Le symbole perdu de Dan Brown, un gentil polar honnête

Six ans après le succès phénoménal de Da Vinci Code, voici (enfin ! diront les fans) la suite des aventures de Robert Langdon, Le symbole perdu.

Outre que Dan Brown a dédicacé Le symbole perdu à sa femme, il précise [encore une fois] au tout début du livre, les faits :

« En 1991, un document secret fut enfermé dans le coffre-fort du directeur de la CIA, où il se trouve encore aujourd’hui. Ce texte mystérieux fait référence à une porte ancienne et à un lieu souterrain inconnu. Il contient également cette phrase énigmatique : « Il est enterré quelque part. »

Toutes les organisations et institutions citées dans ce roman existent réellement : la franc-maçonnerie, le Collège invisible, le Bureau de la sécurité de la CIA, le Smithsonian Museum Support Center (SMSC) et l’Institut des sciences noétiques.

Tous les rituels, éléments scientifiques, monuments et œuvres d’art décrits dans cet ouvrage sont authentiques. »

Extrait :
Maison du Temple
20 h 33

L’important, ce n’est pas la mort… mais le chemin.
C’était le secret, depuis la nuit des temps.
L’initié, un homme de trente-quatre ans, baissa les yeux sur le crâne humain qu’il tenait entre les mains. Tel un calice, le crâne était creux, rempli d’un vin rouge sang.
Bois, se dit-il. Tu n’as rien à craindre.
Ainsi que l’exigeait la tradition, il avait entamé son voyage initiatique vêtu de la tenue rituelle d’un hérétique que l’on menait à l’échafaud ; la chemise flottante ouverte sur son torse pâle, la manche droite retroussé jusqu’au coude, la jambe gauche du pantalon remontée au-dessus du genou. Un gros nœud coulant pendait à son cou – la corde du Récipiendaire, comme l’appelait la confrérie. Mais, ce soir-là, à l’instar de ses frères qui assistaient à la cérémonie, il portait la tenue des maîtres.
Les frères réunis en cercle arboraient les plus riches insignes de l’ordre – tabliers en peau d’agneau, cordons, gants blancs et bijoux de cérémonie qui scintillaient autour de leur cou tels autant d’yeux fantomatiques dans la lumière tamisée. Nombre de ces hommes faisaient partie des puissants, mais l’initié savait que leurs titres éphémères ne signifiaient rien entre ces murs. Ici, ils étaient tous égaux – des frères qui partageaient un lien mystique.
L’initié promena son regard sur ces prestigieux témoins… personne, en dehors de confrérie, n’aurait imaginé que ces hommes puissent se réunir en un même endroit – en particulier ici, dans cette salle étrange qui ressemblait à un sanctuaire sacré de l’ancien monde.
Mais la vérité était plus étrange encore…
Nous nous trouvons à quelques rues seulement de la Maison Blanche !
Situé au numéro 1733 de la 16e Rue Nord-Ouest, à Washington, l’édifice colossal était la république d’un temple antique : le temple du roi Mausole, premier de tous les mausolées. Un lieu où l’on se rendait après la mort. Devant l’entrée principale, deux sphinx de dix-sept tonnes gardaient les portes en bronze. L’intérieur, richement décoré, était un labyrinthe de couloirs, de chambres de cérémonies, de caveaux, de bibliothèques ; il y avait même une cache dans un mur creux renfermant deux dépouilles humaines. On racontait que chaque pièce du temple recelait un secret, mais l’initié savait qu’aucune n’abritait de mystères plus grands que cette immense salle dans laquelle il se trouvait à présent, à genoux, un crâne entre les mains.
La salle du Temple.
L’espace formait un carré parfait et ressemblait à une grande caverne. Le plafond, supporté par des colonnes de granit vert, s’élevait à une hauteur impressionnante de trente mètres. Tout autour, des gradins accueillaient des sièges en noyer de Russie, capitonnés de cuir. Le mur ouest était occupé par un trône monumental, sur le côté est, on trouvait un grand orgue dissimulé dans une alcôve. Un kaléidoscope de symboles anciens couvrait les parois. Egyptiens, hébraïques, astronomiques, alchimiques et d’autres encore inconnus.
Ce soir-là, la salle du Temple était éclairée par un ensemble de bougies soigneusement ordonnées. A leur faible lueur s’ajoutait l’éclat discret de la lune, un pâle faisceau qui tombait de la grande verrière au plafond et enveloppait l’élément le plus étonnant de la salle : un autel imposant taillé dans un bloc massif de marbre noir, situé en plein centre de la loge.
L’important, ce n’est pas la mort… mais le chemin.
– L’heure est venue, murmura une voix.
L’initié leva les yeux sur l’élégante silhouette drapée de blanc qui se dressait devant lui : le « Grand Commandeur » du Suprême conseil. Véritable légende vivante à presque soixante ans, l’homme était un personnage célèbre, aimé de tous et incroyablement riche. Ses cheveux autrefois noirs grisonnaient, ses traits reflétaient une vie entière de pouvoir et une intelligence hors norme.
– Il est temps de prêter serment, dit-il d’une voix légère comme la neige qui tombe. Ton parcours s’achève ici.
A l’instar de tous les voyages de ce type, celui de l’initié avait commencé par le premier grade. Au cours d’un rituel semblable à celui-ci, le vénérable maître lui avait bandé les yeux avec un ruban de velours et, appuyant une dague de cérémonie contre son torse dénudé, lui avait demandé :
– Déclares-tu sur l’honneur ton désir sincère, dénué de toute motivation mercenaire ou autrement indigne, de proposer librement et volontairement ta candidature aux mystères et aux privilèges de cette confrérie ?
– Oui, avait menti l’initié.
– Que cette promesse aiguillonne ta conscience, l’avait prévenu le maître, et t’apporte une mort subite si jamais tu trahis les secrets qui te seront impartis.
L’initié ne s’était pas laissé intimider, persuadé qu’ils ne découvriraient jamais ses véritables intentions.

Avis :
Le symbole perdu ressemble parfois à un guide touristique dans lequel Dan Brown décrit certains monuments de Washington quand il ne réexplique pas maintes et maintes fois tel rite des francs-maçons ou tel autre secret ésotérique ou lorsqu’il part dans des leçons de chimie digne d’un savant fou. L’écrivain reprend sa bonne vieille formule : « les faits », du coup, le lecteur se laissera embarquer sans vraiment se poser de questions : puisque Dan Brown l’a écrit, c’est forcément la vérité ! C’est la ville de Washington qui va être ravie de voir affluer tous ses fans en quête de preuves visuelles !
Reste que, même si Robert Langdon et ses deux amis (Katerine et Peter Solomon) sont d’une intelligence hors norme, ils apparaissent souvent totoches de chez totoches et le méchant très rusé est toujours puni.
MAIS, la magie Dan Brown opère. Le symbole perdu est un bon petit polar de plage. Ce n’est plus la saison ? Et bien, faites comme pour le Père Noël ! On a tous envie d’y croire, ne serait-ce que pour quelques heures !

Le symbole perdu, Dan Brown, JC Lattès 597 pages 22,90 €

Mini-site Le symbole perdu

 

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