Tatoue-moi

– Baise-moi !
– Direct.
– Oui. Envie de toi. Terrible. Tu m’emmènes dans un bar homo ?
– Tu n’es pas un homme. Et là, je n’ai aucune adresse qui me vienne à l’esprit.
– Avec toi, je peux devenir homme. Dessine-moi une moustache! Allez! Viens… Je t’emmène au 35 de la rue Ste Croix de la Bretonnerie.

Dam regarde Scribe, amusé. Elle tourne autour de lui, le tire, le pousse. Il se place derrière elle et pose les mains sur sa tête.

– Pas de moustache mais tes cheveux plaqués au gel. Tu aurais de la gomina ?
– Non.
– Pas grave. Je te prête un de mes costumes. A condition que tu en prennes le plus grand soin.
– Tu aurais un chapeau? Envie de me faire homme façon 9 semaines et 1/ 2.
– Tu es complètement folle! J’adore.
– Enfile ton kilt, hombre.

Quelques minutes plus tard, Scribe se pavane vêtue d’un costume noir et d’une chemise blanche. Dam finit de fermer son kilt.

– Hum. Je ne possède pas de chaussures plates !
– C’est une chance. Tu gâterais le bas de mon pantalon.
– Gnagnagna. Tant pis, talons ! Marche devant moi, s’il te plaît.
– Pourquoi ?
– Je vais encore étudier ta démarche. Ensuite, je la copie.
– T’es bandante ainsi.
– Chut ! Je me concentre… Pas de moustache ?
– Non ! Je ne pourrais plus baiser ta bouche à l’envi.
– Sortons bras dessus bras dessous Et n’ayons crainte De leur vile arrogance Allons chez les bourgeois Siffler leur vin Taquiner leur conscience Que m’importent les rires et les regards Sur mes travers Ils sont ma richesse, mon étendard Ils sont ma terre Tatoue-moi sur tes seins Fais-le du bout de mes lèvres Je baiserai tes mains Je ferai que ça te plaise
Tatoue-moi sur tes murs Un futur à composer Je veux graver toutes mes luxures Sur tes dorures…
– Si tu invites Mozart en plus!

Tous les deux sortent de l’appartement en riant. Pendant le trajet, Scribe s’exerce à parler d’une voix plus rauque. A peine la voiture garée, la jeune femme ouvre la portière et bondit sur le trottoir. Quand Dam sort en claquant la portière, elle le plaque contre la carrosserie et passa la main sous son kilt.

– Je vérifiais juste.

Elle sourit à son soupir et l’attire à elle brusquement.

– Ce soir, je suis ton gigolo. Appelle-moi Julian.
– Toi, tu as vu le cul de Richard Gere il y a peu.
– T’inquiète ! J’adore le tien. J’en raffole.
– Enlève ta main de sous ma jupe, Julian, ça fait désordre!
– Oh Fada, nous voilà !

Deux consommations plus tard, Scribe prenait la main de Dam et ressortait du bar.

– Je t’invite à la soirée Touch au Scarron. L’endroit devrait te plaire: tons rouges, ambiance feutrée, déco néo-baroque…
– C’est ta cambrure qui me plaît…

Ils marchent en se tenant par la main. Tout à coup, Scribe se met à courir et à tourbillonner bras écartés en chantant une vieille chanson des Four Seasons, Can’t Take My Eyes Off You. Puis, elle stoppe net sa course à l’orée d’une ruelle et enchaîne en criant « Peggy… Peggy Sue… ». Dam la rattrape en riant.

– Hé! Si tu chantais les paroles au lieu de faire du yaourt.
– Tu as raison, le yaourt, je le préfère sur ta bouche.
– Et moi, sur la tienne.
I’m beggin’ Beggin’, put your lovin’ hand out, baby Beggin’ you, put your lovin’ hand out, baby

Sans rien dire, Dam s’est rapproché de sa compagne.

– Laisse-toi faire, beauté.
– C’est moi, ton gigolo!

Il ne la laisse pas poursuivre plus loin ses investigations, saisit ses poignets et les remonte au-dessus de sa tête. D’un coup, il ouvre le pantalon de Scribe qui ne chante plus. Dam la retourne, face au mur. Il admire son cul, le caresse, le palpe en accentuant sa cambrure, puis, relevant son kilt, il s’enfonce en elle, très lentement.

– Je t’aime en homme.
– Moi non plus.

 

Tatoue-moi, Chantée par Mikelangelo Loconte. Paroles de Patrice Guirao et Dove Attia, musique composée par Jean-Pierre Pilot, Olivier Schultheis, Rodrigue Janois et William Rousseau.

Pas de commentaire

Poster un commentaire