La confrérie de la mort d’Eric Hossan

Eric Hossan est né à Marseille en 1970. Publicitaire et chargé de communication, il s’est lancé dans l’écriture en se spécialisant dans le thriller et la comédie. Il est un auteur de romans reconnu parmi les plus doués de sa génération. Tous ses livres ont été salués par la critique. La confrérie de la mort est le dernier roman d’une trilogie dont les deux premiers opus, Clairvoyance et Beast Seller ont été nominés pour le prix du roman policier de Cognac. Eric Hossan est aussi scénariste.

L’histoire
Après l’affaire Beast Seller et la mort de Barbara Clair, Federico Boneblood s’est expatrié à New York. Là, il s’efforce de reprendre goût à la vie en menant une existence paisible rythmée par les conférences qu’ils donnent et à la suite desquelles il dédicace ses livres. En effet, même si la police criminelle française ne voit plus Federico Boneblood comme l’un des leurs, le profileur est considéré comme un éminent spécialiste aux Etats-Unis et ses livres, tirés de ses affaires, font fureur. Abordé à la fin d’une de ces conférences par l’agent du FBI, Katherine Walker, Boneblood, est bouleversé par la ressemblance de la jeune femme avec son ancienne partenaire, Barbara Clair.
Après l’avoir entrainé à Central Parc où a eu lieu un triple homicide barbare, Katherine Walker lui présente son « frère », Steve Irving. Steve Irving semble paranoïaque et Boneblood a tôt fait de qualifier ses confidences d’abracadabrantes. Or, les meurtres continuent de se multiplier. Alors que le profileur tente de récupérer un dossier compromettant chez Irving, celui-ci se fait tuer. Il semblerait qu’un tueur ait décidé d’éliminer tous les membres d’une société secrète appelée, Skulls and Bones.

Si vous n’avez pas lu les deux premiers romans de la trilogie, sans doute que certains passages répétitifs vous paraîtront lourdingues. Oui, Barbara Clair est morte dans des conditions affreuses et oui, Boneblood a beaucoup de mal à s’en remettre. Et lorsqu’il refait un peu surface, une belle jeune femme au physique jumeau de celui de sa partenaire entre dans sa vie. Bien sûr, le profileur en tombe amoureux. Il faut bien un peu de rose au milieu de toute cette noirceur. Car Eric Hossan balance des cadavres autant qu’il instille le doute.

La société secrète dont il est grandement question dans La confrérie de la mort, les Skulls and Bones, existe bel et bien. Aujourd’hui, cette organisation issue de la prestigieuse université de Yale, est considérée comme la plus influente du monde.
Par exemple, Ron Rosenbaum, auteur d’une enquête sur le sujet, affirme que trois des cinq derniers présidents étaient affiliés aux Skulls and Bones. Ainsi Jonh Kerry et George W. Bush en sont membres depuis respectivement 1966 et 1968. « La dernière année (de mes études à Yale), je suis devenu membre du Skulls and Bones, une société secrète, si secrète en vérité que je ne peux en dire davantage. Je m’y suis fait 14 nouveaux amis » affirmait George W. Bush à la page 76 de son livre, Avec l’aide de Dieu, paru en 2000 aux éditions Odile Jacob.
Dans son ouvrage Secrets of the Tomb, Alexandre Robbins note aussi que le pouvoir des membres des Skulls and Bones se limite à un réseau de membres venant des meilleures universités du pays, donc du monde. Selon elle, le but de cette fratrie serait de placer des Bonesmen aux postes les plus influents. Dans son enquête, Robbins a identifié de nombreuses personnalités de premier plan parmi les 800 membres que compteraient les Skulls and Bones : des présidents des Etats-Unis, un patron de la CIA, des acteurs, des hommes d’affaires, des hommes politiques…
Quant à Anthony C. Sutton, dans son livre, America’s secret establishment, il dénonce lui aussi la capacité des Skulls and Bones à établir des chaînes d’influences verticales et horizontales, ce qui permet d’assurer une continuité dans leur plan de domination politique.

Des Skulls and Bones, des Francs-Maçons, la société de Thulé, les Illuminés de Bavière, des Vampyres, un profileur français paumé, une belle blonde agent du FBI, New York, une conspiration machiavélique, Eric Hossan mélange tout ce « joli petit monde » avec génie, ce qui fait que la lectrice de thrillers pointilleuse que je suis lui pardonne ces quelques menues lourdeurs citées plus haut.

Autre coup de génie
A noter une rareté en littérature comme au cinéma : Eric Hossan utilise un personnage sadique, Warren Wisemann, pour massacrer des méchants, si bien que la belle et blonde Katherine Walker, finira par dire en parlant de Wisemann junior : « […] Ce type était un monstre, Federico. Un prédateur assoiffé de sang aussi dangereux que ceux que tu as traqué naguère. Bien que ses motivations puissent peut-être en théorie se comprendre, voire se justifier. […] »

La confrérie de la mort, Eric Hossan, Autres Temps Editions

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