Pornographie et sensualité

Derrière elle, planqué derrière les arbres bien alignés en allées gravillonnées, le château. A ses pieds, tout un village. Et la Meuse qui sillonne la vallée.
Scribe ferme les yeux. Dans sa tête résonnent les échos des soupirs de Dam. Et ce sourire de plénitude qu’il a quand sa bouche baise son gland.
Scribe ouvre les yeux. Sous le saule pleureur, le petit étang est toujours là. Des années plus tôt, elle était allongée dans l’herbe, encore accrochée à la honte que son compagnon voie sa petite culotte estampillée au jour de la semaine. Au-dessus d’elle, Vincent souriait et baladait ses mains douces sur son corps aux courbes fermes. Ils avaient ri comme des fous quand il avait fallu retirer toutes les petites brindilles d’herbe sèche accrochées à leurs cheveux ou à leurs vêtements. En ce temps-là, Scribe avait les cheveux longs, très longs.
Vincent est mort depuis presque deux ans. A son enterrement, elle a vaguement cherché sa compagne de l’époque dans cette église noire de monde. Derrière ses verres fumés, Scribe avait pleuré, seule.

Assise dans l’herbe moussue, la jeune femme appuie son menton sur ses genoux dressés. En restant immobile, elle pourra peut-être apercevoir la biche et son faon. Et puis Scribe s’allonge et ferme les yeux. L’air embaume la forêt printanière. Le soleil chauffe la peau nue de ses bras. Ses mains se posent sur son jean, au niveau de son pubis. Et tout lui échappe. Comme si ses doigts avaient leur vie propre. Le pantalon entortillé froissé juste au-dessus de ses genoux, Scribe se masturbe. Sa vulve lisse est déjà toute humide. Ses doigts glissent et s’approprient le moindre morceau de chair offert à l’air libre. Elle jouit dans un long soupir.

Redressée, sa mise encore défaite, elle contemple le jeune Bambi. Le vrai. Je te déteste de me faire cet effet là. Cette fois, je ne vais pas aimer que tu jouisses avec une autre. Putain de Toi ! Je veux pas crever. Et clic le message. Derrière elle, planquée sous tout un fouillis de végétation, la source vive. Scribe se lève. Il est l’heure de rejoindre les Hommes.

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