Travis Bürki et Bénabar au Zénith, j’y étais !

15 h. Je pousse la porte vitrée direction l’homme au lecteur. Un, deux, trois foulées quand quelqu’un m’interpelle en anglais ! « Hey ! Cali Rise ! Come on, girl ! Comment tu vas ? » Incroyable ! Deux/trois jours de salon et je suis devenue internationale. En fait, c’est Laurent. Pas Laffont. Payet. Laurent Payet. C’est lui et son équipe qui gèrent la presse et, pour avoir passé quelques minutes dans la salle réservée aux journalistes, je peux vous affirmer que c’est un sacré boulot ! Quasi un sacerdoce ! Je m’éloigne, non sans lui avoir annoncé qu’aujourd’hui, je lui envoie les premiers parents que je croise dans les allées. Histoire qu’ils viennent changer les couches de leur bébé dans la salle presse. Ben quoi, sans vouloir jouer les langues de putes, j’y ai vu une maman donnant le biberon à son pitchoun alors que le papa caméraman était parti filmé un peu plus loin et j’y ai vu aussi un gamin d’une dizaine d’années attendre son père en lisant une BD. Sans oublier un vieux monsieur qui réclamait des sacs plastiques ou cette femme qui pensait que quelqu’un lui servirait un café.

15 h 35. Ennuyée, j’appelle l’A&R assistant. « Je suis coincée au salon. Impossible de repartir dans le 5e récupérer les places du concert. Encore possible qu’un coursier me les apporte ici ? »

15 h 41. La belle me rappelle. Un coursier me les livrera d’ici deux heures maxi. Ouf ! Reprenons ces interviews après avoir prévenu à l’entrée que.

15 h 51. Le temps d’être ressortie fumer une cigarette et de repasser par l’entrée accréditation, je suis à nouveau devant l’accueil. Quand Aïcha découvre à quel concert je dois aller, elle s’écrie qu’elle gardera mes places. J’éclate de rire mais hé, ho, je vais la surveiller cette jolie brune ! Où en étais-je ? Allée N ou allée M ? Fichu plan !

17 h 55. Hilares, Aïcha, Léa et Martin me répondent que rien n’est arrivé. Merdouille ! Le coursier se serait perdu ?

17 h 58. L’homme au lecteur plaisante en s’exclamant haut et fort « Ah, c’est vous la fameuse Cali Rise américaine ! » T’as de beaux yeux bruns et un vraiment beau sourire, homme au costard.

18 h 20. Je laisse le salon. Direction le Zénith.

20 h 30. Debout entre deux volées d’escaliers, j’observe les alentours. La scène est plongée dans le noir et les gradins sont noirs de monde. Bon, il arrive mon poète aux cheveux blonds ? Une demi-heure plus tard, les applaudissements crépitent. Aaah ! Enfin ! Un bonsoir retentit. Bizarre, je ne reconnais pas la voix de Travis ! Une guitare. Un violon. Des musiciens envahissent la scène qui s’éclaire. Un gars en costume et cravate bleue se balance sur scène les bras dépliés comme un albatros en plein ciel et il chante, chante, chante. Hé ! Ho ! C’est quoi ce bins ! Rendez-moi mon Travis ! Je balaie des yeux la salle. Personne n’a l’air étonné ! Serais-je la seule à être au courant ? « Bürki au Zénith ! BÛRKI ! Ce garçon ! L’orgasme ? Vous voyez ? » Je vais peut-être arrêter de tirer sur les manches de mes voisins. Ils n’ont pas l’air enchanté et vireraient plutôt agressifs. Et si le chanteur, là-bas, la bouclait cinq minutes, je comprendrais un peu mieux ce qu’ils me répondent. « Quoi ? Bénabar ? BENABAR ? Mais, euh, c’était pas lui la première partie de Travis Bürki ? » Même dans la pénombre, je capte le regard noir que me lancent les autres spectateurs. N’empêche, il est où mon poète moderne ? Ce garçon insolite et solaire qui éclaire de ses mots l’univers de la chanson française ? Si je l’appelle, il ne m’entendra pas ! J’essaie ?

Bénabar poursuit son show et j’abandonne ma quête du St Graal aux cheveux blonds. Le chanteur alterne les titres de son nouvel album avec quelques vieilles chansons même s’il n’est pas un vieux chanteur (plaisante-t-il) : Tout vu, tout lu, L’effet papillon, Y’a une fille qu’habite (réorchestrée), Je suis de celles (sublime), A la campagne, Le dîner, Voir sans être vu, Infréquentable… Ses neuf musiciens se transforment en choristes de talent pendant une Berceuse magique. Bénabar raconte qu’il la chantait à son fils prénommé Île de France. C’est cela, oui. Et si tu chantes en Bretagne ou dans les Vosges, il va s’appeler comment ton fiston ? Et à Tours, tu vas aussi sortir ta paire de jumelles pour regarder une personne dans le public ? Quand même, si j’osais, je te poserais cette question : qu’est-ce que tu prends avant de monter sur scène pour bondir autant d’un bout à l’autre du spectacle ?

Acoustique ou valse et rock, jazzy et bouillonnant, voire techno, le spectacle est bien huilé : la mise en scène est inventive, les lumières bien coordonnées. Un peu trop, non ? Si Bénabar avait lâché plus le prompteur, cela aurait été tout simplement géant.

Mais la prochaine fois, c’est décidé : je réclame à ce qu’on rapproche le Zénith de la Porte de Versailles !

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