24ième Victoires de la musique : Bashung est le meilleur !

Cette nouvelle édition laisse un arrière-goût de tristesse dans la gorge. Même si Nagui a plaisanté sur sa présence aux Victoires de la musique de l’an prochain, quand il est venu au-devant d’Alain Bashung pour l’aider à arriver jusque sur la scène, l’émotion était palpable.

Alain Bashung, le magnifique ! Grandement affaibli par son cancer des poumons, Bashung trouvait encore la force de soulever son trophée et de plaisanter en évoquant les personnes qui l’avaient suivi pendant sa tournée 2008 : « On s’est lancé dans une tournée qui pouvait s’arrêter n’importe quand. Ils étaient aussi inconscients que moi ». Plus tard, le monsieur rock, très ému, remerciera tous les artistes présents sur la scène du Zénith : « Je n’oublierai jamais cette soirée. »

Les 24ièmes éditions des Victoires de la musique laisseront sans doute un goût amer dans la gorge de Cali. Malgré les succès qu’il remporte auprès du public, il n’a encore jamais reçu une Victoire. Mais l’important n’est-il pas l’amour du public ? Il suffit de le voir, passionné, sauter sur scène en chantant et tout lui donner. Il a réussi à mettre debout le Zénith. Plus tard, la même demande de Sefyu restera sans réponse.

Pour le reste, pas vraiment de grande surprise. Julien Doré a reçu deux trophées (album révélation et meilleur clip), la belle Camille n’a pas hésité à ôter ses bottes pour courir pieds nus récupérer sa Victoire de l’interprète féminine de l’année. Les BB Brunes quant à eux ont obtenu celle de l’artiste/groupe révélation de l’année. Et The DO et les Moriarty alors ? Ils comptent pour des prunes ? Refiler cette victoire à des jeunes beuglards reconnus par Philippe Manœuvre et ses lunettes noires ! C’est dingue ! Le public, lui, a choisi de récompenser un Thomas Dutronc tout étonné de devoir chanter à nouveau sa chanson reconnue comme originale de l’année. Quand on pense qu’il ne voulait pas chanter ses créations, cela aurait été vraiment dommage !

Arthur H, grand gagnant de l’album pop/rock de l’année a rendu hommage au « grand monsieur Alain Bashung ». 

Vous aurez compris que ces énièmes éditions des Victoires de la musique m’ont profondément émue. Comment ne pas l’être devant Alain Bashung, ce géant, qui manque de souffle pour parler mais fait preuve d’humour quand il lance en souriant à sa femme, Chloé Mons : « souhaitons-nous une année resplendissante » ? Comment ne pas l’être en écoutant Nagui lui rendre hommage jusqu’à en perdre ses mots ? Comment ne pas pester en découvrant que ces BB Brunes ont reçu une Victoire devant Olivia et Dan (The Do) ou le groupe franco-américain Moriarty ? Comment ne pas être affligée de voir qu’Anaïs à demander à arriver sur scène sur un cheval alors que le sol est plus que glissant ! Même Elodie Frégé a failli dégringoler, loin d’être à l’aise perchée sur ses hauts talons. Comment ne pas l’être en écoutant les paroles de la chanson d’un Saez toujours en révolte ? Comment ne pas l’être en entendant Abd Al Malik ou Rokia Traoré (album des musiques du monde de l’année) ou encore en découvrant la chorégrahie de Martin Solweig (musiques électroniques de l’année) ?

Avec trois nouvelles Victoires, Alain Bashung devient le grand gagnant de ces récompenses, détrônant Souchon. Jean-Loup Dabadie, très grand auteur, a obtenu une Victoire d’honneur bien méritée. Y aura-t-il une émission pour les 25ièmes Victoires ? A suivre !

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