Le cul de Lou

Scribe sourit. Même si le ciel est gris et les nuages sales. Elle sourit. Le concierge lève les yeux quand elle pénètre dans le hall. La jeune femme avance vers lui qui recule sensiblement. Elle lui balance le numéro de la chambre et le plante alors qu’il prévient son hôte de son arrivée par téléphone. A l’ascenseur, elle préfère les escaliers. Juste pour se remémorer quelques-uns de leurs échanges. « Donne-moi un prénom. Vite. J’en ai besoin. Comment veux-tu m’appeler ? » « Lou. » « J’aime. Je serai Lou. Je suis Lou. » Lou. Le prénom s’était imposé de lui-même et Scribe avait revu en pensées de brèves images de cette ancienne pub vantant un parfum : une jeune femme répondait d’une voix suave à ceux qui la cherchait « Lou ? Lou ? » : « Oui. C’est moi. Lou. » Dans ses souvenirs, la belle aux grands yeux maquillés doux portait une robe noire. Lou. Dans cette chambre, il sera Lou. Sa Lou. En total lâcher-prise. Sa Lou. Reine des salopes soumise à tous ses caprices. « Je suis nymphomane. Et tu seras mon premier homme. » a-t-il dit. Et dans l’escalier, en grimpant les dernières marches, Scribe savoure déjà le plaisir de ce dépucelage.

Comme prévu, elle force un peu pour ouvrir la porte, entre et repousse le battant en appuyant son dos contre. Ce qu’elle voit la scotche. Dieux, comme elle est belle !

– Lou…

Sur le lit, face à elle et appuyée sur les coudes, Lou lèche un gode avec application. Sa croupe est redressée vers le ciel, cambrée d’une façon indécente. Scribe s’approche. Son envie de toucher ses lèvres qui sucent est plus forte que celle de continuer à mater ce spectacle impudique. Tout près d’elle, Scribe passe et repasse son doigt sur la bouche et la queue humides. Lou ronronne un peu plus lorsqu’elle enfonce des doigts pour caresser sa langue qui poursuit son léchage. Scribe frissonne : elle ressent cette succion jusque dans son ventre. Jusque dans sa queue. Scribe est animâle. Lentement, elle se recule et observe la scène tout en se déshabillant. D’abord, elle ôte ses talons hauts puis abaisse son jean sous lequel elle ne porte rien. Son tee-shirt moulant se tire-bouchonne au sol. Scribe s’avance vers le meuble où sont disposés des verres et une bouteille. Elle se verse à boire et avale une gorgée de vin en passant sa main entre les fesses de Lou. Celle-ci frissonne et agite un peu plus son cul pommé. Alors Scribe s’assoit et commande :

– Dis-moi tout, beauté.

Deux yeux lui sourient, malicieux et quelque peu hésitants.

– Lâche ce gode, Lou. Montre-toi! Lève-toi et habille-toi pour moi. Je veux que tu danses pour moi, Lou. Danse…

Scribe fume et regarde l’inimaginable. Appuyée contre le chambranle de la salle de bain, le bras levé, Lou la vampe et s’avance, vêtue d’une robe fluide et noire, chaussée d’escarpins en cuir. Si femme. Les hanches arrondies ondulent, impitoyables. Le tissu se relève et laisse apparaître des bas, un porte-jarretelles et un string ficelle. Délicieusement troublants. Scribe bande. Seul le mince sourire sur ses lèvres indique à Lou qu’elle apprécie pleinement le spectacle jusqu’à ce que sa voix devenue rauque ordonne :

– Continue, Lou. Je veux en voir plus. Eclate-moi la tête!

Et Lou danse, danse. Elle pousse le vice jusqu’à venir promener son joli cul tout contre le nez de Scribe qui le renifle, les narines dilatées. Putain ce qu’elle aime ce cul ! Ses odeurs. Son parfum. Le cul de Lou. Le cul de sa femme. « *Petite princesse, Ô ma beauté ma promesse, Ma petite faiblesse, Ma plus belle histoire de fesses ». La suite, ce sera pire et mieux. Et là, Scribe lui demanderait bien de lui chanter La seule fille sur terre si elle était certaine que Lou ne l’appelle pas Daniel.

*Extraits paroles de Dans La Merco Benz de Benjamin Biolay

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