Une pintade parisienne n’est pas une bécasse !

Une vie de pintade à Paris est un recueil de chroniques écrites par deux journalistes, Layla Demay et Laure Wautrin. La première habite New York depuis des années, la deuxième habite maintenant à Paris après avoir vécu quatre ans à New York.

Pourquoi lire ce livre axé, encore une fois, sur la vie des Parisiennes ? Pour la plume humoristique de ces deux pintades déjà. Ce qui n’est pas un luxe, vu l’humeur ambiante qui règne un peu partout en France. Ensuite, pour découvrir que les Parisiennes sont des poules de luxe frivoles qui oublient allégrement de s’épiler les jambes, roulent sur des scooters auxquels elles ont attribué un prénom ou un surnom, ont parfois des enfants dont elles s’occupent, se comportent comme des chaudasses mais uniquement avec leur mari, courent les ventes privées et les ventes de presse en rêvant d’assassiner leur copine pour gagner une place dans la file d’attente, truffent leurs phrases de mots anglais parce que cela fait so chic, etc. etc.

Oh pardon, ce ne sont pas des poules mais des pintades ! Selon les deux auteurs, les pintades sont des femmes urbaines, modernes, indépendants mais qui revendiquent le droit à la frivolité. Elles vivent dans les grandes villes du monde où elles évoluent parfaitement à l’aise dans une société codée.

Encore un peu et on croirait que vivre à Paris, c’est faire partie obligatoirement d’une élite et parcourir la jungle ! Je ne sais pas si Layla et Laure ont déjà vu une pintade. Une vraie. Une qui piaille et tout. Franchement, avec la gueule que possède la vraie pintade, ce n’est pas ce volatile que j’aurais choisi pour l’accoler à une Parisienne. Bon, je leur accorde, la pintade de basse-cour a un joli plumage mais franchement, la gueule de la pintade, beurk ! Quelqu’un pourrait-il prévenir les deux auteurs que la vie est une jungle, qu’on habite Paris ou ailleurs ?

Toutes les Parisiennes ne sont pas des pintades. J’en connais beaucoup qui sont très différentes de ces filles évoquées dans ce livre. Non, je ne vous citerai pas de nom. Pintade ou pas, la citadine aurait quelques difficultés à vivre à la campagne. Et vice versa. Quoique.

Reste qu’Une vie de pintade à Paris est agréable à lire, qu’il contient beaucoup d’adresses utiles. Pour les Parisiennes, cela va de soi. Quelques endroits seront accessibles aux femmes qui « montent » à Paris régulièrement.

Il n’empêche que je me demande encore à quelles lectrices exactement ont voulu s’adresser ces deux auteurs. En toute femme sommeille une pintade ? La Parisienne revendique le droit d’être aussi frivole et déjantée que toute autre pintade dans le monde ? Layla Demay et Laure Watrin citent Amélie Nothomb qui dit : «  La Parisienne est une légende, donc elle existe plus que les autres femmes, et ce pour l’éternité. » Ouais. Et mon cul, c’est du poulet ? Je refuse qu’on me déclare pintade comme je réfute la phrase de Nothomb. Et pourtant, je suis capable d’être râleuse, frondeuse, insoumise et rebelle, je suis élégante, gourmande, séductrice née, je craque régulièrement pour des chaussures à hauts talons que je porte sur tous terrains et moi aussi, je ne suis pas une fille facile et je suis une vraie tornade. Mais, damned, j’habite un tout petit village de province ! La dernière phrase est digne d’une pintade, n’est-il pas ?

Hors de Paris, une pintade n’a pas de salut. Pensez donc, si vous habitez ailleurs que dans son quartier, c’est tout juste si elle vous considère comme une Parisienne, alors si vous lui avouez habiter en province, elle ouvrira des yeux écarquillés en s’écriant d’une voix haut perchée, au bord de la syncope : « Mais ma pauvre chérieeee, comme je te plains ! Comment fais-tu pour résister ? ». Comprendre : comment fais-tu pour (sur)vivre ?

Les Parisiennes sont hilarantes ! Allez, Une vie de pintade à Paris l’est aussi. Si vous ne voulez pas acheter le livre, rendez vous sur le site, Une vie de Pintade !

Une vie de pintade à Paris, Layla Demay et Laure Watrin, Calmann-Levy 256 p. 19 € 

Site Une vie de pintade