aujourd&#8217;hui soutenu par de grands noms du policier francophone, Franck Thilliez ou Maxime Chattam.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait </strong>:</p>
<p>J&#8217;ouvre les yeux, en nage. Tremblante.<br />
Il me surplombe, blanc comme un linge, assurément inquiet.<br />
- Madame Branetti, est-ce que ça va ?<br />
Je le dévisage, encore perdue dans cette déferlante d&#8217;horreur, peinant à retrouver mes repères. Réalisant enfin mon retour dans le monde réel, je détaille la pièce rapidement. Elle m&#8217;est familière. L&#8217;homme aussi. Quinze ans que nous nous fréquentons.<br />
Lui, c&#8217;est le docteur Pérusa, psychiatre de son état. Un homme grand, mince, presque maigre. Un costume haute-couture, coupé avec soin et certainement réalisé sur mesure. Un carré de soie planté dans sa poche de son veston.<br />
Bref, un homme coquet, un brin suranné. C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qui m&#8217;avait frappée quand j&#8217;étais entrée dans son cabinet la première fois.<br />
Exténuée par l&#8217;expérience, je hoche la tête et puis lui adresse un timide sourire.<br />
- Ça va, ça va, docteur.<br />
- Que s&#8217;est-il passé ? Ça avait l&#8217;air plus intense que d&#8217;habitude.<br />
- C&#8217;était&#8230; c&#8217;était horrible. J&#8217;étais avec lui. Il me menaçait. Je l&#8217;ai vu comme je vous vois.<br />
Il se lève, fait le tour du bureau en faisant craquer ses longs doigts osseux puis s&#8217;arrête pour me jeter un regard qui en dit long sur ses interrogations.<br />
Les traits de son visage sont tendus comme un arc sur le point de rompre. Malgré cela, il réussit à ouvrir la bouche. Une bouche d&#8217;ailleurs plutôt pulpeuse pour un homme, détonnant radicalement avec la petite moustache qui la surplombe et la calvitie qui s&#8217;est installée sur son crâne, au point de le dénuder aux trois quarts.<br />
Sa voix caverneuse résonne dans la pièce.<br />
- Pour ne rien vous cacher, je suis particulièrement inquiet. Nos dernières expériences ne me disent rien qui vaille. Il serait préférable que nous espacions nos séances.<br />
- Quoi ?!<br />
- Je sais ce que vous en pensez, mais je ne veux prendre aucun risque. Vous êtes encore très fragile. Il ne faut pas vous brusquer.<br />
- Mais&#8230;<br />
- Et dans votre cas, l&#8217;hypnose peut même s&#8217;avérer dangereuse.<br />
Envahie par la colère et l&#8217;incompréhension, je le fusille du regard. Contenant à grand-peine les larmes qui tentent de franchir mes derniers remparts, j&#8217;explose enfin, dans une déferlante d&#8217;agressivité.<br />
- C&#8217;est hors de question! Vous savez ce que j&#8217;ai enduré depuis qu&#8217;il l&#8217;a enlevée ? Vous comprenez que c&#8217;est de ma fille qu&#8217;il s&#8217;agit ?! Vous comprenez ça, Pérusa ?<br />
- Justement, c&#8217;est&#8230;<br />
- C&#8217;est rien du tout ! Comme je viens de le dire, c&#8217;est hors de question. Vous êtes le seul à pouvoir m&#8217;aider à la retrouver. Je ne vous laisse pas le choix.<br />
- Madame Branetti. Je ne crois pas que&#8230;<br />
- Docteur, ma décision est prise. Vous ne me ferez pas changer d&#8217;avis.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour le capitaine de la police Sylvie Branetti, la vie s&#8217;est arrêtée il y a quinze ans, lorsque le tueur qu&#8217;elle poursuivait a enlevé sa fille Lila avant de disparaître. Après un passage obligé en hôpital psychiatrique et des séances régulières de psychothérapie et d&#8217;hypnose, elle se raccroche  à un seul objectif : savoir ce qui est arrivé à Lila.<br />
La découverte d&#8217;un cadavre mutilé, arborant la même signature que celle du monstre qu&#8217;elle a croisé par le passé, la propulse à nouveau dans l&#8217;horreur. Mais elle a cette fois une espérance : connaître enfin la vérité.<br />
Accompagnée de Paul Bénito, son ancien amant, elle veut suivre avec acharnement les traces laissées par le bourreau et mène une enquête aux confins de la réalité, un parcours peuplé de rêves étranges qui la submergent de plus en plus.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Shutter Island</em>, ça vous dit quelque chose ? En 2010, Martin Scorsese a adapté le roman éponyme de Dennis Lehanne pour le cinéma. J&#8217;étais ressortie de la salle obscure bluffée par la performance d&#8217;acteur de Di Caprio, par le contenu du film. Des questions tournaient en boucle dans ma tête dont celle-ci : où était la réalité ?</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi est-ce que je vous parle de <em>Shutter Island</em> ? Tout comme Lehanne, <strong>Caillot</strong> nous plonge dans la folie et l&#8217;univers psychiatrique. A la différence près que l&#8217;écrivain y rajoute le sang. Un roman de <strong>Gilles</strong> <strong>Caillot</strong> sans morts [très] violentes, ça serait suspect. C&#8217;est un peu sa marque de fabrique, l&#8217;horreur à son apogée et, je dois bien le reconnaître, cette fois, il s&#8217;est surpassé. Jusqu&#8217;alors, je pensais que seul Franck Thilliez était capable de me mener en bateau. Côté psy, j&#8217;entends. En même temps, vu qu&#8217;il avait lui-même qualifié de « bluffant » <em>L&#8217;apparence de la chair</em>, j&#8217;aurais pu me douter que. Oui mais j&#8217;aime bien me faire ma propre idée, avis de Thilliez ou pas. Et là, je suis bien ennuyée parce que je ne trouve pas d&#8217;autre adjectif que celui utilisé par l&#8217;un des maîtres-es-thrillers psychologiques français : bluffant.</p>
<p style="text-align: justify;">Lecteur, si tu oses tourner les pages de <em>L&#8217;apparence de la chair</em>, je te souhaite la bienvenue dans le chaos !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;apparence de la chair, Gilles Caillot, éditions du Toucan 407 pages 9, 90 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		</item>
		<item>
		<title>Au pays des kangourous de Gilles Paris : un voyage inoubliable !</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Mar 2012 19:11:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
Papa et maman sont morts (Le Seuil 1991) et Autobiographie d&#8217;une Courgette (Plon 2002) sont ses deux premiers romans. Au pays des kangourous vient de paraître aux éditions Don Quichotte. 
Gilles Paris travaille dans l&#8217;édition.
Extrait
Ce matin, j&#8217;ai trouvé papa dans le lave-vaisselle.
En entrant dans la cuisine, j&#8217;ai vu le panier en plastique sur le sol, avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/03/au-pays-des-kangourous.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10544" title="au-pays-des-kangourous" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/03/au-pays-des-kangourous.jpg" alt="" width="400" height="585" /></a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Papa et maman sont morts</em> (Le Seuil 1991) et <em>Autobiographie d&#8217;une Courgette</em> (Plon 2002) sont ses deux premiers romans. <em>Au pays des kangourous</em> vient de paraître aux éditions Don Quichotte. <br />
Gilles Paris travaille dans l&#8217;édition.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce matin, j&#8217;ai trouvé papa dans le lave-vaisselle.<br />
En entrant dans la cuisine, j&#8217;ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de vaisselle d&#8217;hier soir.<br />
J&#8217;ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans.<br />
Il m&#8217;a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout coincé de partout. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand, mon papa.<br />
J&#8217;en ai oublié mon petit-déjeuner. Je ne savais pas quoi faire. Maman était repartie au pays des kangourous et, à chaque fois qu&#8217;elle voyage, elle nous demande de ne pas la déranger à cause du décalage horaire. Quand elle est dans le salon, avenue Paul-Doumer, elle ne veut pas qu&#8217;on la dérange non plus à cause du livre qu&#8217;elle lit, même que c&#8217;est pas un livre que papa a écrit. Ou alors elle parle à une copine sur son portable et elle fait un geste de la main comme si elle chassait une mouche ou un moustique, sauf que la mouche ou le moustique, c&#8217;est moi ou papa. On tourne autour, mais on ne sait pas trop comment l&#8217;approcher. Et puis des fois qu&#8217;il viendrait à maman l&#8217;idée de nous écraser entre ses mains&#8230; Elle n&#8217;embrasse ni papa ni moi. Elle nous éloigne avec ses gestes et le pays des kangourous.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai dit : « Ça va papa ? », papa n&#8217;a pas répondu.<br />
Il a caché un peu plus sa tête dans ses bras.<br />
Alors, je suis sorti de la cuisine. J&#8217;ai décroché le téléphone et j&#8217;ai appelé Lola.<br />
« Papa est dans le lave-vaisselle, je fais quoi ?<br />
- Papa est où ?<br />
- Dans le lave-vaisselle, je crie.<br />
- J&#8217;arrive, mon chéri. Ne bouge pas.»</p>
<p style="text-align: justify;">Pour aller où ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un matin, Simon, neuf ans, découvre son père dans le lave-vaisselle. Sa mère, Carole, passe sa vie en Australie depuis des années et a oublié qu&#8217;elle avait un mari et un fils. Sa grand-mère Lola, adepte des séances de spiritisme, le recueille et va tout faire pour le protéger de la noirceur ambiante. Et Lily, l&#8217;enfant aux yeux violets aussi.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Gilles Paris</strong> est vraiment doué pour raconter l&#8217;enfance malheureuse sans que l&#8217;histoire tombe dans le pathos.<br />
Avec délicatesse et humour, l&#8217;écrivain adopte le langage d&#8217;un enfant de neuf ans qui se réfugie dans le rêve pour supporter ce qu&#8217;il croit être la réalité.<br />
Secondé par Lily, une enfant autiste dont il tombe amoureux, ce petit garçon va aider son père à réapprendre à vivre et découvrir la vérité.<br />
<em>Au pays des kangourous</em> est un roman aux accents à la fois douloureux, frais et poétiques. Il fallait bien le talent de la plume d&#8217;un <strong>Gilles Paris</strong> pour aborder de si belle manière l&#8217;amour et la mort !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au pays des kangourous, Gilles Paris, éditions Don Quichotte 18 €</strong></p>
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		<title>La liste de mes envies : et en 2012, Delacourt devint une femme !</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Mar 2012 21:13:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
En 2011, L&#8217;écrivain de famille sortait. Ce premier roman de Grégoire Delacourt a raflé cinq prix dont le Prix Marcel Pagnol, le Prix Rive Gauche à Paris et le Prix Cœur de France.
En 2012, Grégoire Delacourt revient avec La liste de mes envies (déjà vendu à douze pays).
Extrait
On se ment toujours.
Je sais bien, par exemple, que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/03/la-liste.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10539" title="la-liste" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/03/la-liste.jpg" alt="" width="382" height="600" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En 2011, <em>L&#8217;écrivain de famille</em> sortait. Ce premier roman de <strong>Grégoire Delacourt</strong> a raflé cinq prix dont le Prix Marcel Pagnol, le Prix Rive Gauche à Paris et le Prix Cœur de France.<br />
En 2012, <strong>Grégoire Delacourt</strong> revient avec <em>La liste de mes envies</em> (déjà vendu à douze pays).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On se ment toujours.<br />
Je sais bien, par exemple, que je ne suis pas jolie. Je n&#8217;ai pas des yeux bleus dans lesquels les hommes se contemplent ; dans lesquels ils ont envie de se noyer pour qu&#8217;on plonge les sauver. Je n&#8217;ai pas la taille mannequin ; je suis du genre pulpeuse, enrobée même. Du genre qui occupe une place et demie. J&#8217;ai un corps dont les bras d&#8217;un homme de taille moyenne ne peuvent pas tout à fait faire le tour. Je n&#8217;ai pas la grâce de celles à qui l&#8217;on murmure de longues phrases, avec des soupirs en guise de ponctuation ; non. J&#8217;appelle plutôt la phrase courte. La formule brutale. L&#8217;os du désir, sans la couenne ; sans le gras confortable.<br />
Je sais tout ça.<br />
Et pourtant, lorsque Jo n&#8217;est pas encore rentré, il m&#8217;arrive de monter dans notre chambre et de me planter devant le miroir de notre armoire-penderie - il faut que je lui rappelle de la fixer au mur avant qu&#8217;n de ces jours, elle ne m&#8217;écrabouille pendant ma <em>contemplation</em>.<br />
Je ferme alors les yeux et je me déshabille doucement, comme personne ne m&#8217;a jamais déshabillée. J&#8217;ai chaque fois un peu froid ; je frissonne. Quand je suis tout à fait nue, j&#8217;attends un peu avant d&#8217;ouvrir les yeux. Je savoure. Je vagabonde. Je rêve. Je revois les corps émouvants alanguis dans les livres de peinture qui trainaient chez nous ; plus tard, les corps plus crus des magazines.<br />
Puis je relève doucement mes paupières, comme au ralenti.<br />
Je regarde mon corps, mes yeux noirs, mes seins petits, ma bouée de chair, ma forêt de poils sombres et je me trouve belle et je vous jure qu&#8217;à cet instant, je suis belle, très belle même.<br />
Cette beauté me rend profondément heureuse. Terriblement forte.<br />
Elle me fait oublier les choses vilaines. La mercerie un peu ennuyeuse. Les parlottes et le loto de Danièle et Françoise - les jumelles qui tiennent le salon Coiff&#8217; Esthétique voisin de la mercerie. Elle me fait oublier les choses immobiles, cette beauté. Comme cette ville épouvantable, sans aéroport ; cette ville grise d&#8217;où l&#8217;ont peut ne s&#8217;enfuir et où personne n&#8217;arrive jamais, aucun voleur de cœur, aucun chevalier blanc sur un cheval blanc.<br />
Arras. 42 000 habitants, 4 hypermarchés, 11 supermarchés, 4 fast-foods, quelques rues médiévales, une plaque rue du Miroir-de-Venise qui indique aux passants et aux oublieux qu&#8217;ici est né Eugène-François Vidocq le 24 juillet 1775. Et puis ma mercerie.<br />
Nue, si belle devant le miroir, il me semble qu&#8217;il suffirait juste de battre des bras pour que je m&#8217;envole, légère, gracieuse. Que mon corps rejoigne ceux des livres d&#8217;art qui traînaient dans la maison de mon enfance. Il serait alors aussi beau qu&#8217;eux ; définitivement.<br />
Mais je n&#8217;ose jamais.<br />
Le bruit de Jo, en bas, me surprend toujours. Un accroc dans la soie de mon rêve. Je me rhabille à la va-vite. L&#8217;ombre couvre la clarté de ma peau. Je sais la beauté rare sous mes habits. Mais Jo ne la voit jamais.<br />
Une fois, il m&#8217;a dit que j&#8217;étais belle. Il y a plus de vingt ans et j&#8217;avais un peu plus de vingt ans. J&#8217;étais joliment vêtue, une robe bleue, une ceinture dorée, un faux air de Dior ; il voulait coucher avec moi. Son compliment eut raison de mes jolis vêtements.<br />
Vous voyez, on se ment toujours.<br />
Parce que l&#8217;amour ne résisterait pas à la vérité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jocelyne, dite Jo, est mariée à Jocelyn Guerbette. Elle s&#8217;occupe de son père qui, toutes les six minutes, oublie tout de sa vie.<br />
Jo est mercière. Son mari fabrique des glaces.<br />
Ils ont eu un garçon et une fille. Et un ange.<br />
Jocelyne crée un blog qui connaît rapidement un énorme succès. Avec ses amies jumelles, elle rêve d&#8217;amour et de plaisirs. Si les deux sœurs jouent toutes les semaines au loto, Jo économise pour acheter un écran plat, une cheminée et l&#8217;intégrale de James Bond dont rêve son mari.<br />
Un jour, Jocelyne croule sous l&#8217;argent. Alors la mercière se met à faire des listes. Celles de ses besoins. Celles de ses envies. Celles de ses folies. Et&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je n&#8217;avais jamais goûté l&#8217;écriture de <strong>Grégoire Delacourt</strong>. J&#8217;ignorais même que ce Valenciennois d&#8217;origine était auteur !<br />
Non seulement cet homme est un écrivain mais en plus, il a été capable de se glisser dans le corps et dans la tête d&#8217;une femme pendant tout un roman. Jusqu&#8217;alors, seul Guy de Maupassant avec <em>Une vie</em> avait réussi à m&#8217;émouvoir à ce point !<br />
Pas de phrases alambiquées, des mots simples pour décrire la vie de Jocelyne Guerbette. Et quel parcours bouleversant que celui de cette femme ! Etre ou paraître ? Tel est le choix auquel Jo la mercière va être confrontée quand du jour au lendemain elle va se retrouver avec une énorme somme d&#8217;argent. Avec lucidité et courage, elle va enfin oser devenir maître de sa vie.<br />
Merci pour ce très beau portrait féminin, <strong>Grégoire Delacourt</strong> ! Vous êtes une vraie femme !</p>
<div style="text-align: justify;"><strong><br />
La liste de mes envies, Grégoire Delacourt, éditions JC Lattès 16 €</strong></div>
<p><strong> </p>
<p></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Dieu surfe au Pays basque d&#8217;Harold Cobert : A l&#8217;Amour ! A la Vie !</title>
		<link>http://www.impudique.net/2012/02/dieu-surfe-au-pays-basque-dharold-cobert-a-lamour-a-la-vie/</link>
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		<pubDate>Wed, 29 Feb 2012 21:37:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
Harold Cobert est l&#8217;auteur de quatre romans : Le reniement de Patrick Treboc (2007, Lattès), Un hiver avec Baudelaire (2009), L&#8217;entrevue de Saint-Cloud (2010) et Dieu surfe au pays basque (tous les 3 publiés chez EHO).
Il a consacré une thèse et un essai à Mirabeau. Il écrit aussi pour l&#8217;audiovisuel.
Extrait :
[...]
Je hais ce soleil qui me nargue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/02/dieu-surfe-au-pays-basque.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10535" title="dieu-surfe-au-pays-basque" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/02/dieu-surfe-au-pays-basque.jpg" alt="" width="400" height="591" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Harold Cobert</strong> est l&#8217;auteur de quatre romans : <em>Le reniement de Patrick Treboc</em> (2007, Lattès), <em>Un hiver avec Baudelaire</em> (2009), <em>L&#8217;entrevue de Saint-Cloud</em> (2010) et <em>Dieu surfe au pays basque</em> (tous les 3 publiés chez EHO).<br />
Il a consacré une thèse et un essai à Mirabeau. Il écrit aussi pour l&#8217;audiovisuel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">[...]</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je hais ce soleil qui me nargue de ses rayons joyeux. Et surtout, je hais celui qu&#8217;on te dit abriter ! Oui, je te hais, toi, sans majuscule, Dieu de mes couilles ! Toi dont l&#8217;existence m&#8217;obsède depuis toujours. Toi, qui es censé être le principe même de toute chose. Toi, sans qui, alors, tout est permis. Toi, qui es censé n&#8217;être qu&#8217;Amour. Justice. Miséricorde. Ça ne te suffisait pas, de rappeler Ferdinand auprès de toi et de ravager la vie d&#8217;une femme et d&#8217;un homme ? Non, il a fallu que tu lui en remettes une couche, à la petite ! Comme si elle ne t&#8217;avait pas assez payé de tribut de souffrances, comme si elle n&#8217;avait pas suffisamment porté sa croix ! Tu lui avais déjà donné une bonne gifle, mais il fallait que tu lui en donnes une autre, pas vrai ? Après la joue droite, la gauche, c&#8217;est bien connu. Et, tant qu&#8217;on y est, on va vous en faire un plan sévèrement médiéval, avec du sang, de la bonne vieille charcuterie de chez nous, vous qui aimez ça, le soir, à l&#8217;apéro avec les copains. A croire que ton impuissant de père était boucher et non pas charpentier, pas vrai ? Allez, allez, vous reprendrez bien deux heures et demie de baffes aller-retour, avec un gant clouté, hein, pour la route, comme ça, discrètement ? Ça fait mal ? Mais non, mais non. Serrez les dents, ça passe tout seul. Une autre ? Allez, tiens ! Encore une ! Tiens, tiens, tiens, mange ! Et tiens, tiens, encore une ! Encore une ! Encore une petite dernière ! Là, voilà, c&#8217;est bien&#8230; Tu n&#8217;es qu&#8217;un gros fils de pute ! Oui, parfaitement, un fils de pute ! Marie et Marie-Madeleine, même combat ! Ton père ? Un boucher, je te l&#8217;ai déjà dit. Et un maquereau. Quoi, « l&#8217;immaculée conception » ? Arrête, je vais m&#8217;étrangler&#8230; Oui, je sais, tu as fait l&#8217;homme libre, tu déclines toute responsabilité pour le reste, et blablabla&#8230; Ça va, on connaît l&#8217;antienne&#8230; En gros, tu t&#8217;en laves les mains, c&#8217;est ça ? Tu laisses faire, quoi&#8230; Eh bien, sache que c&#8217;est pire. Pire que si tu infligeais arbitrairement les souffrances à tes enfants comme on joue à la roulette russe, comme ça, pour le fun&#8230; Tu n&#8217;es qu&#8217;un fumier, un gigantesque tas de merde sur lequel les peuples se déchirent, une ordure qui asservit les hommes et ne sème que misères et désolations partout où tu répands le doute mensonger de ton existence&#8230; Pour tous ceux qui tournent vers toi leurs esprits inassouvis et bafoués, et auxquels tu restes sourd, je te retourne la rage de mon désespoir ! Dieu, Jésus, Allah, Jéhovah, Seigneur, le Très-Haut&#8230; qui que tu sois, quel que soit le nom derrière lequel tu te caches lâchement, je te crache à la gueule ! Je te maudis et je te crache à la gueule !</em></p>
<p style="text-align: justify;">[...]</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">« Le soir où je l&#8217;ai rencontrée, elle m&#8217;a quitté en posant sa main sur mon ventre. Il était cinq heures du matin. »<br />
Un été, au Pays basque, un homme rencontre une femme. Deux ans plus tard, cette inconnue deviendra sa femme. Dès le premier soir, c&#8217;est l&#8217;amour fou, celui qu&#8217;on connaît à 15 ans.<br />
Le destin va s&#8217;en mêler.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Dévoiler l&#8217;intimité d&#8217;un couple ne signifie pas être impudique.<br />
S&#8217;il en fallait une preuve, <strong>Harold Cobert</strong> l&#8217;a fournie, tout en pudeur. Pour autant, son roman n&#8217;est pas une suite de niaiseries façon roman d&#8217;amour made in Harlequin. Loin s&#8217;en faut.  </p>
<p style="text-align: justify;">Ecrit à la première personne et du point de vue masculin, avec en filigrane <em>Le Revenant</em> (poème de Victor Hugo), <em>Dieu surfe au Pays basque</em> ne révèlera jamais les prénoms des deux personnages principaux, à peine son surnom à lui, Grizou.<br />
Les questionnements du futur père : ses coups au cœur, ses coups de gueule, ses inquiétudes, ses joies, ses colères, sa naïveté, ses superstitions et ses croyances, l&#8217;auteur<strong> </strong>les dépeints en alternant le présent et le passé.</p>
<p style="text-align: justify;">Il fallait toute l&#8217;élégance et la hardiesse de la plume d&#8217;<strong>Harold Cobert</strong> pour oser aborder les thèmes délicats de la mort d&#8217;un enfant et la perte d&#8217;un enfant à naître. Qui aura lu ses deux premiers romans n&#8217;en sera pas étonné ! Que d&#8217;amour et de complicité amoureuse dans ce livre d&#8217;inspiration autobiographique !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dieu surfe au Pays basque</em> est un récit tendre et facétieux, grave et bouleversant.<br />
Ne cherchez pas une crise de nombrilisme aiguë dans ce roman, vous ne la trouverez pas !<br />
Seule la Vie est au rendez-vous.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>(Monsieur Cobert&#8230; mes respects sincères pour votre véritable talent et un grand merci pour avoir écrit cette histoire qui me touche tout particulièrement.)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dieu surfe au Pays basque, Harold Cobert, éditions Héloïse d&#8217;Ormesson 144 pages 15 €</strong> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
]]></content:encoded>
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		<title>Héloïse est chauve d&#8217;Emilie de Turckheim : quand avoir du culot rime avec TALENT !</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 20:19:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cali Rise</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Calizine]]></category>

		<category><![CDATA[Livres]]></category>

		<category><![CDATA[amour]]></category>

		<category><![CDATA[Calvagh]]></category>

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		<description><![CDATA[
Emilie de Turckheim est l&#8217;auteur de Les amants terrestres, Les Pendus, Chute libre, Le Joli Mois de mai (Editions Héloïse d&#8217;Ormesson) et Héloïse est chauve.
Extraits choisis :
Héloïse est chauve. Il lui reste longtemps à vivre. Sa robe a la rigidité inquiète des habits neufs. Pas une particule de vernis ne déborde des ongles rouges, coupés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/02/heloise.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10532" title="heloise" src="http://www.impudique.net/wp-content/uploads/2012/02/heloise.jpg" alt="" width="400" height="590" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Emilie de Turckheim</strong> est l&#8217;auteur de <em>Les amants terrestres</em>, <em>Les Pendus</em>, <em>Chute libre</em>, <em>Le Joli Mois de mai</em> (Editions Héloïse d&#8217;Ormesson) et <em>Héloïse est chauve</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extraits choisis </strong>:</p>
<p style="text-align: justify;">Héloïse est chauve. Il lui reste longtemps à vivre. Sa robe a la rigidité inquiète des habits neufs. Pas une particule de vernis ne déborde des ongles rouges, coupés court. Droite, dans sn fauteuil, elle est plus basse que les autres, les orteils étranglés par une paire de ballerines qui boudine la chair replète de ses pieds. Mirabelle a tendu un châle entre les accoudoirs pour qu&#8217;Héloïse ne s&#8217;écroule pas. Le châle sent la peau de Mirabelle : les algues, la pulpe orange de l&#8217;oursin, les abysses vert-noir de la Méditerranée. Personne ne s&#8217;occupe d&#8217;Héloïse. Parfois, un visage s&#8217;approche, des yeux, des bleus, des noisette, des lunettes, on caresse sa joue, son pauvre crâne rose. Héloïse ne parle pas. Elle attrape un triangle qu&#8217;un enfant lui tend, le fourre dans sa bouche et agite les mâchoires. Mirabelle plonge son index entre les lèvres d&#8217;Héloïse pour retirer le petit-four rongé, blanchi, dégueulasse. Héloïse ne se plaint pas. Elle a l&#8217;habitude qu&#8217;on retire les aliments de sa bouche. C&#8217;est pour son bien. Elle hoche gentiment la tête. Elle est à peine là.</p>
<p style="text-align: justify;">[...]</p>
<p style="text-align: justify;">Mirabelle demande à Lawrence de faire quelque chose, comme si la situation relevait de la médecine. Un médicament, une piqûre, un massage chinois, pense Mirabelle. Lawrence s&#8217;agenouille. Il voudrait savoir où Héloïse trouve le courage de hurler sans économie, sans médiocrité. Il y a de l&#8217;amour, du désespoir, une stupéfaction de vivre dans ce cri. Lawrence aimerait avoir la force et l&#8217;impudeur d&#8217;être en vie comme Héloïse est en colère. Il rêve d&#8217;une existence où chaque geste et chaque parole aurait le même excès. Ce serait vaincre le temps qui détale. Lawrence caresse le visage d&#8217;Héloïse, la salive aux commissures, et Héloïse, sentant le pouce sur ses lèvres, l&#8217;aspire. Et plus un crie, elle suce, éperdue. Elle suce comme on avale une rivière après avoir dévalé l&#8217;été, les pentes de coquelicots à toute allure, les robes blanches, les pieds nus, les prairies brûlantes. Dans le salon, on entend le crépitement du feu et le pouce dévoré, des soupçons de baisers. Lawrence, sucé, tremble. Héloïse tombe amoureuse.</p>
<p style="text-align: justify;">[...]</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la couronne de la statue de la Liberté.</p>
<p>- Je ne vois pas ce que ça a de bizarre.<br />
- J&#8217;ai dit <em>humiliant</em>.<br />
- Quand tu as mal à la tête, tu prends une aspirine et tu te sens humilié ?<br />
- Rien à voir.<br />
- Si, c&#8217;est pareil. C&#8217;est un produit chimique qui agit sur ton corps.<br />
- Héloïse, je suis un vieillard. J&#8217;ai mille ans !<br />
- Tu viens de monter trois cent cinquante-quatre marches !<br />
- Tu m&#8217;as presque porté !<br />
- Je t&#8217;ai aidé pour les cinq dernières marches! J&#8217;étais plus essoufflée que toi! Moi aussi j&#8217;ai mille ans.<br />
- Quel soleil, ma lionne&#8230; Regarde comme c&#8217;est beau&#8230;<br />
- Alors c&#8217;est fini ? Tu me baiseras plus ? Je vais me branler en regardant le pont de Brooklyn par la fenêtre ?<br />
- Scarlett&#8230; ne nous disputons pas&#8230; Je ne veux pas de pilules magiques&#8230; et pour bander, sûrement, je n&#8217;ai qu&#8217;à vous regarder&#8230; Qu&#8217;est-ce que tu t&#8217;es fait ?<br />
- Rien, c&#8217;est le chien.<br />
- Encore le chien !<br />
- Il tremble à chaque fois que je m&#8217;approche&#8230; Il a été battu par ses anciens maîtres&#8230;<br />
- C&#8217;est profond ? C&#8217;est infecté ?<br />
- Une égratignure.<br />
- Un jour, tu lui apporteras sa gamelle et il te bouffera à la place de sa pâtée. Il a fait des combats de rue ! Tu le rapportes au chenil ! Tu as entendu ?<br />
- Il m&#8217;excite.<br />
- Le chien t&#8217;excite ?<br />
- J&#8217;ai envie qu&#8217;il m&#8217;attaque&#8230;<br />
- C&#8217;est-à-dire, mademoiselle Herschel ?<br />
- On pourrait lui retirer sa laisse&#8230;<br />
- Petite obsédée&#8230;<br />
- Je me déshabille&#8230; Je m&#8217;allonge toute nue dans la cour de l&#8217;immeuble&#8230; près de la niche&#8230; Il aboie&#8230; Il s&#8217;approche de moi&#8230; La bave coule de sa gueule sur mon ventre&#8230; Je vois ses canines&#8230; les grandes gencives rose et noir&#8230; Je sans son haleine&#8230; Il mord dans le vide&#8230; CLACK! CLACK! CLACK!&#8230; et à chaque claquement de mâchoires, je perds pied&#8230; Tu te mets à genoux entre mes jambes&#8230; tu me lèches la chatte&#8230; Le chien jette sa patte sur mon sein&#8230; Il aboie contre ma bouche&#8230; Je mouille tellement j&#8217;ai peur&#8230; Je pleure de panique&#8230; Tu enfonces ta langue dans mon sexe&#8230; Tu me fais jouir&#8230; Le chien chope ma cuisse dans sa gueule&#8230; les crocs au fond de mon muscle&#8230; Tu lui cognes le dos&#8230; Il me lâche&#8230; Mon cœur de terreur et de plaisir&#8230; Le chien a des yeux d&#8217;or fou&#8230; jaune étrange&#8230; Il bande&#8230; Tu pars. Tu me laisses seule avec le chien.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">A 6 mois, Héloïse est foudroyée par l&#8217;amour. Pourtant le Dr Lawrence Calvagh a quarante ans de plus qu&#8217;elle. La petite lionne va grandir et devenir une femme libre.<br />
« Tout le monde la voit. Elle hameçonne les hommes des trottoirs, des voitures, de tous les âges, des terrasses de café, guêpes posées sur sa beauté. »<br />
Quels que soient les chemins qu&#8217;elle emprunte avec passion et gourmandise, Héloïse revient toujours vers Lawrence.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avis</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Je n&#8217;avais jamais lu <strong>Emilie de Turckheim</strong>. Non pas parce que je n&#8217;ai jamais reçu ses livres, tout du moins, celui paru chez Eho en 2010, mais plus sûrement parce qu&#8217;il s&#8217;est perdu dans les piles de romans, ici ou là.<br />
Je ne l&#8217;avais jamais lue mais je ne regrette pas d&#8217;être arrivée vierge de <strong>Turckheim</strong> pour enfin découvrir sa plume dans <em>Héloïse est chauve</em>.<br />
Quel rythme ! Quelle magie ! Quels beaux personnages ! Quelle histoire !<br />
WOW WOW WOW WOW WOW !<br />
Oser évoquer des amours que la morale réprouve : <strong>Emilie de Turckheim</strong> l&#8217;a fait.<br />
Au fil des pages, le lecteur découvrira l&#8217;histoire de cette famille de femmes de plusieurs générations qui tournent autour d&#8217;un seul homme : Lawrence Calvagh. A côté de lui, les autres personnages masculins se retrouvent émasculés.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Héloïse est chauve</em> raconte l&#8217;Amour sous ses différents registres : celui qui enivre, celui qui blesse, celui qui illumine, celui qui foudroie. Et surtout, celui qui n&#8217;a pas d&#8217;âge.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Héloïse est chauve</em> est un roman impertinent et sensuel, une histoire provocante que l&#8217;on dévore avec gourmandise, un hymne à la liberté. Héloïse Herschel, un personnage marquant qui possède autant de culot que l&#8217;auteur qui l&#8217;a créée.</p>
<p>Que dire de plus si ce n&#8217;est bravo ?<br />
Merci pour votre talent, <strong>Emilie de Turckheim</strong>. J&#8217;en veux encore !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Héloïse est chauve, Emilie de Turckheim, Editions Héloïse d&#8217;Ormesson 244 pages 18,50 €</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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