MAELSTROM DE STEPHANE MARCHAND: A QUAND L’ADAPTATION AU CINEMA ?

Stéphane Marchand est l’auteur de deux romans parus au Mercure de France et d’ouvrages pour la jeunesse chez Bayard et Flammarion.

Extrait :

San Francisco.
02 : 22 AM, à plus de 200 mètres dans le ciel…

Un malade mental venait de le propulser du 52e étage et il fendait l’air à plus de 100 kilomètres/heure. La pluie et le vent giflaient son visage déformé par la terreur, son cœur emballé s’approchait des 200 pulsations par minute, c’était le moment le plus horrible de son existence.
Il avait pourtant sauté un peu partout dans le monde.
De la Chine au Chili, en quête du meilleur trip.
A ses yeux, rien ne valait l’adrénaline du plongeon dans le vide, aucun sentiment n’égalait la sensation d’effleurement quand le visage s’approchait si près du sol.
Il s’était déjà jeté du Royal Gorge Bridge, dans le Colorado, qui culminait à 330 mètres. Une chute vertigineuse de 10 secondes vers la rivière Arkansas, avant de sentir l’élastique le retenir et l’aspirer vers le haut, le retour du latex en tension maximale le remontant à près de 100 mètres.
Une vraie drogue… sa drogue… le chemin vers la béatitude.
Si loin de l’apesanteur, dans l’ivresse de l’endomorphine.
Dans le ciel, il n’était plus rondouillard, petit, mal dans sa peau. Il devenait un être à part, ressentait la puissance de la vie.
Un jour, au sommet de la gigantesque tour en béton de Macao, son « lanceur » lui avait soufflé que l’un des baudriers n’était pas bien fixé, juste avant de le pousser. Il avait connu à la fois la peur de sa vie… et son plus grand bonheur quand l’élastique l’avait remonté. Peu après, on lui avait confié que certains organisateurs se plaisaient à semer le doute dans l’esprit des sauteurs les plus chevronnés.
Mais cette fois, ce n’était pas un jeu. Il avait reconnu le « lanceur »… Une vieille histoire… Ce salaud l’avait enlevé, mutilé et séquestré, avant de l’emmener pour son dernier vol.
Il l’avait pesé pour déterminer la taille de l’élastique appropriée… et ce n’était sûrement pas la bonne…
« Oh, pitié, mon Dieu… »
Le trottoir se rapprocha, il ferma les yeux, se prépara au choc.
Dans une seconde, il se fracasserait le crâne sur le bitume.
« Je ne veux pas crever comme ça… »
Il s’attendait à ressentir sa cervelle exploser et s’éparpiller sur le bitume, quand il décolla soudain dans les airs, gravissant plusieurs étages du gratte-ciel.
« Oh, putain !!! »
Une envie de hurler son soulagement fit exploser quelques vaisseaux dans son cerveau.
« Le coup de Macao, l’enfoiré m’a fait le coup de Macao ! »
Tandis qu’il voyait défiler la paroi de l’immeuble et qu’il fonçait vers le sommet comme une fusée de feu d’artifice, il se mit à pleurer, remerciant le ciel de l’épargner.
Après environ 90 mètres d’ascension, il redescendit à nouveau et décida de savourer sa joie. Il écarta les bras et redressa le cou pour observer le sol qui s’approchait à nouveau.
Au travers de ses larmes, il éclata d’un rire silencieux, fixant le trottoir à moins de 50 mètres, se préparant au deuxième retour, quand il sentit soudain une vibration sur le latex.
Quelque chose de lourd s’écrasa sur ses talons.
Et un signal d’alarme résonna dans son crâne.
« Ce truc doit peser dans les 30 kilos ! Seigneur, je vais… »
Ses pensées s’interrompirent lorsque sa tête percuta le macadam de California Street.

Résumé :

Harold Irving, un écrivain dont la vie part en lambeaux retrouve cette inscription écrite en lettres de sang sur le mur de son salon :
« Je suis venu vous dire que vous allez mourir. »
Signé : le Maestro.
Manipulé par Le Maestro qui commet des meurtres horribles, Harold Irving est obligé de mener l’enquête avec un agent du FBI, Dexter Borden, et un médecin légiste, Franny Chopman.

Avis :

Maelström porte bien son nom* : c’est un roman tourbillonnant et impétueux. Qui peut croire, après l’avoir lu, que Stéphane Marchand écrit aussi pour les enfants ? Cet auteur est machiavélique. L’intrigue est tissée façon toile d’araignée : le lecteur croira s’approcher de la vérité qu’il en sera encore loin.
Un univers entre Seven (David Fincher), Shutter Island (Martin Scorsese) et Kill Bill (Quentin Tarantino) qui aurait pour Bande Originale, un célèbre morceau de Louis Armstrong. Malström est un livre qui mériterait d’être adapté au cinéma !

Maelström, Stéphane Marchand, éditions Flammarion 352 pages 19,90 €

* se reporter à la définition de “maelström” figurant de le Larrousse

 

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